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Fabrizio Scapin
Occidente

Documentaire expérimental - hi8 - couleur - 46' - avec: Diego Cossotto, Laura Scarpellino, Marco Benni - montage: Flavia La Gona, F. Scapin - mixage son: Hervé Pennoit - confo: Pradeep Müller - prod: Fabrizio Scapin, avec le soutien de Grand Canal Vidéo - Italie / France - 1998


Diégo, Laura et Marco partent d'Odessa en bicyclette dans l'intention de traverser l'Ukraine, la Roumanie et la Grèce.
Un voyage dans l'espace, à travers les terres et les gens de l'Est, mais surtout à travers les sensations à la recherche d'un autre rythme, d'un temps plus respirable. Diégo ne voit pas. Le voyage, le déplacement devient de moins en moins spatial et de plus en plus intime. La nuit et le jour, le silence et le bruit, le noir et la lumière...
Nous nous sommes demandé comment pouvait être un voyage non vu et surtout s'il pouvait "être"; nous avons donc cherché dans d'autres directions, explorant les autres sens, ceux que souvent nous oublions d'avoir.


A propos d'Occidente... le voyage


Deux jeunes hommes et une fille décident de commencer un voyage à vélo qui les conduira dans les pays de l'est, en acceptant de vivre avec la caméra vidéo. Celle-ci les amènera d'Odessa en Ukraine jusqu'à Thassos en Grèce.
Nous sommes partis de Turin avec un vieux camion plein de vélos de courses que nous avons amené à Odessa chez Anatoly Didenco, l'ex-entraîneur de l'équipe de cyclisme d'Ukraine, qui maintenant entraîne un groupe de garçons avec de vieux vélos. Anatoly et sa femme représentent un très important point de repère à Odessa pour Diego, qui a pensé et voulu ce voyage; cela fait presque huit ans qu'il va là-bas pour se faire soigner les yeux.
En tandem et à vélo, en partant en Ukraine, nous avons traversé la Roumanie et la Bulgarie en longeant la mer Noire. Nous sommes allés ainsi jusqu'en Grèce à Thassos, grande île macédonienne. La caméra vidéo est devenue un compagnon de voyage, quelquefois incommode ou désagréable, impertinente mais toujours avec du respect pour les personnes qu'elle rencontrait en cherchant à créer une interaction avec eux.
Un voyage dans l'espace, à travers les terres de l'est mais, un voyage aussi travers les sensations, les peurs, les mémoires, les folies des trois personnages protagonistes du film.
Un de ses personnages est passé pendant les dernières années d'une condition de voyant à celle de presque aveugle. Tout ça a sans doute conditionné le voyage et le film. Nous nous sommes demandé comment pouvait être un voyage qui ne se voit pas et surtout s'il pouvait être; donc nous avons cherché d'autres directions explorant les autres sensations, celle qu'on oublie souvent d'avoir.
Le choix de la bicyclette n'est pas un hasard: elle nous a permis pour une fois de voyager à la juste vitesse, d'avoir conscience des distances parcourues selon notre énergie, de respirer l'air des lieux que nous traversions, de mieux comprendre les différences entre campagne et ville: entre les gens du delta du Danube ou des Mara Mures (dont les maisons ne disposent pas d'eau courante) et les gens des villes au bord de la mer Noire (dont les maisons sont elles, bien équipées pour accueillir le grand tourisme).
Il ne s'agit pas d'un documentaire sur l'Est, mais plutôt un voyage dans l'Est: la caméra vidéo filme tour à tour avec le regard de celui qui voyage et avec celui du réalisateur toujours à la recherche d'une relation intime avec les personnages qui sont en face d'elle.




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