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Sandy AMERIO
Surfing on (our) History

Objet vidéo Non Identifié - dv, super 8, 16mm, beta num - couleur - 0:30:00 - acteurs: Line Amerio, Muriel Amerio, Fabrice Di cicco, Sandy Amerio - décor: Alexis Davy - montage: Sandy Amerio - cadre: Sandy Amerio - étalonnage: Sandy Amerio, Jérôme Betrancourt - régie: Stephanie Cauteruccio - chef opérateur super8 et dv: Emile Dubuisson - chef opérateur 16mm: Benoît Labourdette - assistant 16mm: Alexandre Bon - production et moyens techniques: Le Fresnoy, Studio National des Arts Contemporains, Stéphane Faivre d'Arcier, Eric Castanet - France - 2000





Quelques scènes non jouées de la vie de ma famille, dans le huis-clos d'un appartement résidentiel, servent de base de scénario pour l'écriture par mes parents de leur propre rôle. Quand une parole subjective rejoint l'Histoire collective.


Einige unagierten Szenen vom Leben meiner Familie in einer Wohnung sind die Basis des Drehbuches, das meine Eltern von ihren eigenen Rollen geschrieben haben. Wenn ein subjektives Wort die kollektive Geschichte wiedertrifft.


Some un-acted scenes taken from the life of my family in a residential apartment are the basis of the screenplay which my parents are writing of their own role. When a subjective word is closely akin to collective History.



Note


" Surfing on (our) History " est une vidéo en deux parties où je mets en scènes mes propres parents. Pourtant il ne s'agit pas ici de ce que l'on appelle communément un film de famille, qui aurait pour principal sujet le " je " caractéristique de la forme autobiographique. La famille en question fait penser sur de nombreux points à beaucoup d'autres de nos pays industrialisés. Sorte de famille " témoin ", comme celles mises en scènes dans les sitcoms, elle évolue dans la première partie, filmée en vidéo, dans la pièce unique de la salle à manger. Trois caméras ont ainsi filmé simultanément, pendant près d'une semaine, les repas, les discussions de chacun des protagonistes, conscients d'être filmés. L'appartement apparaît comme le réceptacle des émotions de chacun des membres du clan dont les liens avec l'extérieur semblent réduits au bruit de fond continu des émissions distillées par la télévision, restée toujours hors champs. Métonymie de l'appartement, le séjour se déplie sur lui-même et devient l'espace transitoire entre le monde extérieur et les parties plus privées du logement. Mais cet espace n'est pas vu de manière cohérente comme dans les sitcoms; le cadre coupe sans cesse les personnages, les décentre, les raccords et les valeurs de plans faux achevant de donner à l'ensemble de la première partie son caractère profondément hétérogène. Les personnages sans cesse au bord du cadre ne maîtrisent pas leur médiatisation. Ils sont médiatisés. Ils entrent et sortent du cadre sans que celui-ci ne les suive. Kaléidoscope, regard à géométrie variable, comme une accumulation de possibles, un inventaire de cadres coupants qui n'arriveraient plus à raconter. Ils ont perdu leur propre histoire, et essaient de la reconstruire, de se raconter. Le titre en ce sens est clair: " Surfing on (our) History ", c'est parcourir l'histoire spécifique de cette famille, et donc tenter de libérer ce " our " entre parenthèses, ce " nous " qui, comme une enveloppe vide, semble ne plus savoir qui représenter. Le film pose ainsi des questions fondamentales: est-on acteur de sa propre vie. Quand en devient-on réellement acteur et " n'est-on pas joués par… " La dialectique s'impose alors dans la création d'un écart, d'une distanciation spatiale et théorique qui permettra la lecture et donc la remise en jeu de ce drame. L'espace d'une réécriture, d'une ré-appropriation de notre histoire personnelle, le " on " redevient alors " il " ou " elle ", irréductibles. Rattraper le temps écoulé, au présent et commencer à " se jouer de soi ". Essayer de réécrire son Histoire, recréer les chaînons manquants et tenter de se réapproprier sa propre image. Penser son histoire au présent avec la forme du super 8 (le nostalgique familial) et du 16 mm (le fantasme du cinéma et des stars), comme s'il était clair maintenant que nous avions, pour un temps, cessé d'exister.
Nous entrons et nous sortons du cadre sans que celui-ci nous suive. Notre histoire s'est déliée de l'Histoire. Notre action sur le cours des choses n'est que très restreint. Nous parlons à la manière de... Il ne nous reste plus qu'à essayer de nous racconter, à recadrer, à nous recentrer. Chercher le lieu de notre propre parole dont nous avons été dépossédés. D'où est-ce que je parle. Chercher le lieu d'une subjectivité et tenter de libérer ce (our) entre parenthèses, ce "nous" qui comme une enveloppe vide semble ne plus savoir qui représenter.


Wir kommen vom Rahmen herein und heraus, ohne dass er uns folgt. Unsere Geschichte gehört nicht der Geschichte. Wir können die Sachen wenig kontrollieren. Wir sprechen wie... Wir können nur erzählen, um uns zu zentrieren. Wir suchen den Ort, wo unsere Wörter verschwunden haben. Woher spreche ich. Wir suchen die Subjektivität, um den (uns), der geklammert ist, zu befreien. Dieser Uns, der wie ein leerer Briefumschlag, der nichts darstellen kann. Einige unagierten Szenen vom Leben meiner Familie in einer Wohnung sind die Basis des Drehbuches, das meine Eltern von ihren eigenen Rollen geschrieben haben. Wenn ein subjektives Wort die kollektive Geschichte wiedertrifft.










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