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Carole Miroche
Suzanne au bain (Susanna im Bade)
(Suzanne's bath)
Installation vidéo - 2 moniteurs - hi8 - couleur et n&b - 14' -
France - 1998
Les travaux vidéos traitent de deux aspects du désir : l'objet
désirant et désiré ainsi que le désir du désir
par le manque. L'aspect terrifiant du désir prend une dimension parodique,
moqueuse des conventions de la société judéo-chrétienne.
Les deux moniteurs sont posés l'un sur l'autre dans un petit espace comprenant
des sièges pour les spectateurs.
Les deux films vidéos sont diffusés en même temps. Une boîte
de mouchoirs est mise à disposition sur une table ainsi que des olives
et du vin. Sur chacun des mouchoirs sont imprimées des photos de Suzanne.
Le dispositif est inspiré de l'histoire de Suzanne et les vieillards, dans
la Bible.
Suzanne au bain est en quelque sorte un portrait, un dédoublement de moi-même
ou bien un dévoilement ludique et grave, entre l'objet du désir
et la mort. Les films vidéos permettent un jeu de regard entre celui qui
regarde et celui qui est regardé.
Moniteur du haut : portrait de Suzanne dans un abattoir.
Moniteur du bas : extraits de films vidéo de monsieur J.P. Mouton,
membre d'un groupe de retraités, enregistrés lors d'un circuit touristique
en Tunisie au cours du mois de juin 1997.
J'ai accompagné le groupe de personnes âgées durant le séjour
et je remercie monsieur Mouton de m'avoir donné la copie de son film de
voyage.
L'histoire de Suzanne se passe à Babylone, au début de la vie du
prophète Daniel. Il y avait un homme qui habitait à Babylone et
dont le nom était Joachim. Il prit une femme du nom de Suzanne, fille d'Helkias
qui était belle et craignait le Seigneur. Un jour, deux anciens du peuple
qui, cachés dans le jardin de Joachim, épiaient Suzanne se baignant.
Les vieillards lui firent des propositions malhonnêtes, suivies de menaces.
Les cris de Suzanne les forcèrent à prendre la fuite. Pour se venger,
les vieillards accusèrent Suzanne d'adultère : Suzanne aurait
fauté avec Daniel.
Ce dernier convainquit les juges de faux témoignages et les deux anciens
furent lapidés.
L'histoire de Suzanne dans la Bible fut reprise du Quattrocentto à nos
jours par les peintres. La question de la représentation du corps sacrifié
domine.
Le dispositif présente la lapidation des vieillards.
L'histoire de Suzanne invite à méditer sur une allégorie
de la morale : chacun de nous est victime du temps et de ses désirs
mitraillés par l'il du caméscope.
Le spectateur comme le vieillard dévore du regard pour se faire avaler
à son tour.
Bien que le lieu, la tenue vestimentaire de Suzanne, s'inscrivent dans la réalité,
ces divers éléments, accessoires du quotidien confrontés
aux animaux suspendus au second plan, donnent un caractère théâtral,
intemporel.
Les deux moniteurs se répondent, tout comme Suzanne s'observe dans un miroir.
Le désir et le sacré se confondent étroitement. Celui qui
regarde est invité à grignoter rituellement des olives et à
s'essuyer les mains sur des mouchoirs de papier imprimés.
On regarde comme par le trou d'une serrure une Suzanne maîtresse de ses
désirs, satisfaite et narcissique qui parfume consciemment les moutons
égorgés derrière elle selon la tradition religieuse. L'aspect
du désir prend une dimension parodique, moqueuse des conventions judéo-chrétiennes.
Celui qui voit est-il toujours un voyeur? Celui qui voit la vérité
devient victime. Le monde n'est-il pas transformé dès lors qu'il
est perçu ?
L'artiste visualise ce qu'il voit mais ce que le spectateur ne voit pas. Derrière
toute chose se cache la magie de l'argent et des échanges symboliques.
Les retraités dans la vidéo, victimes du consumérisme, deviennent
des objets à l'image des mouchoirs.
Ein Video, das die Begierde unter zwei Gesichtspunkten betrachte :
auf der einen Seite steht das begehrende und zugleich das begehrte Objekt, auf
der anderen Seite der Wunsch nach Begierde infolge seiner Abwesenheit.
Das Grauenhafte an der Begierde bekommt parodistische Züge und verspottet
konventionelle Regeln der jüdisch-christlichen Gesellschaft. Zwei Bildschirme
stehen übereinander in einem kleinen Raum mit Stühlen für Zuschauer
und zwei Filme werden gleichzeitig gezeigt. Tempotücher, Wein und Oliven
stehen auf einem Tisch. Auf jedem Tempotuch ist ein Bild von Susanna gedruckt.
- alles erinnert an die biblische Geschichte von Susanna und den Greisen.
Susanna ist ein Selbstporträt, das Begierde und Tod anspricht. Dieser Film
zeigt den, der beobachtet und den, der beobachtet wird. Der obere Bildschirm zeigt
Susanna im Schlachthof und der untere Ausschnitte aus dem Film von J.P. Mouton
- Teilnehmer einer Touristenreise 1997 in Tunesien.
Ich habe die Rentnergruppe während der Reise begleitet und bedanke mich bei
Herrn Mouton dafür, dass er mir seinen Film zur Verfügung gestellt hat.
Die Geschichte von Susanna spielt in Babylon zur Zeit des Propheten Daniel. In
Babylon lebte ein Mann namens Joachim, der sich mit der Tochter von Helkias verheiratete.
Dieses Mädchen, Susanna, war schön und fürchtete Gott. Eines Tages
beobachteten zwei Greise aus dem Dorf, gut versteckt im Garten von Joachim, Susanna,
die sich badete. Die Greisen machten ihr Angebote und bedrohten sie. Durch Susannas
Hilfeschreie alarmiert ergriffen sie die Flucht. Um sich zu rächen, warfen
die beiden Greisen ihr öffentlich vor, mit Daniel Ehebruch zu begehen. Dieser
schaffte es aber, das Gericht vom Gegenteil zu überzeugen, und die beiden
Greisen wurden gesteinigt.
Susannas Geschichte in der Bibel wurde bis heute von Malern oft wiedergegeben.
Immer wieder taucht das Bild des geopferten Körpers und die Steinigung der
Greisen auf.
Die Geschichte von Susanna regt auch zum Nachdenken über eine Allegorie der
Moral an : Jeder von uns ist Opfer der Zeit und ihrer Begierden, die von
der Kamera festgehalten werden.
Obwohl der Handlungsort, die Kleidung von Susanna der Realität entsprechen,
erinnern doch die aufgehängten Tiere im Hintergrund und weitere Accessoirs
an ein Theaterdekor.
Die beiden Bildschirme antworten aufeinander, genauso wie Susanna sich selbst
im Spiegel betrachtet.
Begierde und Weihe vermischen sich. Derjenige, der den Film sieht, isst Oliven
und wischt sich gleichzeitig die Hände an einem Tempotuch ab, das mit dem
Bild von Susanna versehen ist.
Durch ein Schlüsselloch beobachtet man Susanna, die Herrin über ihre
Begierde ist und zufrieden und narzisstisch die geschlachteten Schafe nach religiöser
Tradition einparfümiert. Die Begierde bekommt parodistische Züge und
verspottet konventionelle Regeln der jüdisch-christlichen Gesellschaft. Ist
der heimliche Beobachter immer ein Voyeur ? Derjenige, der die Wahrheit sieht,
wird zum Opfer. Wird die Welt nicht schon verändert sobald man sie erblickt ?
Der Künstler stellt dar, was er sieht, der Zuschauer aber sieht es nicht.
Hinter allem verbirgt sich die Magie des Geldes und des symbolischen Austauschs.
Die Rentner aus dem Film, Opfer des Konsums, und werden zu Objekten genau wie
die Tempotuecher.
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