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JOHAN GRIMONPREZ
Dial HISTORY

Art vidéo - 60' - béta - coproduction: Centre Georges Pompidou / Musée national d'art moderne / Kunstencentrum STUC / Université de Louvain - avec la participation de: Documenta X / Ministère de la Culture Flamande / Muestra Internacional de Vidéo (Cadiz) / Klapstuk 97 (Louvain) / Jan Van Eyck Akademie (Maastricht) - avec le soutien technique de: AVID Belgium / SONY Germany



" Cependant, plutôt que d'évacuer le scène du désastre, la télévision nous propose de rester à la maison, pour continuer à la regarder. La catastrophe supprime pour l'audience à la télévision, c'est le silence. Cependant la catastrophe supprime pour la télévision serait la couverture d'événements qui ne trouveraient pas d'audience - le signe que le désastre a déraciné les téléspectateurs. "

Dial H-I-S-T-O-R-Y est une recherche axée sur les archives télévisuelles et remet en question le spectacle médiatique. Le récit historique du détournement d'avion constitue le point de départ d'une analyse de l'impact des images sur nos sentiments, notre savoir, notre mémoire. La réalité et la fiction s'estompent dans un voyage au-delà de la version officielle de notre vie quotidienne.

Les rêveries fragmentaires d'un écrivain anonyme autour du pouvoir de l'écriture dans une époque appartenant aux poseurs de bombes et aux pirates de l'air hypermédiatisés, focalisent à la fois le désir de catastrophe et le besoin de se sentir chez soi. Dial H-I-S-T-O-R-Y suppose la nécessité d'écrire, la survivance ou l'élimination de l'individualité au moment où l'histoire est passée aux mains des foules, et souligne notre incapacité à prendre sérieusement n'importe qui d'autre qu'un croyant létal, l'homme qui tue et meurt pour la foi.

Au milieu du flot ininterrompu d'informations inutiles et contradictoires, le terroriste, lui, en promettant identification et récit, pathos et catharsis, suscite, comme chaque catastrophe réussie, un flux de sentiments entre l'image et le spectateur. Le succès de la " télévision-réalité " témoigne de l'alliance des médias, des téléspectateurs et de la catastrophe. Le camescope, peu coûteux et facile d'emploi, permet au téléspectateur de faire sa propre télévision. Les journaux télévisés accueillent ses enregistrements fortuits d'événements historiques. le téléspectateur peut envoyer les images des catastrophes de sa vie privée. Le nombre infini de petites plaies de la vie privée ne doit rien céder à la grande épreuve de la catastrophe collective.

Les images du monde déjouent chaque intimité et transforment le salon en une zone de transit, en aéroport miniature où les annonces de départ et d'arrivée sont parfaitement remplacées par des monologues sur répondeur. Les images de détournements, transmises directement par des relais de télévision dans le foyer, paraissent donc étonnement familières.

Dial H-I-S-T-O-R-Y trace des liens, sur une musique originale de David Shea et des extraits de textes de Don de Lillo, entre la maison, l'aéroport et l'avion détourné dans une histoire à plusieurs points d'entrée et de sortie, une histoire avec des destinations multiples (comme les itinéraires de vol dans les magazines à disposition dans les avions) mais qui n'échappent jamais à l'oeil de la caméra. Ultime destination: la catastrophe ou la promesse d'une banale bénédiction domestique.

(J. G.)














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