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Fabien Mezzafonte
Histoire (Geschichte)
Art vidéo - dv - couleur - 10' - avec : Marie Mengès - autoproduction
- France - 1998

Un plan séquence de dix minutes, ralenti, muet, sous titré. D'après
un monologue de "Grand peur et misère du IIIème Reich",
Bertold Brecht. Une jeune femme juive, 1933, un appartement, une ville, un pays.
Elle doit partir, son mari est médecin, elle doit annoncer ce départ.
Une banale histoire de rupture, pour mieux parler de l'histoire. Aucune solution
possible, l'Histoire fait l'histoire.
Eine zehnminütige Stummfilmfolge in Zeitlupe und ohne
Untertitel. Nach einem Monolog von Bertold Brecht über Angst und Not im Dritten
Reich. Eine Jüdin, 1933, eine Wohnung, eine Stadt, ein Land. Sie muß
fliehen und ihrem Mann, einem Arzt, ihre Flucht mitteilen. Die Geschichte einer
gewöhnlichen Trennung, um über Geschichte zu sprechen. Eine Auflösung
gibt es nicht. Die Geschichte schreibt die Geschichte.
A propos d'Histoire
Qui sait écouter, sait voir.
Ainsi pourrait-on commencer à parler de la superposition des images de
la vidéo Histoire de Fabien Mezzafonte.
Dans un texte arrachant un cri plutôt quune confidence, dans un déchirement
total préfigurant sans appel une destinée bafouée, soulignant
la permanence dun beau visage ému de femme au cur de son renoncement,
le texte de B. Brecht défile et maintient tendu le regard. Il se retient
au lieu de sombrer dans lémotion seule. On a toujours associé
lidée de destin distancé dans luvre de B. Brecht,
et il suffit dune image pour ne pas se maintenir dans ce présupposé.
Le fil du texte prend son ampleur en même temps que le chagrin submerge
le visage renforçant ainsi dans son for intérieur la conviction
du départ imminent, la précocité absolue de son lendemain,
les larmes de détresse modifient limage.
Ce nest pas une femme en rupture, cest une femme qui dans son absolue
vitalité bientôt effacée par lextermination met un terme
à lessentiel de sa vie, lamour.
La voix muette sétrangle au-delà des mots et rejoint une voix
intérieure. À ce moment-là, on se surprend à penser
que limage nest pas belle, elle est juste. On voit mais surtout on
est traversé par les mots. Outre le singulier de ce travail vidéo,
il ny a pas de rapport du texte et de limage, il y a dabord
limage qui est un tout. Ce nest pas la dissociation des éléments
qui forge le sens mais la fusion de tous les signifiants qui donne à penser
luvre dimage.
Il y a bien à voir et à entendre mais cest le silence. L'
"image nest plus dans ce prétexte à dire
du sens, elle est devenue le sens lui-même.
(Marie-Claire Sellier, 5 mai 1999)
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