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Installation/performance _ le 15 avril 2004
Fondation cartier pour l'Art Contemporain - 261, Bd raspail - 75014 Paris
(durée de l'intervention : 1h 50mn et 55s.)
…suite inédite du projet Blanche Neige, initié par Catherine Baÿ

Blanche Neige _ à la Fondation Cartier
Les Rencontres internationales Paris/Berlin co-produisent l'installation-performance de Catherine Baÿ, présentée à la Fondation Cartier.


Communiqué
Blanche Neige envahit la Fondation Cartier pour l'Art Contemporain

(c) photo: Marc Domage

Le projet Blanche Neige évolue à travers une série d'interventions. À l'origine, un spectacle scénique, créé en Avril 2003 au Studio 14 Paradis, constitue la matrice d'un projet régulièrement alimenté par de nouvelles apparitions de Blanche Neige. Sous forme de performances, conférences, spectacles et de manifestations, ces Blanches Neiges prolifèrent et se multiplient à l'image de la culture de masse. Blanche Neige, personnage venu d'ailleurs, se propage à la manière d'un virus, elle investit un lieu, se l'approprie puis s'en écarte aussi vite. En faisant de Blanche Neige une nomade elle devient le révélateur du lieu et des gens qui l'empruntent. Dans ce projet, Catherine Baÿ interroge avant tout notre propre relation à l'image. Blanche Neige, otage de sa propre effigie commercialisée par Walt Disney, incarne par sa présence un procédé d'aliénation et fait appel à notre mémoire par sa singulière mise en situation.

Depuis une dizaine d'années, Catherine Baÿ développe un travail de chorégraphie, de mise en scène, et orchestre des événements dans différents types d'espaces. En dehors du projet Blanche Neige, elle créé de nombreuses performances atypiques : Nains Mode d'Emploi (présenté notamment au festival Bellone-Brigittines en 2002 et aux Nouvelles Scènes de Dijon en 2000), une performance pour six bodybuilders et sept mâcheurs de chewing-gum créée à l'occasion de Food-Lab dans le cadre des Soirées Nomades, ou encore Elucubrations III, solo pour une femme et des haltères, joué au Théâtre des Amandiers de Nanterre en 1997.

Avec: Gaëlle Bona, Gaëlle Jeandon, Nathalie Essinard, … distribution en cours

Costumes: Roël Stassart,
Lumières : Corinne Durand,
Sons : Ludovic Germain - LAPS design sonore,
avec la participation de Julien Gautier
Vidéos : Thomas Courcelle - Laps vidéo,
Production : Association du 41

Le projet Blanche Neige est soutenu par la Fondation Brownstone, le Studio 14 Paradis,
le festival Rencontres internationales Paris/Berlin, l'Espace Window et creativTV.net

Contacts réservations (indispensables !) à la Fondation Cartier : 00 33 (0)1 42 18 56 72
Infos Presse auprès de la Fondation Cartier : Linda Chenit au 00 33 (0)1 42 18 56 77 / 65
Autres infos auprès de l'Association du 41 : 00 33 (0)1 42 00 02 42

(c) photo: Marc Domage



"Commando Blanche-neige", par Alexandra Baudelot (Texte publié dans la revue Mission Impossible n°1 / hiver-printemps 2006):
Catherine Baÿ utilise le conte de fée comme support de projection et d'identification de l'histoire contemporaine et de ses mises en scène collectives. La Blanche-neige de Catherine Baÿ est un être proliférant qui se démultiplie à l'infini. Normal, Blanche-neige incarne tous les symptômes des époques qu'elle traverse, et ne cesse donc de se transformer au fur et à mesure des variations de l'Histoire. Blanche-neige est un support de nos fantasmes d'identification, elle est une icône qui garantit à nos désirs leur toute puissance. Blanche-neige est un virus qui contamine notre société et donc un signifiant totalitaire pour quête fétichiste.
Blanche-neige envahit tous les espaces de notre environnement quotidien. Couloirs, ascenseurs, escaliers, jardin, forêt. Blanche-neige envahit aussi les espaces virtuels. On peut voir Blanche-neige juste à côté de soi, retransmise dans des téléviseurs ou projetée plein écran sur les murs. Elle est belle Blanche-neige, elle a la peau blanche bien sûr, elle porte une jupe jaune et un corset bleu, elle a les cheveux noirs et un serre-tête rouge avec un petit nœud dessus, tout ça en latex. Blanche-neige mange des bananes, elle tire avec un flingue duquel ne sort jamais une balle, sur de grandes feuilles en papier elle échafaude des plans d'attaques car Blanche-neige entre en guerre, elle lit le Monde, elle travaille dans une administration, fait du vélo d'appartement. Toutes ces Blanches-neige cohabitent les unes avec les autres, juxtaposent les uns à côté des autres ces fragments d'événements de la vie quotidienne. Blanche-neige est un virus voué à répéter indéfiniment sa mission. " Je suis la répétition " nous dit Blanche-neige. Catherine Baÿ, artiste installée à Paris et qui brasse allégrement les frontières artistiques, fait de ce personnage reproductible à l'infini un archétype de personnage contemporain. Les gestes de ses Blanches-neige se répètent en boucle en un mouvement automatisé, signe d'une aliénation galopante que la prolifération du virus ne saurait arrêter. Le virus ? La modélisation des figures archétypales de notre société transformées en objet de consommation au même titre qu'un Coca-cola, Mac Donald et autre Nike. Le choix de Blanche neige n'est pas neutre : elle est une star internationale. Catherine Baÿ peut donc inoculer le virus d'Est en Ouest et du Nord au Sud et voir au fur et à mesure de ses résidences dans des lieux de création des Blanches-neige endosser les caractéristiques physiques locales. Sa Blanche-neige est donc plus ambiguë qu'il n'y paraît : derrière sa panoplie, ses fonctions normées et ses gestes mécaniques, chacune d'entre elles imposent néanmoins un style qui atteste la présence d'une personnalité singulière. La face cachée du travail de Baÿ : plusieurs semaines d'ateliers avec chacune des Blanche-neige avant de les lancer dans l'arène mondialiste. Au-delà du modèle, l'artiste s'intéresse donc plus à ce que le travail artistique réalisé en amont peut laisser apparaître de la nature propre à chacune de ces Blanches-neige. Le formatage de ses personnages n'est donc pas une fin en soi mais une manière d'évacuer les images qui participe à réduire les possibilités d'identification et de construction de soi. Blanche-neige porterait donc en elle son propre anti-virus. Un jour tombera son masque en latex. Bienvenue dans le petit monde féerique de l'art.
www.blanche-neige.fr




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