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Robert Kramer
Say kom sa
Documentaire - couleur - béta sp - 20' - assistant caméra et lumière: Le Hong Chuong - montage et mixage son: Julien Cloquet / Archipel - prod: Les Films d'ici - USA - 1998

Une rue grise de Paris. Dans l'appartement, des cadeaux d'anciens amis du Vietnam: témoins d'une histoire différente. Mais cela se passe aujourd'hui en 1998: c'est l'économie de marché qui domine. Un chantier au bord du West Lake à Hanoï. Des employés devant le portail: c'est le vigile qui a le pouvoir et décide qui travaillera et qui ne travaillera pas. Un lac, au centre de Hanoï, est peu à peu cerné par d'énormes hôtels modernes. un village disparaît. Un vieux couple y a vécu toute la vie. Tous deux refusent de déménager dans un lieu plus confortable. Pourquoi s'embêter à changer avec son époque?
Non vraiment, c'est une vraie question: pourquoi s'embêter?
Quelques personnes utilisent le lac comme auparavant, mais on ne peut pas le voir depuis les fenêtres des tours. Les gens y ont des appartements de style accidentale, avec une vue bizarre. Tout le monde le sait: tout n'est qu'une question d'argent aujourd'hui. Qui est riche et qui est pauvre, qui peut et qui ne eput pas.
Ca se passe comme ça: c'est comme ça...
Le réalisateur est dans un bar: il paye son équipe avec des coktails. Quand on fait un film dans ces conditions, celles-ci en viennent inévitablement à devenir la base du film lui-même.
Riche et pauvre: quels autres thèmes y-a-t-il ici?
R.K. Paris, 1998


Note d'intention du réalisateur
SayKomSa, c'est-à-dire C'est comme ça.

C'est comme lorsque je te dis "C'est comme cela, c'est ainsi, on ne peut rien contre la mairie."
Réalisme? Cynisme? Amertume?
Peut-être. Plus qu'auparavant de toute façon.
Mais avec de la classe. Doux et sombre, sombre comme le velours, avec la même expérience du monde que Billy Holiday lorsqu'elle chante de sa voix douce, voilée par l'alcool "God Bless The Child That's Got Its Own".
Que Dieu bénisse l'enfant qui n'a pas besoin de dépendre de la gentillesse ou de la générosité de qui que ce soit.
Que Dieu bénisse l'enfant qui ne s'est pas pas laissé enfermer sous le joug du Nouvel Ordre Mondial.
Que Dieu bénisse l'enfant qui ne s'est pas pris dans le piège de ce monde du libéralisme économique qui ne donne aux hommes que des flashes et des illusions, et dans lequel ils doivent sans cesse lutter pour ne pas se noyer.
Que Dieu bénisse l'enfant riche qui ne connaît que la liberté de faire ce qu'il veut et l'euphorie de son propre pouvoir.
Vietnam, septembre 1997.
Les temps ont changé.
Les temps ont changé, de telle sorte que tout est à nouveau familier.
Si familier, comme ça l'a toujours été, "toujours la même race de rats, toujours à vivre dans la même cage."

"J'étais au Vietnam, dans le Nord, en 1969", où nous tournâmes Peoples' war . J'y retournais en 1993, alors que le Vietnam s'ouvrait au monde, pour y tourner Starting Place (Point de départ). De retour à nouveau en 1997, alors que les effets violents de l'économie de marché pouvaient être vus et ressentis partout, le Vietnam m'inspira un autre film: SayKomSa... l'histoire a fait du Vietnam un de mes lieux d'élection... les liens que vous établissez avec des êtres et des lieux vous apparaissent très souvent totalement inattendus. Mais ce n'est pas une question de hasard. C'est, entre autres, une question d'histoire, d'enchaînements d'événements, "c'est comme ça". Une fois cela admis, vous pouvez passer beaucoup de temps à essayer de comprendre pourquoi c'est comme ça."




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