../_CATALOGUE 1998-1999
 

Daniel Schweizer
Skin or die

Documentaire - béta sp - couleur - 58' - image: Patrick Mounoud - son: Neuville Champendal - montage: Katrin Plüss - musique originale: Elliot J. Murphy - Commentaire: Frédéric Garfunkel - prod: Horizon Films - co-prod: Les films du grain de sable, Arte, SSR-TSR - France - 1998





Ils sont peu nombreux et pourtant déjà trop. Ils ont des idées qu'on ne pensait plus jamais entendre un jour. Ils sont organisés, bien trop organisés. En Europe, aux Etats-Unis, ils possèdent des réseaux et sont férus d'Internet.
Ils, ce sont les Hammerskins: ils préparent en clandestinité le "renouveau de la race blanche".

Peut-être 20 000 en Suisse, Allemagne, France Pologne: l'Europe du Nord semble être le terreau fertile aux idées nazies de ces jeunes, tous ralliés à la cause du IIIe Reich.
Pendant près d'un an et demi, le réalisateur suisse Daniel Schweizer les a suivis, avec leur consentement, en Europe, un peu partout où ils se réunissent à l'occasion de concerts.
Un documentaire saisissant qui permet de découvrir et de mieux cerner ce phénomène de renouveau fasciste que nous ne devons plus ignorer.

Depuis quelques années, une nouvelle génération composée de jeunes âgés entre 14 et 25 ans, remplace progressivement les traditionnels skinheads. Comment un adolescent peut soudain se transformer, se tatouer, raser son crâne et basculer dans une idéologie aussi radicale? Souvent cela commence comme dans un jeu de rôles, enfants de gens ordinaires qui deviennent des protagonistes de faits divers.
En Suisse et en France comme en Pologne ou au Danemark, des réseaux structurés se sont créés. En Europe près de vingt mille jeunes sont abreuvés par la propagande néo-nazie produite aux Etats-Unis et diffusée par le mouvement Hammerskin. Internet, la musique "Oï", les concerts, les CD et les skin parties constituent les moyens d'expression de cette nouvelle sub-culture.
Ce film nous fait partager l'itinéraire de quelque uns de ces jeunes skins qui se perdent dans des jeux sinistres. Ce documentaire présente un portrait croisé de Mike, Julie, Christophe, Pierre et Olivier, cinq enfants de la haine. En suivant le trajet de ces jeunes gans pendant une année et demie, ce film met l'accent sur certaines étapes de l'initiation politique et les moyens mis en œuvre pour contourner la loi contre le racisme en vigueur dans nos pays.
Ce documentaire montre une image négative de notre univers, une part aveugle d'une certaine jeunesse qui prône le racisme et la violence et qui risque d'ébranler l'équilibre sur lequel reposent nos démocraties. Le film s'attache à restituer le regard que ces jeunes skinheads néo-nazis portent sur notre monde et nous forcent à réfléchir sur l'avenir de cette jeunesse livrée à de vieux démons.


À propos du mouvement "Hammerskin":


Paradoxe de l'histoire, le mouvement skin était à l'origine... antiraciste et plutôt à gauche. La nouvelle génération des années 90 est passée du stade de la bande au mouvement politique néonazi. Pour comprendre une évolution qui a pris de court les spécialistes de l'extrémisme de droite, il convient de rappeler l'origine du mouvement. Le mouvement skinhead a vu le jour à la fin des années soixante en Angleterre. L'augmentation du chômage consécutif à une rationalisation croissante de l'industrie ainsi que la réalisation de vastes projets d'assainissement des banlieues ouvrières ont abouti à la désagrégation du milieu ouvrier traditionnel. Cette atomisation sociale s'est accompagnée de la disparition de structures d'intégration ou de communication. En réaction, les jeunes chômeurs choisirent de s'auto-organiser et retrouvèrent dans des clubs, servant avant tout de lieux d'échange d'information et d'identification communautaire. L'origine ouvrière de nombre de skins anglais de la première génération fait que politiquement ils se situent plutôt à gauche.
Dans les années soixante-dix, la campagne du parti extrémiste de droite "National Front", largement axée sur la conquête des couches prolétariennes va basculer le mouvement skin vers le radicalisme de droite. Le racisme et la violence anti-immigrée passe à l'ordre du jour, malgré quelques tentatives de résistance des "Red Skins" antifascistes.
Les premiers skinheads suisses apparaissent à la fin des années soixante-dix. Ils sont sociologiquement d'un type totalement différent de celui dominant en Angleterre. Originaires pour la plupart de familles désunies, ils ont connu des échecs scolaires. N'ayant ni diplômes, ni formation professionnelle, ils se savent sans perspective d'avenir. Pour compenser leurs échecs individuels, les skinheads se constituent en groupes, qui fonctionnent comme des familles de remplacement, des communautés d'entraide, enfin comme des symboles de force.
Le culte de la virilité, l'omniprésence de l'alcool, les choix vestimentaires (le jeans, les bottes Doc Martens, le tee-shirt, les bretelles, le bomber aviateur, enfin le crâne rasé et les tatouages) assurent la cohésion d'une société quasi-masculine.
À la fin des années quatre-vingt, le mouvement s'est structuré en deux tendances qui appartiennent au champ extrémiste de droite. Les Oî-skins, dont le diminutif provient de la traduction anglaise du nom du mouvement national-socialiste "la force par la joie". le mouvement skin se radicalise en 1981 avec l'arrivée sur le devant de la scène du groupe londonien "Skrewdriver" qui ne cache pas ses convictions néonazies. Dans le même temps apparaissent les premiers journaux du mouvement "Blood and Honour" qui se veut la voix du rock anticommuniste. Le virage politique est largement consommé... L'aile Oï-skin s'est sans cesse affaiblie dans les années quatre-vingt-dix au profit des faschos-skins puis maintenant des Hammerskins. Le mouvement Hammerskins est importé des Etats-Unis, proche de la mouvance du NSDAP-AP, l'organisation néo-nazie américaine.
Organisés politiquement, les Hammerskins de 1996 ne sont pas les mêmes que les skins-hooligans de 1985. Le mouvement Hammerskin, est né en Amérique, il y a dix ans à Dallas- Texas.
Les marteaux croisés ont remplacé dans certains cas les croix gammées, mais le symbole de haine est resté le même. Leur emblème est une imitation de l'insigne "Deutsche Arbeitsfront" du troisième Reich où les marteaux croisés symbolisent le travailleur de race blanche. En Europe, depuis cinq ans, les plus jeunes skinheads se sont transformés à leur tour en Hammerskin.
Cette modification du rapport des forces vers l'extrême droite du mouvement skin est due à la vitalité culturelle (musique et fanzines) des éléments les plus radicaux. Les plus jeunes développent leurs propres symboles et codes pour se démarquer de l'extérieur, au sens d'une contre-culture, et adoptent souvent des traits provocateurs. Propos néonazis, idéologie raciste et violence" xénophobe. On peut parler d'une identité culturelle skin transnationale. La très grande majorité des musiciens affirment leur croyance dans la "race supérieure des Aryens". Dans les propos, on peut apercevoir les contours du national-socialisme historique, dont certains groupes se réclament ouvertement ou de variantes idéologiques comme le nationalisme révolutionnaire.
Les Hammerskins se décrivent dans leurs textes comme des soldats politiques, une élite rassemblée autour du slogan "White Power" (Pouvoir Blanc) dans l'attente de l'inéluctable "guerre des races". Le thème de la guerre à venir occupe une place centrale dans le discours skin; il est décrit comme une nécessité récognitive de l'identité skin et désigne clairement l'ennemi prioritaire: le système dominant du capitalisme triomphant. Les termes "nationaliste" et "national-socialiste" sont, dans les textes des chansons, interchangeables, et ont un contenu identique: hypertrophie du sentiment national, culte de la violence, xénophobie, racisme, antisémitisme.
Les Hammerskins ont intégré l'inéluctabilité du conflit racial en cours. Sur le plan comportemental, le salut "bras levé", le cri "Sig Heil", la participation à des réunions ouvertement néo-nazies sont considérés comme normal. SS et SA deviennent des références d'identification, les premiers en tant que combattants et instruments de la défense et de la "purification" de la race blanche, les seconds comme des exemples de la capacité d'une organisation à s'emparer du contrôle de la rue et à paralyser le pouvoir politique. La dimension historique d'Adolf Hitler reste controversée, mais tend à faire l'objet d'une admiration d'autant plus forte que le personnage est au ban de l'humanité.
Le mouvement mondial Hammerskins: "Nation Hammerskin" est proche des suprématismes blancs américains et il s'est ramifié en de nombreuses branches avec des sections dans les principaux pays occidentaux. On peut dire que les Hammerskins se considèrent comme les combattants des ennemis de la race blanche et sont d'ores et déjà engagés dans une lutte pour un ordre nouveau. Ces ennemis devraient êtres supprimés et les démocraties en place, remplacées par des régimes nationaux-socialistes selon eux.


Zum thema Hammerskins:


Paradoxerweise waren die Skins ursprünglich antirassistisch und eher links! Die neue Generation der 90er hat sich nach rechts orientiert. Um eine solche Evolution verstehen zu können, die selbst den Spezialisten schwer fiel zu verstehen, muss man am Ursprung beginnen: die Skinheads gabs zum ersten mal in England, Ende der 60 er. Steigende Arbeitslosigkeit, und Grossprojekte zur Sanierung der Arbeiterviertel haben zum Niedergang des traditionellen Arbeitermilieus geführt. Diese soziale Atomisation wurde begleitet von dem Abbau von Integartionund Kommunikation.Als Gegenreaktion haben sich die jungen Arbeitslosen in eigenen Clubhäusern getroffen, in denen sie diskutierten und das Gefühl von Gemeinschaft wieder herstellten. Dadurch, dasss die ersten englischen Skins aus dem Arbeitermilieu stammten, waren die ersten Skins also eher poitisch links einzuordnen.. Während der 70er hat die Kampagne der Rechtsextremisten “National Front” die Skins auf die rechte Seite gelockt. Rassismus uns Gewalt gegen die Ausländer steht an der Tagesordnung…trotz einiger vergeblicher Widerstandversuche der “red Skins” ( antifaschistisch). Die ersten schweizer Skins tauchen Ende der 70er auf. Sie sind soziologisch gänzlich anders als die Englischen. Die meisten stammen aus gescheiterten Familien und haben die Schullaufbahn nicht abgeschlossen. Sie haben weder Diplom noch Ausbildung - nur eine graue Zukunftvor sich - um ihre persönliche Niederlage auszugleichen, bilden sie Gruppen, die eine Ersatzfamilie darstellen. Der ausgeprägte Männlichkeitskult (Jeans, Doc Martens, T-Shirt, Hosenträger, Bomberjacke, Tätowierung und Glatze) und der starke Alkoholgenuss bilden die Grundlage dieser politischen Richtung. Ende der 80er haben sich zwei Tendenzen gebildet. Die Oi - Skins, deren Abkürzung von der englischen Übersetzung des national-sozialistischen namens “Kraft durch Freude“ herkommt; die Skins werden 1981 radikaler, als die Londoner “Srewdriver” ihre Neonazistische Einstellung offen zugeben. Gleichzeitig werde auch die ersten rechtsradikelen Zeitungen der Gruppe “Blood and Honour” in Umlauf gebracht; die Ol Skins haben sich in den 90er jahren indie faschos verwandelt, und heute sind es die Hammerskins. Vorallem in den USA sind die Hammerskins stark vertreten - sie stehen der amerikanischen neonazistischen Partei NSDAP-AP nah.

Politisch gesehen sind sie Hammerskins von 1996 nicht die selben wie die Hooligan- Skins von 1985. Die Hammerskins wurden vor 10 jahren in Tewas in den USA gegründet. Gekreuzte Hammer haben das Hakenkreuz ersetzt als Kennzeichen - aber der verbitterte Hass ist der selbe. Ihr Emblem ist eine Imitation des Zeichen der “deutschen Arbeitsfront” des 3. Reiches, wo die gekreuzten Hammer die weissen Arbeiter symbolisierten; In Europa haben sich in den letzten 5 Jahren die jungen Skinheads in Hammerskins verwandelt. Diese Veränderungdes Kräfte verhältnisses des Skins liegt am kulturellen Faktor ( Musik) der radikalsten Elemente. Die Jüngsten schaffen sich so ihre eigenen Symbole, um sich von der Aussenwelt zu distanzieren, im Sinne einer Gegenkultur, wobei sie oft provokativ wirken.
Zum Thema Neonazis, rassistische Ideologie und Xenophobie; Man kann von einer kulturellen Identitâtt von transnationalen Skins sprechen. Die Mehrheitversichert auch ihren Glauben an die “Arier als bessere Rasse”…
Die Hammerskins beschreiben sich selbst als politische Soldaten, eine Elite, die sich dem Slogan “weisse Macht” anschliesst, wärend sie auf den unausweichlichen “rassenkrieg” warten. Der bevorstehende Krieg ist ein zentrales Thema in den Reden der Skins; Hauptfeind ist der Kapitalismus; Die Begriffe “national” und “ national-sozialistisch” sind austauschbar in den Liedernund Texten; sie stehen für: Hypertrophie des Nationalgefühls, Xenophobie, Rassismus, Antisemitismus. Das Begrüssen “Hitlergruss” (ausgestreckter Arm ) und das “Sieg Heil”, die Teilnahme an den Versammmlungen wird als normal angesehen. Sie identifizieren sich mit SS und SA.- SS als Verteidiger der weissen rasse und SA als Beispiel für eine Organisation, die übergreifende Macht ausübt. Die historiche Figur Adolf Hitler bleibt umstritten; jedoch wird er immer öfters bewundert als umgekehrt.
Hammerskins ine der ganzen Welt: “Nation Hammerskins “ vertritt den Gedanken der “Überlegenheit der weissen Rasse” ausgehend von den USA hat sich diese über ganz Westeuropa verteilt; Man könnte sagen, dass sich sie Hmammerskins für Wächterd er weissen Rasse halten, die sie verteidigen wollen; sie sind für den Kampf für eine neue Weltordnung bereit.

Sie sind nicht viele und dennoch zuviele. Sie teilen Feiern, Bier und Musik, und natürlich die politische Ideologie; Eine Ideologie, von der gehofft hatte, dass man nie wieder etwas davon hört. Sie sind fats zu gut organisiert; per Internet tauschen sie in Europa und USA ihre Ideen aus. Si ”e sind die Hammerskins, Nachfahren der englischen Skins, die in den USA Ende der 80er umgetauft wurden. Sie sind noch extremer, noch beser organisiert und noch aktiver. Sie bereiten im Untergrund “die Erneuerung der weissen Rasse“ vor; insgesamt 20 000 in der Schweiz, Deutschland, England, Frankreich und Polen - Europa scheint ein guter Nährboden für die vernichtenden Ideen der jungen Neonazis zu sein, die meistens nicht einmal volljährig sind. Jede Hammerskingruppe hat sein Fazit, ein eigenes Site Internet, seine Ausrüstung als “ guter Weisser ” mit Hakenkreuz und Hassparolen auf dem T-Shirt, seiner Musikgruppe “ Ol ”, die die Wörter “ Vaterland ”, “ weisse Rasse ” und“ Erneuerung ” in jedem Refrain wiederholen. Sie sind natürlich bewaffnet…Sie sind auf den Kampf vorbereiten, um alles das zu vernichten, dass sie stört: Ausländer, Politiker, Arbeitslosigkeit, denn die meisten sind arbeitslos…
Ein Jahr lang ist der schweizer Regisseur die Skins gefolgt; zunächst in der Schweiz und dann auch nach Polen, Dänemark, überall dort, wo ein Rockfestival stattfand, dass junge Mädchen und Jungens von überall her anzog. Überzeugt von sich selbst, berichten fünf Jungendliche vor der Kamera. Wie kam es dazu, dass sie sich den Hammerskins angeschlossen haben? Wie sieht das im Alltagsleben aus? Was wollen sie später mal werden? Alle schliessen sich den erschreckenden Ideen der Hammerskins an. Sie hinterlassen bei uns wirklich den Eindruck, zu wissen, was sie wirklich wollen; was noch erschreckender ist, dass sie intelligent und gutaussehend sind.
Die Bedrohung der Rechtsradikalen existiert - Daniel Schweizer versucht uns dies zu beweisen; wir dürfen unsere Augen nicht mehr davor verschliessen.





Ils sont peu nombreux et pourtant trop. Ils ont les fêtes, la bière et la musique comme points communs. Et des idées aussi. Des idées qu'on ne pensait plus jamais entendre un jour. Ils sont organisés, bien trop organisés. En Europe, aux Etats-Unis, ils possèdent des réseaux, utilisent Internet pour véhiculer leurs opinions. Ils, ce sont les Hammerskins, descendants du mouvement skinhead anglais, rebaptisé ainsi en Amérique du Nord dans la fin des années 80. Ils sont encore plus extrémistes, encore mieux organisés et beaucoup plus actifs. Ils préparent en clandestinité le "renouveau de la race blanche". Peut-être 20 000 en Suisse, Allemagne, Angleterre, France, Pologne: toute l'Europe du Nord semble être le terreau fertile aux idées nihilistes de ces jeunes qui, pour la plupart ne sont pas ou à peine majeurs. Chaque communauté Hammerskin a son fanzine, son site Internet, sa panoplie de "bon petit blanc" avec croix gammée et slogan de haine sur les T-Shirts, son groupe de musique "Oï" où les mots "patrie", "renouveau", "race blanche" apparaissent à chaque refrain. Ils sont armés, bien sûr. Ils se préparent, le moment venu à déstabiliser les gouvernements de leur pays afin de faire table rase, de se débarrasser d'une manière ou d'une autre de ceux et ce qui leur procurent cette haine: les immigrés, les politiciens, le chômage, dont ils sont pour la plupart victimes...
Pendant plus d'une année, le réalisateur suisse Daniel Schweizer les a suivis, ouvertement, en Europe, d'abord chez lui, en Suisse, puis en Pologne, au Danemark, un peu partout où se réunissent à l'occasion de concert rock ces bandes de jeunes gens, garçons et filles, tous ralliés à la cause du IIIe Reich. À l'aise devant la caméra, sûr d'eux, cinq jeunes skins se confient devant la caméra de Daniel Schweizer. Pourquoi ont-ils décidé de devenir Hammerskin; comment le vivent-ils au quotidien; que veulent-ils réellement faire plus tard? Tous tiennent le même discours effrayant. Pourtant ils nous donnent l'impression de réellement savoir ce qu'ils font. Ils sont, et c'est d'autant plus dangereux, beaux et intelligents.
La menace de l'extrême droite est là, et Daniel Schweizer s'escrime à vouloir nous le montrer: nous n'avons pas le droit de fermer les yeux. Une nouvelle fois.


À propos du tournage


Notre travail a démarré en septembre 1995 sur le terrain en rencontrant plus d'une trentaine de skinheads en Suisse, en France et en Allemagne.
Notre règle de base a été de ne jamais feindre d'épouser une cause qui n'est pas la nôtre, mais d'affirmer notre droit de découvrir et d'appréhender un espace social différent.

La question de la responsabilité morale du cinéaste s'est posée d'un bout à l'autre de ce tournage sur l'extrême droite. Comment aborder un tel sujet? Comment se comporter face à des extrémistes? Comment les filmer? Comment se faire accepter par des gens dont on réprouve l'idéologie?

La difficulté principale a consisté à établir un lien sans être complaisant, sans être voyeur, ni surtout complice. Pour cela pas besoin de flatter les militants racistes. Nous nous sommes contentés de les trouver intéressants et d'interroger leurs motivations, cela a suffi pour que filmeur et filmés se supportent mutuellement le temps d'un tournage.

Pour ne pas nous retrouver dans une position de complicité, nous avons décidé de filmer les skins avec des choix de focale moyennes qui induisent une certaine distance. La règle était de ne pas filmer trop près, avec voyeurisme, ni trop loin, avec manipulation.

Ce tournage a débuté en juin 1996 et s'est achevé en décembre 1997. Le tournage a été morcelé sur plus de quarante jours et ceci en Suisse, en Pologne et au Danemark. Plus de 80 heures d'archives, d'interviews et d'images ont été réunies et le montage a été planifié sur une période de plus de dix semaines.

" C'est arrivé, cela peut donc arriver de nouveau: tel est le noyau de ce que nous avons à dire. Cela peut se passer, et partout. Je ne veux ni ne puis dire que cela arrivera. Il est peu probable qu'on voie se produire de nouveau, simultanément, tous les facteurs qui ont déchaîné la démence nazie, mais certains symptômes se profilent déjà." (Primo Levi - Les Naufragés et les Rescapés)

"De la haine naît la tristesse et, quand elle est forte, la colère. Celle-ci ne tend pas seulement, comme la haine, à fuir la chose détestée, mais aussi à la détruire si possible. De cette forte haine naît également l'envie." (Spinoza, extrait de Court Traité)



Dreharbeiten



Die Dreharbeiten haben 1995 begonnen; wir trafen eine Gruppe von über 30 Skins in der Schweiz, Frankreich und Deutschland. Unser Motto war es, zuzzuhören, auch wenn wir nicht mit der Meinung übereinstimmten, und die Meinung zu vertreten, dass wir ein Recht auf Einblick über diese sozial völlig gegensetzliche Gesinnung haben.
Die Frage nach moralischer Verantwortung des Regisseurs hat sich sytändig gestellt. Wie soll man an ein solches Thema am besten rangehen? Wie soll man sich gegenüber Rechtsradikalen verhalten? Wie soll man sie filmen? Wie soll man sich verhalten, um von ihnen akzeptiert zu werden?

Die grösste Schwierigkeit war es, akzeptiert zu werden, ohne als Spanner abgestempelt zu werden und vorallem ohne als Komplize anerkannt zu werden. Wir mussten sie also um den kleinen Finger wickeln; wir haben uns damit begnÜgt, uns für sie zu interessieren und sie über ihre Motivation zu befragen.

Um einen gewissen Abstand zu bwahren, haben wir die Skins mit einem Weitwinkel gefilmt - wir wollten weder von zu nah noch von zu weit weg filmen.

Diese Dreharbeiten haben im Juni 1996 begonnen und wurden im Dezember 1997 beendet. Sie wurden über 40 Tage verteilt in der Schweiz, Polen und Dänemark gedrht. Mehr als 80Stunden Archiv, Interviews - die Montage dauerte mehr als 10 Wochen;

“ Es ist passiert und es kann immerwieder passieren: dies ist die Messsage, die wir übermitteln wollen. Es kann Überall auf der Welt geschehen. Ich hoffe es nicht ….” (Primo Levi les Naufragés et les rescapés)

“ Aus dem Hass entseht die Traurigkeit und wenn sie sehr stark ist, dann entseht daraus Wut. Wie der Hass, versucht die Wut nicht nur vor verhassten Dingen zu fliehen, aber sie versucht auch, diese Dinge zu zerstören “ (Spinoza)





_retour haut de page_/