|
Cécile
Bicler
Passion (Leidenschaft)
Art vidéo - hi8 - couleur - 10' - France - 1998

Fragments d'un journal intime; naturellement anti-naturel; machinalement (par
le mécanisme d'enregistrement), la conscience mue, se dédouble; conscience du regard des autres, du sien au futur; la conscience au premier plan,
la conscience génératrice de l'image. La voix est très présente: matière sculpturale et émotionnelle. Je suis à la limite
de m'exhiber, j'hésite encore à franchir cette limite; je me plais
à hésiter, à frôler.
obsession
Ces obsessions mêlées de peur qui m'empêchent d'accéder
au bonheur.
Il faudrait peut-être que j'accepte cela. Il y a en moi cet éternel
adolescent
bonheur
qui fantasme sur Freddy obsédé par la mort. Je veux vivre le moment
présent. Je me demande si les films ne me donnent pas l'illusion de cela.
J'aime le sexe pour ça aussi.
Le déguisement empêche-t-il de vivre le présent? La danse
est-elle un déguisement? La fête serait-elle le trou par lequel
s'engouffrent ensemble la solitude, l'artifice, la mise à nu,
peur
accepter
moi
adolescent
Freddy
mort
présent
film
sexe
déguisement
danse
fête
masque
solitude
la mesure, le contrôle, le réel, le fantasme, le jeu, la naïveté,
l'ironie, l'admiration, l'étonnement, l'ambiguïté,
le besoin, le choix, la reconstruction, l'abîme,
qui feraient que tous ces ensembles et à côté
mèneraient parfois à ce qu'on ne cherche pas
forcément. L'excitation est très forte.
Mes films sont des montages de tout cela ils me semblent doux malgré tout
douceur
éternité
excitation
téléphone-répondeur
J'ai utilisé pour un de mes films mon téléphone-répondeur
comme un moyen de me déconstruire (? )
journal intime
dans un autre film c'est le journal intime qui amène le doute
le réel et la mise à nu de celui-ci le média
la médiatisation provoque un tension
amour
le média comme pénétration de l'intime ce n'est pas la nature
du privé qui est importante mais c'est la pénétration
tension
le vertige
vertige éprouvé avant de sauter
horreur d'un malgré tout
contrôle
mesure
pénétrer
fantasme
média
réel
mise à nu
artifice
jeu naïveté
ironie
admiration
étonnement
contradiction
ambiguïté
je fabrique que je fabrique ou non le besoin j'ai l'impression
besoin que c'est le montage le choix Qui reconstruit
choix
reconstruction
abîme
montage et l'amour dans tout ça?
Quand l'introspection se heurte à la réalité
l'émotion, peut-être, en pleine conscience de sa présence.
Me parle. Je crois. Je me dis à ce moment-là que je vis. Je suis
alors heureuse, je me crois éternelle. Je le suis (? ). J'ai peur maintenant
d'arriver à réaliser mes rêves. J'ai peur de me réaliser
et après de n'avoir plus qu'à vieillir, subir, vivre entièrement,
pleinement cette épreuve sans détours, souffrir, aimer (? ) et mourir
enfin. Après, ce qui se passera ou ce qui se passe ne seront, ne sont plus
mes problèmes. Ou peut-être le sont-ils déjà. je me
heurte, me perds dans le flux de mes pensées.
Reviens, reviens-je à ce que j'écrivais plus haut. Je veux filmer,
montrer la masturbation celle qui mène à la mort, à la jouissance,
à la conscience.
Je n'ai plus faim.
JE VEUX
JE DESIRE
le déire. me manque-t-il quelque chose?
le danger se précise Non rien
faire que ce moment prenne enfin le large, réussisse à s'ouvrir,
m'apporte, et vous apporte la jouissance
j'aimerais te donner ma jouissance sans la perdre.
l'ouverture du temps le présent
transcender
viens en moi et vois, entends cela, mon expression personnelle
cela est
j'ai peur du futur. Peut-être que si j'arrive à capturer cette énergie
(celle de la peur), j'arriverais à vivre le moment présent.
Je ne veux que transcender le temps.
oui, je désire une transcendance
celle de la matière. Je vais me nourrir de ma propre peur. De celle des
autres aussi. Je voudrais peut-être qu'on prenne tous conscience de nos
peurs, de nos doutes pour arriver à cette transcendance. (Cécile
Bicler)
|