|
Laurence Vincent
New-York storage
Film expérimental - super 8 / dv - n&b - 2'30'' - France - 1998
Ce film fait partie d'un ensemble de petits films muets. Dans l'image floue, on
suit une silhouette dans un storage le temps d'une action mystérieuse.
Dieser Film gehört zu einer Stummfilmserie. In einem
verschwommenen Bild folgt man einer Sillhouette in einen storage
This film is a collection of short silent films.
Through the blurred image we follow a figure during a mysterious
action, in a storage.
A l'article "Anacrouse":
(
) Cette figure rythmique est fréquente dans l'écriture musicale
(songez au début de la Marseillaise) ou poétique. Le cinéma
professionnel n'a pu en faire usage: le spectateur soupçonnerait un incident
en cabine de projection. Excepté quelques expérimentateurs, peut-être,
comme Laurence Vincent. La subtile musicalité de ses " Films Muets"
(énsb-a 1998), sorte de brefs poèmes visuels (haikus-vidéo...)
où se déploient le paradoxe, l'oscillation propres à une
gaucherie assumée et (ô combien) maîtrisée, nous offre
une heureuse association "anacoluthe-anacrouse" et, pour ce faire, la
virtuosité de son filmage se dispense même, parfois, de montage.
Voici Nuits, la visite d'une chambre, en nocturne, lentement. Des pétales
de roses entourent la carcasse d'une vieille chaise. La caméra s'élève,
découvre en un panoramique intuitif, fébrile, des vêtements
et du petit linge pendillants sur des cintres; puis elle descend, à fond
de zoom, le long d'une robe et balaye le champ d'un trait de lumière pour
retrouver les pétales de roses, lesquels, trop flous, sont vite abandonnés
au profit d'un retour vers les cintres (manège, berceuse), délaissés
à leur tour en filant sec sur le regard caméra d'un gros chat en
boule dont l'air agacé servira de motrice d'élan pour...le motif
d'une nouvelle torpeur. (
)
(Marc Ferniot, parut dans la collection " Communications", numéro
68, 1999 éditions du Seuil)
|