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Christian BARANI: Mine de rien
Documentaire expérimental | dv | couleur | 1:24:00 | France / Kazakhstan | 2004
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(c) photo: Christian Barani
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Karaganda, deuxième ville du Kazakhstan, située au cur des
steppes, fut construite en 1930 par la main d'uvre des prisonniers déportés
dans un immense camp de prisonniers ("Karlag") sur un bassin houiller.
Aujourd'hui le socle économique de la ville s'est effondré conduisant
à une paupérisation considérable. " Mine de rien "
représente le temps de la transition, de l'instabilité entre deux
états, entre sentiment d'abandon et espoir capitaliste. Un état
passé, vécu, et un état en devenir, fantasmé, inévitable.
Le film est à l'instar de ce passage qui génère chaos, adaptation,
souffrance, qui révèle l'incapacité à être.
" Mine de rien " représente ce temps où l'être humain
ne peut plus se considérer en masse mais doit s'envisager en somme d'individus.
La population éclatée se mappe à la structure géographique
de la ville.

Karaganda, zweitgrößte Stadt Kasachstans, befindet sich inmitten der
Steppe. Sie ist 1930 von Gefangenen gebaut worden, die nach einem riesigen Gefangenenlager
("Karlag") in einem Kohlenrevier deportiert wurden. Heute ist die Wirtschaft
der Stadt zusammengebrochen, was zur bedeutenden Verelendung der Bevölkerung
führte. "Mine de rien" beschreibt die Übergangsphase, der
unbeständige Augenblick zwischen zwei Zustände, zwischen dem Gefühl,
verlassen worden zu sein, und einer kapitalistischen Hoffnung. Ein Zustand wurde
schon erlebt und ist jetzt vergangen, der andere ist eine Fantasie, die unvermeidlich
und noch im Gange ist. Der Film ähnelt dieser Phase, die das Chaos, die Anpassung
und das Leid erzeugt, und die Unfähigkeit, sich selbst zu sein, zeigt. "Mine
de rien" stellt diese Zeit dar, wenn der Mensch sich nicht mehr als eine
Menschenmasse betrachten kann, sondern als eine Summe von Einzelpersonen. Die
auseinander gebrochene Bevölkerung stellt sich auf die geographische Struktur
der Stadt ein.

Karaganda, second largest city in Kazakhstan - located right in the heart of the
steppes - was built in 1930 by workers deported to a huge prisoners camp - a Karlag
- situated on a coal field. Lately, the economic level of the city had dropped
leading to a considerable empoverishment of the population. "Mine de rien"
depicts the transition phase, the unstable moment in-between two states of mind,
between a feeling of being abandoned and a capitalistic hope. One state of mind
has already been experienced and belongs to the past, the other is a fantasy,
an inevitable work in progress. The film resembles this chaotic, adaptational,
and suffering-generating passage revealing the inability to be. "Mine de
rien" depicts a time period when human beings can no longer consider themselves
as a mass of people but must rather see themselves as a sum of individuals. The
scattered population is attuned with the geographical structure of the city.
___ Note biographique

Christian Barani, né en 1959, est un vidéaste. Il vit et
travaille actuellement à Paris. Les films qu'il a réalisé
depuis 1954 l'ont mené dans des pays tels que le Kazakhstan, le Népal,
etc. Il s'intéresse à l'inconnu, proche ou lointain; un inconnu
dont nous avons peu d'images. Il voyage pour rencontrer des gens qui vivent dans
des conditions très difficiles. Il a pour objectif d'observer des moments
de vie et recueille des témoignages lors de ces rencontres. Ses films sont
d'authentiques portraits d'hommes et de femmes enracinés dans une réalité
dépourvue d'exotisme et de folklore, d'individus qui lui permettent de
pénétrer dans leur quotidien, de se familiariser avec leur lieu
de vie et de découvrir en quelque sorte la vérité de leur
mode de vie. Christian Barani filme de manière intime des vies, des regards,
des territoires, et embrasse ainsi la réalité à travers sa
caméra, sans jamais la mettre en scène. Il fait de vraies rencontres
qui lui permettent de filmer sans préjugés. En s'immergeant dans
des réalités inconnues, il s'efforce de mettre à jour les
qualités émotionnelles et relationnelles des premiers explorateurs
qui faisaient des documentaires et qui rapportèrent des images nouvelles
et jamais vues. Guillaume Reynard, né en 1972, travaille en tant
qu'illustrateur. Il a collaboré avec des maisons d'éditions telles
que Flammarion, Hachette, Le Seuil ou encore Autrement. Ses illustrations ont
été largement publiées dans la presse française (Le
Monde, Libération, Air France Magazine, Seno, Ulysse, l'Usine Nouvelle,
etc.). Ses uvres regroupent principalement des rapports illustrés
et des publications de témoignages. A travers ses dessins, ses écrits
et ses photographies, il s'efforce de retranscrire au mieux la vie des gens qu'il
rencontre parfois en tant que journaliste et parfois en tant qu'ethnologue, deux
professions qu'il admire particulièrement.

Der Videokünstler Christian Barani ist 1959 geboren. Er lebt und arbeitet
derzeit in Paris. Seit 1954 haben seine Filme ihn nach Ländern wie Kasachstan,
Nepal, usw. geführt. Er interessiert sich für das ferne oder nahe Unbekannten,
wovon wir nur wenige Bilder haben. Er reist, um Leute zu treffen, die schwere
Lebensbedingungen haben. Er will Augenblicke des Lebens sehen und Zeugenaussagen
tauchen aus diesen Treffen auf. Seine Filme sind echte Porträten von Männer
und Frauen, die tief in einer Realität ohne Exotik oder Folklore verwurzelt
sind. Porträten von Menschen, die ihm lassen, ihrem Alltag zu beobachten,
sich in ihrem Lebensort einzuleben, und eine Art von Wahrheit ihrer Lebensweise
zu entdecken. Christian Barani filmt in einer vertrauten Weise Leben, Blicke,
Territorien und zeigt die Realität durch seine Kamera, ohne sie zu inszenieren.
Er macht wahre Treffen, was ihn ermöglicht, ohne Vorurteile zu filmen. Indem
er in unbekannten Realitäten taucht, bemüht er sich, die emotionalen
und relationalen Eigenschaften der ersten Erforscher-Dokumentaristen, die naturnahen
Bilder sondergleichen zurück brachten. Guillaume Reynard ist im Jahr
1972 geboren. Er ist ein Illustrator und hat mit Verlage wie Flammarion, Hachette,
Le Seuil oder Autrement zusammengearbeitet. Seine Illustrationen wurden reichlich
in der französischen Presse veröffentlicht (Le Monde, Libération,
Air France Magazine, Seno, Ulysse, l'Usine Nouvelle, usw.). Seine Werke bestehen
hauptsächlich in illustrierten Berichte und der Ausgabe von Zeugenaussagen.
Durch seine Zeichnungen, seine Schriften und seine Fotos bemüht er sich,
das Leben der Leute, die er als Journalist oder Ethnologe (zwei Berufe, die er
bewundert) begegnet, so gut wie möglich niederzuschreiben.

Christian Barani is a video artist. Born in 1959, he now lives and works
in Paris. Since 1994, each of his films has taken him to countries such as Kazakhstan,
Nepal etc. Towards the unknown, whether close or far away, an unknown we have
very few images of. He travels to meet people living under harsh conditions. He
aims at seeing living moments and testimonies emerge up from these encounters.
His films are genuine portraits. Portraits of men and women rooted in a reality
devoid of exotism and folklore, beings who agree to let him step into their daily
life, become intimate with the places where they live and discover some kind of
truth related to their lifestyle. Christian Barani intimately shoots footage of
lives, gazes, territories, capturing a reality thanks to his camera, without ever
staging it, though. He makes true encounters and this is what enables him to film
without any prejudices. By diving into new realities he endeavors to dig up the
emotional and relational qualities of the first documentary-making explorers who
brought back unprecedented, pristine images. Guillaume Reynard, born in
1972, works as an illustrator. He worked in collaboration with such publishing
houses as Flammarion, Hachette, Le Seuil or Autrement. His drawings have been
widely published in the French press (Le Monde, Libération, Air France
Magazine, Senso, Ulysse, l'Usine Nouvelle etc.). His work mainly consists of drawn
reports and revolves around the issue of testimony. He endeavors to transcribe
as best as he can through drawing, writing and photography the life of people
he meets sometimes as a journalist, sometimes as an ethnologist, two professions
he admires.
___ Diffusion de " MINE DE RIEN" :
- OVNI. Festival " Résistances ". Barcelone. 2005
- Diffusion dans " La Lucarne ". ARTE. 2005
- Diffusion de différentes séquences dans " Die Nacht/La Nuit
". ARTE., en 2004 et 2005
- Émission de l'Atelier de Recherche ARTE. dirigé par Paul Ouazan.
___ Distribution de " MINE DE RIEN" : Heure Exquise !
- OVNI. Centre de Culture Contemporaine de Barcelone
___ Note d'intention

Depuis plusieurs années, le Kazakhstan est au centre de nos préoccupations.
Pour l'illustrateur Guillaume Reynard, ce fut une volonté initiale de témoigner
de la disparition de la mer d'Aral, et de confronter la " fragilité
" de son trait à la crudité d'une situation humaine et économique
extrêmes ; pour le vidéaste Christian Barani, ce fut, à la
suite d'une image montrant, dans un cimetière russe abandonné et
envahi par le sable, une tombe aux côtés de laquelle était
posé un matelas, la volonté de rencontrer des gens si différemment
humains. De là est née notre nécessité de partir,
et de rencontrer ce peuple. De cette rencontre a surgi un questionnement qui a
sous-tendu tout notre travail : questionnement géopolitique d'un peuple
situé au carrefour des puissances russe, chinoise et arabe, et enjeu constant
de leurs rivalités ; questionnement humain d'un peuple qui descendant des
tribus mongoles de Gengis Khan, tribus nomades et fières, n'a cessé
d'être sédentarisé et colonisé par les Russes puis
les Soviétiques, et maintenant par une économie libéralisée.
Très vite, dès le tournage du premier film, nous est apparue la
nécessité de construire une trilogie témoignant de ces différentes
composantes, humaine pour "Parce que ", sociale pour "Mine de rien
" et politique pour "En 2030, tout ira bien".

Seit mehreren Jahren ist Kasachstan unserer Hauptsorge. Dieses Projekt stammt
für Guillaume Reynard, der Illustrator, aus dem Wunsch, das Verschwinden
der Aral See zu bezeugen und die "Vergänglichkeit" von ihren Merkmalen
mit der Härte der extremen menschlichen und wirtschaftlichen Lage zu konfrontieren.
Für den Videokünstler Christian Barani erschien der Wunsch, wenn er
das Bild einer Matratze, die neben einem Grab in einem russischen, verlassenen
und von Sand bedeckten Friedhof lag, gesehen hat. Er hat sofort gewünscht,
Leute zu begegnen, für welche ein Mensch zu sein etwas anderes bedeutet.
Deswegen brauchen wir zu reisen und diese Leute zu begegnen. Dieses Treffen rief
mehrere Fragen hervor, die unsere ganze Arbeit geführt haben: Fragen über
die geopolitische Lage eines Volkes, das zwischen russischen, chinesischen und
arabischen Mächte zerrissen ist und stets auf dem Spiel wegen ihrer Rivalität
steht; Fragen über die menschliche Lage eines Volkes, dessen Vorfahren die
mongolischen, stolzen und Nomadenstämme von Dschingis Khan waren, aber das
ständig von den Russen, später von dem sowjetischen Regime und jetzt
von einer liberalen Wirtschaft sesshaft gemacht und kolonisiert worden ist. Die
Idee einer Trilogie, die diese verschiedenen Fragen spiegelt, kam sehr schnell
während der Drehung des ersten Filmes. "Parce que" handelt vom
menschlichen Aspekt, "mine de rien" vom sozialen Aspekt, und "en
2030, tout ira bien" vom politischen Aspekt.

For several years, Kazakhstan has been our main preoccupation. For illustrator
Guillaume Reynard, this project initially stems from a desire to bear witness
to the disappearance of the Aral Sea and to confront the "fragility"
of its features to the harshness of the extreme human and economic situation;
for video artist Christian Barani, the sparkle occurred when he saw a picture
of a mattress lying next to a grave in a deserted sand-covered Russian graveyard.
He was immediately seized by the desire to meet people for whom being human has
a totally different meaning. From there on our need to leave and go meet these
people came to life. This encounter engendered a series of questions which became
the vital lead of our whole work: questions about the geopolitic situation of
a people torn between Russian, Chinese and Arabic powers, a people constantly
put at stake by their rivalries; questions about the human situation of a people
whose ancestors were Gengis Khan's Mongolian proud and nomadic tribes, but who
has ceaselessly been sedentarized and colonized first by the Russians then by
the Soviet Regime, and now by a liberalist economy. Soon, from the shooting of
the first film, it clearly dawned upon us that a trilogy bearing witness of these
various components needed to be done. "Parce que" focuses on the human
component of the issue, "mine de rien" deals with the social one and
"En 2030, tout ira bien" with the political one.
___ Autre texte

Le dispositif de tournage utilisé est le " tourné-monté
", qui nous oblige à nous mettre en danger. Un plan, une séquence
n'est jamais tournée deux fois. Leurs durées et leurs constructions
sont décidées dans l'instant. Une partie de la phase du montage
s'opère donc dès le tournage, générant une matière
d'images/sons spécifique et très précise. Cela permet de
coller à une réalité rencontrée et vécue. Ce
principe induit l'improvisation comme élément central et constant
du tournage. Le hasard et l'aléatoire sont partie intégrante de
la construction du film. Chaque fois, nous laissons place à ces rencontres
qui surgissent au cours du tournage. Ce peut être un homme dans un bus,
un piéton, ou comme cette femme croisée dans un escalier et nous
entraînant à sa suite. La caméra se déclenche aussitôt
et le plan-séquence commence dans l'ignorance de ce qui va se dire et où
l'autre nous conduit. La situation est sans échappatoire car le plan ne
sera pas retourné. Cette femme, par exemple, descend dans la cour, monte
au deuxième étage d'un autre immeuble, ouvre sa porte, range son
intérieur et libère sa parole dans sa propre architecture qui lui
permettra de prendre le temps de parler, d'affiner ses propos, de communiquer
sa situation désespérée pour que les autres le sachent. Le
plan-séquence durera dix minutes et sera présent comme tel dans
le film. Le plan, comme risque performatif, est le principe même du tournage.

Beim Drehen haben wir die "gedreht-gecuttet" Technik benutzt, was uns
zwang, uns selbst zu gefährden. Eine Einstellung oder eine Sequenz konnte
nicht zweimal gedreht werden. Wir entschieden sogleich, was das Dauer und der
Aufbau sein würden. Ein Teil des Cuttens geschah also während der Drehung.
Deshalb ist die Materie des Tons und der Bilder spezifisch und sehr präzis.
Es ermöglicht, die begegnete und gelebte Realität treu zu bleiben. Dieser
Grundsatz bedeutet, dass die Improvisation ein ständiges Grundelement der
Drehung wird. Das Zufall und unerwarteten Ereignisse sind ein Bestanteil der Herstellung
des Filmes. Wir planen immer Raum für die zufälligen Begegnungen, die
während der Drehung geschehen. Es kann ein Mann auf der Straße sein,
ein Fußgänger, oder noch diese Frau, die wir in einer Treppe begegnet
haben und, die uns mitgenommen hat. Die Kamera läuft sofort und wenn die
Einstellungssequenz beginnt, wissen wir gar nicht, was gesagt sein wird, oder
wo wir gehen. In dieser Situation ist es nicht möglich, sich davon wegzuschleichen,
weil die Szene nicht zweimal gedreht werden wird. Eine Frau, zum Beispiel, kam
in den Hof herunter, ging ins zweiten Geschoss eines anderes Gebäudes hinauf,
machte die Tür auf, räumte die Wohnung ein, und begann zu sprechen,
nahm die Zeit, die Worte gut zu wählen, um die Hoffnungslosigkeit seiner
Lage auszudrücken, so dass andere Leute bewusst davon werden können.
Die Einstellungssequenz dauerte 10 Minuten und erscheint in der gleichen Form
im Film. Die Einstellung als ein performatives Gefahr zu betrachten, ist der Grundsatz
des Drehens.

When shooting we followed the "shoot-edit" technique which forced us
to put ourselves in jeopardy. No shot, nor sequence could be shot twice. How long
they would last and how they would be constructed was decided on the spot. Part
of the editing was made right after the shooting, thus creating a very specific
and accurate matter out of sound and images. This allowed us to stick to the reality
we came across and experienced. This principle implies that improvisation constantly
lies at the center of the shooting process. Chance and unexpected happenings are
integral part of the construction of the film. We always leave some space for
encounters to pop up during the shooting. It can be a man on the bus, a pedestrian,
or someone like this woman we met in a staircase and who took us with her. The
camera starts to shoot right away and when the sequence-shot starts we have no
clue of what is going to be said or where we are being led to. In this situation
no escape is possible because the scene won't be shot twice. Take by way of example
this woman who walked down to the courtyard, then up to the second floor of another
building, opened her door, tidied the place and then let her words flow out, taking
the time to polish them, to express the hopelessness of her situation so that
other people become aware of it. This resulted in a 10-minute long sequence-shot
that appears as such in the film. The shot as a performative risk is the very
principle of shooting.
___ Autre texte

Contexte historique du Kazakhstan
Dès la fin du 18ème siècle, sur la frontière russo-kazakhe,
les tsaristes ont transformé leurs forteresses en pôles d'échange
économique leur permettant d'influencer les modes de vie kazakhe. Petit
à petit, ils vont rendre dépendante toute une région en orientant
l'économie vers la Russie. Des politiques fiscales se mettent en place.
Le Kazakhstan perd son identité économique, en passant d' une économie
de troc à une économie monétaire. L'influence de la Russie
se fait également sentir dans le domaine de la propriété
foncière. Les tribus nomades qui avaient la jouissance des lieux de pâturage,
se sont confrontées à des villages russes ou cosaques nouvellement
installés sur leurs trajets de transhumance. Les Kazakhs sont dépossédés
de leurs terres. Entre 1867 et 1870, de nombreuses révoltes éclatent.
Le pouvoir judiciaire russe se met en place. Seuls les petits délits sont
jugés par les juridictions locales, le reste des dossiers est examiné
en Russie. La politique de russification s'appuie dans les villes sur un système
éducatif visant à répandre la langue et la culture russe.
La structure socioculturelle nomade s'effondre. Une résistance politique
se constitue, réclamant l'égalité civique avec les Russes.
Mais les dissensions internes réduisent leur pouvoir. Les premières
organisations révolutionnaires russes s'implantent dès 1904. Février
1917 sera donc pour la plupart des Kazakhs un moment d'espoir. Ils voyaient dans
la révolution le moyen de retrouver leur identité et leurs terres.
Un gouvernement de coalition est constitué entre Russes communistes, bourgeois
et intellectuels locaux. Mais quelques mois après, Lénine proclame
" tout le pouvoir aux soviets ". En octobre 1917, les Bolchéviques
prennent le pouvoir et en mars 1918, la totalité du territoire kazakh est
enserrée dans le maillage soviétique. Cela durera 74 ans. Le 16
décembre 1991, le Kazakhstan devient le dernier pays à se proclamer
indépendant de l'U.R.S.S. Dès lors, il lui faut se construire une
nouvelle identité politique, sociale, économique et culturelle.

Historischer Kontext in Kasachstan
Bereits während des 18. Jahrhunderts haben die Zaristen ihre Festungen an
der russisch-kasachischen Grenze in Handelsschwerpunkte verwandelt, so dass sie
die Lebensart der Kasachen beeinflusst haben. Sie haben schrittweise die ganze
Region abhängig gemacht, indem sie die Wirtschaft auf Russland gerichtet
haben. Finanzpolitiken wurden aufgestellt. Kasachstan verlor seine wirtschaftliche
Identität, indem es vom Tauschhandel auf eine Geldwirtschaft überging.
Man fühlt auch den Einfluss Russlands im Bereich des Grundeigentums. Die
Nomadenstämme, die früher Weideland genossen, begegneten während
des Almauftriebs Dörfer, die von den Russen oder Kosaken sind aufgebaut worden.
Die Kasachen wurden enteignet. Zwischen 1867 und 1870 gab es viele Aufstände.
Die russische Justizverwaltung wurde eingesetzt. Die lokalen Gerichte entschieden
nur Bagatelldelikte, während die anderen Akten in Russland eingesehen wurden.
In den Städten stützte sich die Russifizierung auf ein Schulsystem,
das die russische Sprache und Kultur zu verbreiten zielt. Die nomadische soziokulturelle
Struktur fällt auseinander. Ein politischer Widerstand wurde gebildet, um
die staatsbürgerliche Gleichheit mit den Russen zu erhalten. Aber die innere
Unstimmigkeit schwächte seine Macht. Die ersten russischen revolutionären
Organisationen niederließen sich ab 1904. Im Februar 1917 war also für
die meisten Kasachen eine hoffnungsvolle Zeit. Sie betrachteten die Revolution
als das Mittel, ihre Identität und Grundbesitze wiederzufinden. Eine Koalitionsregierung
wurde zwischen den russischen Kommunisten und den lokalen Bürgerlichen und
Intellektuellen gebildet. Aber einige Monate später verkündete Lenin
"alle Macht zur Sowjets". Im Oktober 1917 übernahmen die Bolschewiken
die Macht und ab März 1918 wurde das ganze Kasachstan im sowjetischen Netz
für 74 Jahre verwoben. Am 16. Dezember 1991 war Kasachstan das letzte Land,
das sich für unabhängig von dem U.D.S.S.R. erklärte. Seitdem muss
es sich eine neue politische, soziale, wirtschaftliche und kulturelle Identität
aufbauen.

Historical context in Kazakhstan
As early as the 18th century, tsarists transformed their strongholds on the border
between Russia and Kazakhstan into trading posts so as to influence the Kazakh
lifestyle. They then progressively made the whole area dependent upon them by
orienting it towards the Russian economy. Financial policies were set up. Kazakhstan
lost its economical identity, moving from an economy based on informal exchange
of goods to a money-based economy. The Russian influence could also be felt in
the field of real estate. The nomadic tribes who had until then been enjoying
the unoccupied pastures, were suddenly faced with Russian or Cosack villages newly
implanted on their transhumance paths. Kazakhs were then deprived of their lands.
Numerous uprisings burst out between 1867 and 1870. The Russian judicial authorities
took hold of the area. From that time on, only minor crimes were judged by local
courts, while all the other files were examnied in Russia. The russification politics
in the cities relied on an educational system aiming at spreading the Russian
language and culture. The nomadic socio-cultural structure collapsed. A political
counterpower started to rise, claiming civil equality to Russian citizens. But
this power was soon brought down by inner conflicts. The first Russian revolutionary
organizations took root in the area as early as 1904. February 1917 was thus a
moment of flourishing hope for most Kazakhs. They saw Revolution as a mean to
recover their identity and their lands. An allied government was then constituted
between Sovietic Russians and bourgeois and intellectuals from the area. But only
a few months later, Lenin declared "Full power to the Soviets". In October
1917, the Bolcheviks took over the power and in March 1918, the entire Kazakh
territory was interwoven to the Soviet web, which means reduced to naught. The
situation remained unchanged for 74 years. On December 16th 1991, Kazakhstan became
the last country to proclaim itself independent from the U.S.S.R.. From then on,
the country has striven to rebuild a new political, social, economical and cultural
identity.
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