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Thierry Théolier
Anti-Clip

Anti-clip - hi8 - couleur et n&b - 60' - France - 1998



Anti-clip : clip réalisé avec une économie de moyens, prenant la forme d'un manifeste d'autonomie et d'indépendance vis-à-vis des lois commerciales et esthétiques des clips commerciaux.
Les images proviennent de détournements de films ou du quotidien le plus plat. Le montage est succinct, quelquefois "nul". L'utilisation du plan séquence est fréquente et la première prise est souvent la bonne.
Le choix des morceaux renvoie à la nature même de l'anti-clip. Les thèmes comme le vide, la solitude ou l'échec font écho à la forme minimale et brute de l'anti-clip.


Anti-clip : ein Videoclip, mit sparsamen Mitteln gefilmt, der sich deutlich den Gesetzen widersetzt, die die kommerziellen Videoclips beherrschen - eben ein Anti-Clip.
Die Bilder entstehen durch Abwandlung von Filmen oder von banalen Alltagssituationen. Die Montage ist knapp manchmal sogar gleich “Null”. Die erste Aufnahme ist meist die beste. Die Auswahl der Filmsequenzen spiegelt das Anti-Clip-Konzept wieder.
Themen, wie Leere, Einsamkeit  oder Scheitern sind ein Echo auf die auf ein Minimum reduzierte Form des Anti-clips.



"MY WEDDING MAN" - Anti clip

Cet acte de filmer est avant tout solitaire et s'impose parfois en manifeste, surtout lorsqu'il prend le titre de (J'@i la belle vie) cut-up videos for Freedom", toutefois il n'en demeure pas moins plus intime lorsque Thierry Théolier filme un séjour à Palavas-les-Flots avec père et mère, où l'on assiste à un huis clos intimiste presque inquiétant tellement pèsent cette solitude et ce silence familial, une sorte de consensus déclaré après des années de vie passées ensemble, tout est dit, la communication fonctionne par signes, sous-entendus, et par regards.

Loin du chaos visuel et sonore des cut-up et autres zapperies, Thierry Théolier replonge non sans nostalgie dans l'ère du vécu, abandonnant ce devenir insaisissable et impalpable du désir de liberté, il nous confronte, et se confronte à des souvenirs mis en scène, sans singularités, ni effets de style, son regard se promène sur cet intérieur dans lequel s'opposent trois personnages, trois acteurs silencieux (trois acteurs car même si l'artiste vidéo n'apparaît pas à l'ecran sa présence est manifeste), économisant les mots, laissant place ainsi aux images qui défilent, accompagnées d'un fond sonore qui n'est pas là pour rythmer cette ballade intérieure, mais au contraire pour donner aux images ce caractère si particulier: atmosphère calme et presque vide de l'appartement, tonalité qui se trouve d'autant plus renforcée par une musique lancinante et mélancolique (Françoiz Breut qui chante l'histoire d'une fille aux malheurs pré-conjugaux).
On en arrive peu à peu à une totale symbiose entre tous ces différents éléments, l'œil de la caméra les réunissant, réconciliant ce passé presque ineffable, s'actualisant dans ce présent révélateur. Toutes ces bribes sont les pièces d'un puzzle qui se construit sous nos yeux, car nous sommes les regardeurs d'un spectacle muet qui pourrait être également celui de notre histoire.


"MA COLERE" - Anti clip

"Ma colère" de Françoiz Breut accompagne un passage en revue de l'intérieur du vidéaste, de son quotidien. La musique, en osmose avec cet univers, rythme les images qui défilent en une sorte de successions de natures mortes. Nous explorons alors un univers clos, voire étouffant et claustrophobique; voyageurs immobiles, nous sommes les voyageurs-regardeurs à travers un regardant (Thierry Théolier), il est notre œil dans ce voyage mental, tout comme la caméra lui procure un autre regard sur sa vie. Parti du poste duquel sort la musique nous revenons sur cet émetteur d'atmosphère, terminus de ce parcours où la colère a disparu (est-ce celle de l'artiste? ), pour laisser place à une intriguante quiétude. (Koenig Stéphanie, Janvier 1998).




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