Moving_image #22
Moving_image est un cycle de séances mensuelles de projection à la Gaîté Lyrique, un espace laboratoire de découverte et de réflexion dédié aux pratiques contemporaines de l’image en mouvement. Œuvres vidéos, filmiques et multimédias sont présentées sous forme d’abécédaire.
V comme vestige
Gaîté Lyrique, Paris, France | mercredi 7 janvier 2015
Pour la 22ème lettre de son abécédaire, MOVING_IMAGE interroge les notions de vestige et de réminiscence. Les vestiges d'anciennes utopies ou ceux d'une société hors du temps, les réminiscences de l'histoire, les fragiles traces de nos rêves et d'invisibles monuments.

Ding Shiwei : Goodbye Utopia | Animation, noir et blanc, 7'31'', Chine, 2014 [sans dialogue]
Ding Shiwei interroge les vestiges d'anciennes utopies, réanime l'injonction "tu ne tueras point", et ses avatars face à l'histoire. L'homme se crée et se détruit.
Ding Shiwei vit et travaille à Hangzhou. Il est diplômé de l'Académie des arts de Chine. Son travail a été exposé notamment au Musée d'art contemporain de Montréal, au festival international du film de Tampere, au Image Forum Film Festival à Tokyo.

Hans Op de Beeck : Sea of Tranquillity | Fiction exp., couleur, 30', Belgique, 2010 [sans dialogue]
Hans Op de Beeck observe des personnages à la dérive, les vestiges d'une société de luxe consumériste, pleine d'attentes et de souvenirs déçus. Entre prises de vue réelles et environnements 3D, le spectateur effectue la traversée nocturne d'un immense paquebot, écho lointain du "Queen Mary 2", et miroir des vanités contemporaines.
Hans Op de Beeck vit et travaille à Bruxelles. Sa pratique se déploie sous une diversité de médiums : sculpture, installations, vidéo, photographie, dessin, écriture... Les thèmes essentiels de son travail sont l'effacement des distances, la désincarnation de l'individu et le caractère abstrait du temps qui résultent de la globalisation et des changements de mode de vie que les médias et les technologies suscitent. Son travail a été exposé notamment au MuHKA Musée d'art contemporain d'Anvers, au Musée national d'art contemporain de Bucarest, au Hirshhorn Museum à Washington.

Lina Selander, Oscar Mangione : Silphium | Vidéo, noir et blanc, 22'09'', Suède/Allemagne, 2013 [VOSTFR]
Lina Selander et Oscar Mangione construisent un récit sur de multiples couches d'images et de significations, qui lient l'histoire et la préhistoire à notre société contemporaine. De Holbein au silphium, et en référence à Chris Marker, la volonté qu'a l'homme de contrôler la nature et le visible se manifeste. Ce pouvoir et cette surveillance sont toutefois toujours confrontés à une force contradictoire. Ce double mouvement de maîtrise et de perte du contrôle visuel provoquent une prise de conscience de la vulnérabilité de l'homme.
Lina Selander vit et travaille à Stockholm. Son travail interroge le processus de la vision, de la constitution du regard, et de l'élaboration de l'histoire par les images, à la croisée de l'histoire, des histoires, de la mémoire. Ses oeuvres ont notamment été présentées au Centre Pompidou à Paris, au Musée national Reina Sofia à Madrid, au Moderna Museet de Stockholm et à la Biennale d'Istanbul. Elle représentera la Suède à la 56ème Biennale de Venise en 2015.

Jonathan Perel : Las aguas del olvido | Documentaire exp., couleur, 9', Argentine, 2013 [sans dialogue]
Des eaux emplies de fantômes. Un tombeau gravé dans l'air. Jonathan Perel filme les "eaux de l'oubli", les lieux en mer où ont été jetés d'avion les corps des opposants à la dictature argentine.
Jonathan Perel vit et travaille à Buenos Aires. Son travail interroge l'histoire récente en Argentine, la possibilité d'une représentation de la mémoire. Ses films ont été projetés notamment au BAFICI, aux Rencontres Internationales Paris/Berlin/Madrid, au FID Marseille.

Apichatpong Weerasethakul : Ashes | Documentaire exp., couleur, 20', Thaïlande, 2012 [VOSTFR]
Apichatpong Weerasethakul évoque le réveil après un rêve, les cendres tombées du ciel. Il écrit au sujet du film : "Nous pensions que nos esprits étaient enrichis par la terre fertile et les feuilles les plus vertes et les insectes les plus rares et l'abondance d'humilité. Mais en Mars est venu un jour où nous nous sommes réveillés de notre rêve. Le ciel pleurait des cendres. Le sol pourri tremblait alors que des vermisseaux s'élevaient pour goûter la neige grise. Par-delà les montagnes, la lumière de la dévotion brillait et aveuglait nos âmes. Les ténèbres étaient si radieuses que nous sanglotions et hurlions en silence. Et nous nous réveillions encore, et encore."
Apichatpong Weerasethakul vit et travaille à Bangkok. Il a étudié l'architecture à la Khon Kaen University à Bangkok et le cinéma au Art Institute à Chicago. Il réalise des films depuis les années 90. Son film "Uncle Boonmee Who Can Recall His Past Lives" a reçu la Palme d'Or au Festival de Cannes 2010; "Tropical Malady" a reçu le Prix du Jury au Festival de Cannes 2004, "Blissfully Yours" a reçu le premier prix Un Certain Regard en 2002 au Festival de Cannes.