Un extrait vidéo au hasard
Parcourez le catalogue des Rencontres Internationales, effectuez une recherche dans les archives des oeuvres présentées depuis 2004. De nouveaux extraits vidéos sont régulièrement mis en ligne, les images et les textes sont progressivement mis à jour.
Émilie brout, maxime marion
b0mb
Vidéo, Netart | hdv | couleur | 9'58'' | France | 2018
b0mb est une vidéo générative en ligne, différente à chaque visionnage et accessible via un site web dédié. Avec un rythme intense, elle présente un montage de plusieurs centaines d’images de toute nature présentes sur internet, défilant sur une bande son musicale où l’on entend la voix de Gregory Corso lisant son poème Bomb (1958). Déclaration d’amour à la plus terrible des technologies et métaphore de la nature autodestructrice de l’homme, le poème comporte une grande diversité de champs lexicaux lui conférant une dimension presque universelle. Figure de la Beat Generation, Corso cherche à produire ici une poésie où les phrases seraient absentes de perspective, construisant son texte via une juxtaposition de mots-clés les uns "contre" les autres. A partir du poème, les artistes ont alors effectué un travail de réduction d’écriture, de filtrage et d’interprétation, pour traduire son contenu en requêtes pour moteur de recherche tel que Google Image. Chaque image visible dans b0mb provient donc automatiquement du résultat d’une de ces requêtes, sélectionnée selon des algorithmes de popularité, et s’affiche de manière synchronisée avec le texte énoncé, par un montage au chemin de fer prédéfini. Si la durée et le son restent fixes, les images sont renouvelées à chaque visionnage, évoluant peu à peu dans le temps, au fil de l’actualité. La pièce se comporte telle un protocole automatique en ligne, puisant dans son environnement des visuels pour les donner à voir sous un autre jour le temps d’un instant. De par la grande diversité de sujets abordés dans le poème et la nature hétérogène des images (photographies amateur, publicités, cliparts, presse, différences de définition...), l’œuvre donne donc à voir une sorte d’instantané de la culture visuelle d’Internet. Par un enchaînement effréné d’images indifféremment anodines, belles ou terribles, elles rendent aussi compte de la violence qui peut s’en dégager.
Nés en 1984 et 1982 en France, Émilie Brout & Maxime Marion vivent et travaillent à Paris. Après des études à l’ENSA Nancy et l’ESA Aix-en-Provence, ils ont intégré deux ans le laboratoire de recherche EnsadLab de l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris, où a débuté leur collaboration. Leur travail a été lauréat du prix de la fondation François Schneider, Wattwiller et du prix du public Sciences Po pour l’art contemporain, Paris. Il a été soutenu par la Fondation des Artistes, la SCAM et le CNC, et fait notamment partie des collections des FRAC Ile-de-France, Aquitaine et Poitou-Charentes, de la CDAC Seine-Saint-Denis et de collections privées internationales (Alain Servais et de Goldschmidt, Bruxelles ; Plancius Collection, Amsterdam, Jonathon Carroll, Londres...). Il a été présenté en France et à l’étranger : MAC VAL, Vitry-sur-Seine ; Cité de la céramique, Sèvres ; IAC Villeurbanne ; Palais de Tokyo, Paris ; FRAC Haute-Normandie, Rouen ; Base sous-marine de Bordeaux ; 5th Moscow Biennale for Young Art ; Museum of Modern and Contemporary Art, Rijeka ; Carroll/Fletcher, Londres ; OCAT Shenzhen ; Daegu Art Museum ; Kunstraum LLC, New York ; Redline Contemporary Art Center, Denver... Ils ont récemment bénéficié d’expositions personnelles à la Chaufferie, Strasbourg (2019), à la galerie 22,48 m², Paris (2019), à la Villa du Parc, Annemasse (2018), au Pori Art Museum, Pori, Finlande (2018) et à la galerie Steve Turner, Los Angeles, Etats-Unis (2017). Ils seront également résidents en 2020 à la Kunsthal Gent en Belgique en 2020.