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Jean Breschand
Métropolitaines
Chronique
- béta
sp - 5051 - France
Métropolitaines part dune réaction contre lidée
dune circulation moutonnière et aliénée, cest-à-dire
aussi dun désir de filmer au lieu strictement défini du point
de vue spatial en déplaçant le regard, pour essayer de porter un
regard qui soit lui-même un déplacement, un cadrage; et essayer
de faire surgir sous la déambulation des foules une divagation souterraine: il sagit moins des mythologies du déplacement que de la poussée
sourde dune énergie vitale qui a partie liée avec limaginaire,
même si cela napparaît que dans une sorte d demi-sommeil - un
sommeil qui relève aussi de ce que Viviane Forrester appelait la violence
du calme. Sans doute est-ce la raison pour laquelle jai beaucoup travaillé
le plan fixe, pour ressaisir dans larchitecture dun cadre la tension
dun mouvement, dune circulation. Quant à la forme du film,
il suit un trajet où se mêlent plusieurs genres (le récit,
le dessin, lentretien, etc.) comme autant de bifurcations ou de correspondances
- ce qui était aussi une façon de me libérer des contraintes
documentaires pour essayer de faire venir le regard sur le métro sous un
autre champ de perception.
Plusieurs millions de voyageurs se déplacent ainsi dun point à
lautre de la capitale dans cet espace devenu étrangement familier.
Seule la force de lhabitude nous fait oublier lextraordinaire de ce
mouvement sans fin de la circulation des uns et des autres, des hommes et des
machines; où lorganisation la plus rigoureuse se mêle dun
hasard renouvelé. Tourner un film dans le métro, cela conduit immanquablement
à refaire un parcours, à suivre un réseau de lignes et de
correspondances. Et cest lidée même du trajet, de ce
qui se passe, pour le voyageur anonyme, dans le mouvement du transport en commun,
qui devient la question centrale. Ainsi, suit-on le fil dune chronique à
plusieurs voix, ouverte à toutes les bifurcations, en un mot des Métropolitaines.
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