Catalogue 2025-2026
Parcourez ci-dessous le catalogue 2025-2026 des Rencontres Internationales, ou effectuez une recherche dans les archives des oeuvres présentées depuis 2004. De nouveaux extraits vidéos sont régulièrement mis en ligne, les images et les textes sont également progressivement mis à jour.
Randa Maroufi
L’mina
Documentaire | dcp | couleur | 26:0 | Maroc, France | 2025
Jerada est une ville minière au Maroc où l’exploitation du charbon, bien que officiellement arrêtée en 2001, se poursuit de manière informelle jusqu’à aujourd’hui. "L’mina" reconstitue le travail actuel dans les puits en utilisant un dispositif de décor conçu en collaboration avec les habitant·e·s de la ville, qui se mettent en scène dans leur propre rôle.
Née en 1987 à Casablanca (Maroc), Randa Maroufi est artiste plasticienne et réalisatrice. Elle est diplômée de l’Institut National des Beaux-Arts de Tétouan, de l’École Supérieure des Beaux-Arts d’Angers, et du Fresnoy – Studio National des Arts Contemporains. Pensionnaire de l’Académie de France à Madrid, Casa de Velázquez en 2018 et de la Villa Médicis à Rome en 2026. Ses films Le Park (2015) et Bab Sebta (2019), primés dans plusieurs festivals, marquent le début d’une trilogie consacrée à trois cités marocaines. L’mina (2025) en est le dernier volet.
Lukas Marxt, Vanja Smiljanic
AMONG THE PALMS THE BOMB or: Looking for reflections in the toxic field of plenty
Doc. expérimental | mov | couleur | 85:0 | Autriche, Allemagne | 2024
La mer de Salton, dans le sud de la Californie, est un écosystème unique. En seulement quatre ans, son niveau d’eau a baissé d’un bon demi-mètre ; avec une profondeur maximale de dix mètres, on peut aisément calculer le moment où elle devrait se retrouver à sec. Et cela ne concerne encore que l’aspect global, lié au réchauffement climatique et aux modifications du climat local. La Salton Sea est également singulière parce que les États-Unis y ont testé de nombreuses bombes atomiques durant les phases finales de la Seconde Guerre mondiale et de la guerre froide — d’abord en préparation des bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki, puis comme entraînement pour des missions qui, fort heureusement, n’ont jamais eu lieu. Dans AMONG THE PALMS THE BOMB, Lukas Marxt et Vanja Smiljani? s’intéressent particulièrement à cet aspect de l’histoire régionale. Le film commence dans l’Utah, d’où décollaient les avions avant de trouver leur cible dans la zone supposément isolée autour de la Salton Sea. À Wendover, un musée expose notamment des maquettes de « Fat Man » et « Little Boy », les deux seules bombes atomiques jamais utilisées en temps de guerre, ainsi qu’une fosse de chargement où les avions étaient équipés — un dispositif auquel Marxt a d’ailleurs consacré un court film en 2019. Depuis de nombreuses années, il étudie la situation du sud de la Californie, que l’on peut, à bien des égards, qualifier d’extrême. L’agriculture intensive, fondée de manière radicale sur les monocultures, a tout submergé. Marxt et Smiljani? découvrent qu’une alliance s’est formée dans ce contexte : des travailleurs agricoles sans papiers venus d’Amérique latine trouvent refuge dans les réserves amérindiennes. AMONG THE PALMS THE BOMB donne la parole à des experts locaux qui éclairent le paysage et son histoire ; le réalisateur recherche également des voix discordantes, notamment au sein de la tribu des Torres Martinez Desert Cahuilla Indians, victimes d’un génocide au XIX? siècle. Leurs descendants se souviennent du temps où nombre de plantes aux pouvoirs curatifs — et indissociables d’une vie en symbiose avec la nature — poussaient autour des eaux salées de la Salton Sea. Aujourd’hui, la région appartient aux buissons salins, et sous la surface sommeille l’uranium d’une guerre froide sur le point de ressurgir. « Des temps effrayants », dit quelqu’un. (Bert Rebhandl)
Lukas Marxt (*1983, Autriche) est un artiste et cinéaste vivant et travaillant entre Cologne et Graz. Son intérêt pour le dialogue entre l’existence humaine et géologique, ainsi que pour l’impact de l’activité humaine sur la nature, s’est d’abord développé au cours de ses études de géographie et de sciences environnementales à l’Université de Graz, avant de se poursuivre dans ses études audiovisuelles à l’Université d’art de Linz. Il a obtenu un MFA à la Kunsthochschule für Medien Köln et a suivi le programme postgrade de l’Académie des beaux-arts de Leipzig. Marxt partage sa recherche aussi bien dans le champ des arts visuels que dans le contexte cinématographique. Ses œuvres ont été présentées dans de nombreuses expositions personnelles et collectives, parmi lesquelles le Torrance Art Museum (Los Angeles, 2018), la Biennale de la peinture au Museum Dhondt-Dhaenens (Belgique, 2018) et le Museum of Modern and Contemporary Art de Rijeka (Croatie, 2018). Ses films ont été montrés dans de nombreux festivals internationaux, notamment la Berlinale (Allemagne, 2017 et 2018), Curtas Vila do Conde (Portugal, 2018), ainsi qu’au Festival international du film de Gijón, où il a reçu le prix Principado de Asturias du meilleur court métrage (Espagne, 2018). Depuis 2017, Marxt a passé de longues périodes dans le sud de la Californie, où il étudie les structures écologiques et sociopolitiques entourant la Salton Sea. Vanja Smiljani? (Belgrade, 1986) est une artiste visuelle et performeuse vivant et travaillant entre Lisbonne et Cologne. Elle a suivi le programme post-master en recherche artistique à A.pass, Bruxelles (2015), a obtenu un MFA au Dutch Art Institute (DAI), Arnhem (2012), ainsi qu’à la Kunsthochschule für Medien Köln (2019), et est diplômée en arts plastiques de la Faculdade de Belas Artes de Lisboa (2009). Dans sa pratique, elle recourt souvent au modèle de la performance-conférence pour relier des univers fictifs et expérientiels, mêlant dispositifs techniques, diagrammes et sculptures sci-fi povera. En connectant des systèmes de réalité a priori incomparables, le travail de Vanja met en lumière la fabrication des idéologies comme régimes aliénés, en utilisant son propre corps comme vecteur de narration, oscillant fréquemment entre les positions d’oracle et de conteuse.
Shapoorian Maryam
Ca reste entre nous
Documentaire | 4k | couleur | 61:0 | Iran | 2025
Before the Iranian Revolution, an old house gradually transforms into a house-museum, filled with ancient artifacts collected over decades. An Iranian archaeologist awaits the return of his French wife from a long journey. As the rooms fill with objects, the revolution reaches the walls of the house, bringing the turmoil of the outside world inside. Amid the uncertainty, the couple struggles to preserve both their relationship and the memories embedded in the house. This documentary is a silent triptych made without dialogue, draws on thirty years of archived letters exchanged between the couple, offering a poetic and contemplative reflection on how personal and historical memories intertwine, and how spaces become repositories of both private and collective histories.This film is a quiet form of resistance.
Born in 1979, Maryam Shapourian began making films at 15, experimenting with 8mm formats and crafting voiceovers for short films. Her passion for cinema deepened at the Tehran University of Art, where hands-on experience with 16mm filmmaking at the Faculty of Cinema and Theatre laid the foundation for a lifelong commitment to storytelling. Over the years, she has engaged in a quiet dialogue with audiences through layered, fragmented, and sometimes unfinished ideas, shaped in the edit room. She is, in her own words, “an eternal editor.” Her debut feature, Just Between Us, marks a significant shift - a film that balances observation and narration, and represents her first steps toward a new cinematic language for engaging with the world.
Nonoka Matsuo, Tomi Katz
Empty Shell
Vidéo expérimentale | mp4 | couleur | 4:3 | Japon | 2024
On the day we vanish from the world, what will remain? Fragments, like memories, spread in nature, creating ripples. As we rethink the future with AI's rise and authoritarian values, how will we repent? How will we move forward, unable to live forever? -We focused on creating a sense of déjà vu with a touch of dissonance, like a parallel world, by using unconventional over colors and effects. The focal points and layers were intentionally designed to avoid naturalism.
Nonoka Matsuo and Tomi Katz from Japan. We both graduated from Musashino Art University. We came from different backgrounds —from the fashion field and from art academia. During the COVID period, we decided to collaborate and created an experimental video piece called Temperature Gap. In 2023, we made our first short film Empty Shell, which was selected for several film festivals including Aesthetica, Interfilm Berlin and Teheran international short film festival.
Peter Maybury
L’esprit de l’escalier
Film expérimental | 4k | couleur | 5:50 | Irlande | 2025
L’esprit de l’escalier est le troisième film d’une trilogie consacrée au Pálás, un cinéma de Galway, en Irlande, conçu par Tom dePaor. Ouvert en 2018, le cinéma a fermé au public en février 2025, et j’ai assisté à l’une des dernières projections au Pálás : Goodbye Dragon Inn de Tsai Ming-Liang, lui-même un film sur la fermeture d’une salle de cinéma. Je suis revenu le lendemain matin, ces pensées encore en tête, pour filmer les escaliers qui parcourent le bâtiment. Ces espaces ne sont pas tempérés, à moitié intérieurs, à moitié extérieurs, tandis que les salles de projection, avec leurs intérieurs rouges et feutrés, sont optimisées pour le son, la température et la lumière. Le titre de mon film renvoie à l’expression “avoir l’esprit de l’escalier” (penser à la réplique parfaite trop tard), mais surtout à l’esprit même de l’escalier. Comme dans Goodbye Dragon Inn, tant de vie circule dans ces lieux où les personnes, la météo, la lumière et le son s’entrecroisent, influencent — voire habitent — le mouvement ou l’immobilité de la caméra, jusqu’à ce que l’endroit lui-même devienne un film.
Peter Maybury est un artiste pluridisciplinaire irlandais. Ses recherches fondées sur la pratique couvrent des travaux en tant qu’artiste, graphiste, cinéaste, éditeur, écrivain, rédacteur, commissaire, musicien et enseignant. Il est diplômé de Central Saint Martins, à Londres, et doctorant au Centre for Socially Engaged Practice-Based Research de la TU Dublin. Il a collaboré de manière extensive avec des artistes et des institutions, des éditeurs et des commissaires, sur plus de 200 publications d’art et d’architecture. Peter est un collaborateur de longue date de Tom dePaor, avec qui il réalise des livres, des films et des œuvres pour des expositions. Parmi ses travaux filmiques figurent On being there (2022/23, projeté aux Rencontres Internationales Paris/Berlin 2023/24), Landfall (2020), une installation filmique d’une heure sur double écran, ainsi que, avec dePaor, les films de Gall Drape (2018) et A Study (2015), réalisé pour une exposition à l’ETH Zurich. Peter est l’auteur de Make Ready (2015), et co-auteur avec dePaor de Reservoir (2010) et Of (2012).
Kim Richard Adler Mejdahl
Glory 1
Vidéo expérimentale | 4k | couleur | 2:0 | Danemark | 2024
Les membres du club de gay linedance « Outliners » dansent dans une pièce noire. Glory 1 est une œuvre vidéo conçue par l’artiste danois pluridisciplinaire Kim Richard Adler Mejdahl. Le scénario onirique met en scène un antidote symbolique au patriarcat et à ses conceptions destructrices de la masculinité. Dans l’esprit de l’artiste, Glory 1 est un symbole de protestation. Voir des cowboys danser ensemble plutôt que de s’affronter devient un geste subversif contre les conceptions conventionnelles de l’homme. C’est une manière de renverser l’idéal macho du patriarcat — celui qui pèse sur les hommes et dicte leurs existences.
Kim Richard Adler Mejdahl est diplômé de la Royal Danish Academy of Fine Arts depuis 2019. Son œuvre protéiforme mêle humour slapstick et horreur gothique, souvent à partir de récits issus de sa propre histoire personnelle. Qu’il s’agisse de sorties d’albums musicaux, de productions filmiques ou de vastes projets d’expositions monographiques, la pratique de Mejdahl explore des thèmes tels que la guérison des traumas, notre relation à la nature, la spiritualité et l’identité de genre. Ses œuvres vidéo ont touché des publics internationaux, avec des projections à travers l’Europe et l’Asie. Sous le nom d’artiste Kim Kim, Mejdahl a réalisé de nombreuses performances live et publié plusieurs albums musicaux. En quelques années, il a collaboré avec un large éventail d’institutions, parmi lesquelles Kunsthal Charlottenborg, le Roskilde Festival, le parc d’attractions danois BonBon-Land, le théâtre Sort/Hvid, et plus récemment KØN – Gender Museum Denmark. En 2025, Mejdahl a reçu la bourse de travail triennale de la Danish Arts Foundation. Son travail est également présent dans la collection de la Galerie nationale du Danemark.
Florent Meng
the analogue tracks
Doc. expérimental | 4k | couleur | 57:0 | France | 2024
Sur le massif du Mont Blanc, un cristallier trouve un quartz. Le minéral passe ensuite entre les mains de géophysicien·ne·s, acousticien·ne·s et gemmologues, explorant nos possibilités de communication avec le non-vivant. Ce journal d’un quartz nous emmène en voyage aux limites de nos systèmes de perception, pour habilement questionner l’irréfutable.
Maricarmen Merino
MATRYOSHKA
Documentaire | 4k | couleur | 79:0 | Costa Rica | 2025
MATRYOSHKA is a dialogue between Patricia, a 74-year-old feminist politician from Costa Rica, and Maricarmen, her filmmaker daughter. Together, they expose their journeys of rupture and transformation as they separate from their partners. Set against a conservative and regressive backdrop, their unfiltered exchanges reveal the contradictions that exist within political and intimate discourses about women’s lives.
Maricarmen Merino has a BA in Collective Communication by the University of Costa Rica and a BA in Film Direction by the Centro de Capacitación Cinematográfica, top film school in Mexico. Her hybrid short film “Bella” was part of the Official Selection of the Guadalajara Film Festival, Poland Camerimage and for this work, she was awarded as Best Director in the Mexican edition of ShortShorts. Her debut feature film “¿Dónde estás?” premiered in the Guadalajara Film Festival in 2018. She is one of the producers of the Mexican documentary “El compromiso de las sombras”, funded by the Tribeca Film Institute and the Sundance Institute. She has participated in the Flaherty Documentary Seminar in New York and the Walden Residence for the Creation of Documentaries, headed by Marta Andreu.
Dina Mimi
The Melancholy of this useless afternoon II
Film expérimental | mov | couleur | 13:0 | Palestine | 2022
The Melancholy of this Useless Afternoon, chapter 2 (2023, 11:25) explore les gestes partagés entre le fugitif et le passeur, ainsi que leur rapport au regard porté sur eux. The Melancholy of this Useless Afternoon enquête sur les liens entre le fugitif et le passeur, leurs gestes communs et leurs relations à la visibilité. Par la fuite, l’évasion, au risque de la capture ou de la mort, le fugitif œuvre à se maintenir caché. Le passeur, quant à lui, se déplace avec discrétion, utilisant des gestes pour dissimuler des choses, souvent tout contre son propre corps.
Dina Mimi est une artiste visuelle et cinéaste palestinienne, basée entre la Palestine et les Pays-Bas. Mimi travaille à partir du film expérimental et de performances-conférences qui explorent la question de savoir comment et quand les corps deviennent des lieux de résistance. Cette question trouve une matérialité dans les images en mouvement, en particulier des images trouvées, rejetées et donc considérées comme dépourvues de valeur. En comprenant le montage comme un terrain de jeu, Mimi explore l’opacité dans les images en mouvement, en cherchant à frôler des fragments qui souhaitent rester insaisissables ou qui sont en train de disparaître. Cela constitue une tentative continue de narration non linéaire, comme une manière de défigurer la sienne.
Elise Marjorie Morin
When The Sun Never Sets
Installation multimédia | 0 | couleur | 8:0 | France | 2025
Where the Sun Never Sets est une installation vidéo interactive qui relie trois sites du désert du Nouveau-Mexique, traversés par une histoire du rayonnement à la fois solaire, atomique et cosmique. Grâce à un dispositif d’eye-tracking, le parcours du regard du spectateur s’inscrit en temps réel sur l’image et déclenche des fragments sonores spatialisés : témoignages, voix, traces environnementales ou résonances du paysage. L’image fonctionne comme une cartographie sonore cachée où chaque zone correspond à un point du territoire et à un récit associé. Le regard devient ainsi un outil de dévoilement, révélant des couches invisibles du paysage et mettant en relation Three Rivers, Trinity et les Very Large Array. À la fin de chaque séquence, une capture d’écran du trajet de regard est générée et archivée en ligne avec les entretiens complets, accessibles sur suns.elise-morin.com. Le projet cherche à expérimenter des moyens de lier la puissance du regard à une pluralité de narrations sonores en écho avec un territoire où brillent deux soleils : celui du désert et celui de la première bombe A. Il propose une représentation en résistance, révélant un écosystème vibrant et reliant les réalités irradiées inscrites dans ces lieux.
Élise Morin est une artiste plasticienne vivant et travaillant à Paris. Sa pratique interdisciplinaire explore la relation humaine au visible et la manière dont nos perceptions façonnent notre compréhension des mondes terrestres transformés. Elle développe des projets qui associent recherches artistiques, collaborations scientifiques et enquêtes de terrain, en travaillant régulièrement avec des ingénieurs, des musiciens, des philosophes et des communautés locales. Son travail s'inscrit dans un rapport étroit aux environnements et aux territoires, qu’elle aborde comme des espaces sensibles où s’entrelacent récits, matériaux, technologies et phénomènes naturels. Après des études à l’École nationale supérieure des Arts Décoratifs, elle a passé plusieurs années en Chine et au Japon, où la coexistence entre artisanat, animisme et technologies émergentes a nourri sa réflexion et marqué son approche artistique. Ses œuvres interrogent la place de l’esthétique dans notre rapport au réel et dans la manière dont nous percevons les espaces modifiés par l’histoire, l’industrie ou les transformations environnementales. Élise Morin a exposé en France et à l’international, notamment au Centquatre-Paris, au Jeu de Paume, au Grand Palais, ainsi qu’à Bucarest, Moscou, Pékin et Tokyo. Elle est résidente de la Villa Albertine, où elle a développé le projet Spring Odyssey.
Marcel Mrejen
Larry
Vidéo | 4k | couleur | 10:0 | Algérie | 2024
Sur des images muettes en 16 mm tournées par un soldat français dans l’Algérie occupée, le film met en scène une rencontre entre la mémoire coloniale et le paysage sonore de la guerre contemporaine. À mesure que le militarisme actuel infiltre l’archive, le temps se fissure et les images se mettent à résonner de conflits passés et à venir. Il en résulte une méditation spectrale sur la manière dont la violence coloniale continue de vibrer au cœur des imaginaires militaires d’aujourd’hui.
Marcel Mrejen (FR/DZ), né en 1994 à Paris (FR), est un artiste visuel et cinéaste dont la pratique explore l’articulation des technologies au sein des métabolismes vivants et économiques. Son travail prend des formes variées au sein des médias temporels — installations, cinéma, sound design, apprentissage automatique. Diplômé de la Gerrit Rietveld Academie en 2018, il a ensuite été résident au Fresnoy – Studio national des arts contemporains de 2021 à 2023. Son travail a été exposé ou projeté dans diverses institutions culturelles, parmi lesquelles le Stedelijk Museum (Amsterdam), l’Institute of Contemporary Arts (Londres) ou encore l’Eye Filmmuseum (Amsterdam). Parallèlement à sa pratique artistique, il a co-curaté la première édition de REFRESH: Future-Proof en 2021. Son premier film, Memories of an Unborn Sun, a reçu le prix du Meilleur court métrage à Visions du Réel en 2024, et a été présenté — et récompensé — dans de nombreux festivals à travers le monde. En 2025, il reçoit le Prix Scam du Meilleur film expérimental. En collaboration avec Eliott Déchamboux, il a publié en 2019 son livre L’Europe c’est Deutshland quand tu rates là-bas tu es foutu mon frère, le reste c’est du fouma-fouma, aux éditions Jungle Books.
Inge Nabuurs, Erwin Vandoorn
Minor Modes of Multiple Muted Memories in Motion
Performance | mp4 | couleur | 10:32 | Pays-Bas, Portugal | 2025
In this performative video work, Nabuurs&VanDoorn collaborate with Timo Paris to activate the first eleven points of The Living Atlas — a psychogeographic walk through the hidden layers of Lisbon. Using movement as a method of mapping, the breaker interprets site-specific protocols derived from the Nabuurs&VanDoorn’s prior cartographic research. The choreography emerges from the tension between embodied memory and spatial constraint, tracing the invisible architectures beneath the modernist grid. As the body navigates thresholds, detours, and pauses, the city becomes both stage and score. This work marks the beginning of a kinetic archive—an atlas in motion—where performance, mapping, and urban poetics converge.
Nabuurs&VanDoorn is a Dutch artist duo working across performance, cartography and post-medium installations. Their practice constructs open situations in which participation functions as source material, meaning emerges collectively, not illustratively. Their work has a.o. been shown at Powerlong Art Center, Xiamen (2026), Sainsbury Centre, Norwich (2025), the Van Abbemuseum, Eindhoven (multiple years), Villa Empain, Brussels (2018), documenta 14, Kassel (2017), and the New Museum, New York (2008). Residencies include 18th Street Arts Center, Santa Monica (2026), Hangar, Lisbon (2025), VIR Viafarini, Milan (2019) and the Boghossian Foundation, Brussels (2018). Their work is held in the collections of M HKA Antwerp, the Mike Kelley Foundation for the Arts, the Van Abbemuseum and the Victoria & Albert Museum, London. Nabuurs&VanDoorn were twice nominated for the Follow Fluxus Award (2008, 2020).
Marylène Negro, NICOLAS LOSSON
HISTOIRE NATURELLE
Film expérimental | mov | couleur | 25:40 | France | 2024
Marylène Negro & Nicolas Losson HISTOIRE NATURELLE 25’40 couleur, sonore 2024 synopsis : "Je regarde les animaux de la grande galerie de l'évolution du musée national d'histoire naturelle. Leur fixité, l'intensité de leurs regards vides, tout à partir de là m'autorise à me taire, et que tout, me dis-je, finisse comme cela a commencé, dans un silence ininterprétable." L’Alligator albinos, Xavier Person Tout le film vient de là.
Le travail de Marylène Negro s'inscrit dans une recherche plastique dès les années 1990 avec plus de 50 films présentés en France et à l'étranger dans des galeries, centres d'art, musées, festivals cinéma : Centre Pompidou, Galeries Jennifer Flay, Martine Aboucaya (Paris), FRAC, Musée des Beaux-Arts (Rennes), New Museum (New York), Tate Modern (Londres), Cinémathèque Française, Cinéma des Cinéastes (Paris), Côté Court Festival (Pantin), IndieLisboa (Lisbonne), Anthology Film Archives (New York), Ciné Nouveau (Osaka)…
Arjuna Neuman
Promise
Doc. expérimental | 16mm | couleur | 2:30 | Canada, Allemagne | 2025
Quelle est la possibilité, la barbarie ou la folie de créer de l'art, de la poésie, des films alors qu'un génocide se déroule sous nos yeux ?
Arjuna Neuman est un artiste et écrivain. Il a présenté des expositions personnelles rétrospectives de mi-carrière au MACBA de Barcelone, au musée Munch d’Oslo, à la Belkin Gallery de Vancouver, et prochainement à la Kunsthalle Bern. Il a également signé des expositions personnelles à la Kunsthalle Wien, au CCA Glasgow, à The Showroom (Londres), à la TPW Gallery (Toronto), à la Whitechapel Gallery (Londres), à l’Istanbul Modern (Turquie), au MAAT (Portugal), entre beaucoup d’autres. Son travail a été présenté à la Berlin Biennale, à la Sharjah Biennial, à Bergen Assembly, à la 56? Biennale de Venise, à la Qalandia Biennial, à la Ural Industrial Biennial, à Hacer Noche au Mexique, ainsi que dans de nombreuses grandes expositions collectives. Ses films ont été sélectionnés dans des festivals tels que la Berlinale, Images Festival, Doclisboa ou Third Horizon. En 2024, il reçoit le Artist Moving Image Prize au Les Rencontres Internationales Festival ; la même année, il est résident à la Villa Aurora, après avoir été fellow au Flaherty Seminar en 2022. Ses œuvres figurent dans les collections de la Belkin Collection, du Collectors Circle de la Kunsthalle Bern, de l’IAC Lyon et de Platform UK. Une monographie à paraître lui est consacrée chez Archive Books. Comme écrivain, il a publié des essais dans Relief Press, Into the Pines Press, The Journal for New Writing, VIA Magazine, Concord, Art Voices, Flaunt, LEAP, Hearings et e-flux. Il est également le fondateur de Archive of Belonging, une plateforme et une ressource dédiée au soutien des migrants et des réfugiés.
James Newitt
Material em Bruto
Doc. expérimental | mov | couleur | 36:10 | Australie, Portugal | 2025
Material em Bruto (Raw Material) was filmed over a year in the Interior Douro region. Through testimonies from local communities, Material em Bruto reflects on different, at times conflicting, notions of value in relation to the landscape and how practices of cultivation, preservation and extraction benefit and impact the people who live there. Material em Bruto (Raw Material) pays particular attention to past, present and possible future, mining activity in the region, using the mine as a metaphor to explore ideas of what is contained but not immediately visible within the landscape. Lithium represents a new ‘promise’ of wealth, the white gold that threatens to divide communities and impact the local environment. Material em Bruto (Raw Material) ties to read that which is codified or concealed by carefully listening to testimonies from the local community and by paying close attention to the marks, maps and traces that are etched into the land. The film follows an investigative process of translation, one that is informed by the knowledge (both inherited and specialised) of local community and specifically people who work with geography, topography, archeology, agriculture and geology. This situated knowledge is transformed as local memories and stories coalesce into poetic, filmic form.
Born 1981, Hobart. Lives and works Hobart and Lisbon, Portugal. James is an Australian visual artist and filmmaker born in Tasmania and based in Lisbon, Portugal. His practice is research-orientated – bound to a process of public engagement, contextual and historic investigation. James has presented his work in solo and group exhibitions throughout Europe, Australia and in Asia over the last 20 years and has been awarded numerous grants, international residencies and awards in recognition of his work. He has exhibited in galleries, museums and film festivals including: Podroom Gallery (solo), Belgrade, Serbia, 2024; Galeria Boavista (solo), Lisbon, Portugal, 2023; The Edith Russ Haus for Media Art (solo), Oldenburg, Germany, 2023; the Samstag Museum of Art (solo), Adelaide, Australia, 2023; Porto Photography Bienal 2021 and 2025; Carpintarias de São Lázaro (solo), Lisbon, 2020; Appleton Cultural Association (solo), Lisbon, 2019; the Art Gallery of New South Wales, 2013 and 2019; Perth Revelation International Film Festival, 2019 and 2020; Contemporary Art Tasmania, 2007 and 2018 (solo); Tasmanian Museum and Art Gallery, 2011 (solo) and 2021; Centre for Contemporary Art, Glasgow, 2018; Ar Sólido, Lisbon, 2016; Carriageworks, Sydney, 2015; Lumiar Cite (solo), Lisbon, 2013; Queensland Art Gallery, 2012; the Museum of Contemporary Art, Sydney, 2010; the Gallery of Fine Arts (solo), Split, Croatia, 2010; and Rosalux (solo), Berlin, 2009 and 2010. James has lectured in Time Based Media, at the University of Tasmania, School of Creative Arts and has been a visiting professor at the City University of New York; Sound Image Culture, Brussels; and the Tromsø Art Academy, University of Tromsø, Norway. He has won several prizes including the Grant for Media Art of the Stiftung Niedersachsen at the Edith-Russ-Haus (2022); the Samstag International Visual Art Scholarship (2012); the Hobart City Art Prize (2011) and the Qantas Contemporary Art Award (2009).
Clara Nicolas, Léo GATINOT
Transalpin
Documentaire | 16mm | couleur | 21:18 | France | 2024
À la frontière franco-italienne, un tunnelier perce la montagne et assèche ruisseaux et fontaines sur son passage. Transalpin est une descente des sommets enneigés aux vallées où résonne la colère des villages.
Clara Nicolas et Léo Gatinot intègrent les départements Son et Image de la Fémis en 2020. Après avoir collaboré sur plusieurs fictions et documentaires, ils réalisent un film ensemble pour la première fois à l'occasion de leur projet de fin d'études, Transalpin.
Nemanja Nikolic
The Plot
Animation | 4k | couleur | 9:43 | Serbia, 0 | 2021
The Plot (2021, 9’43’’) is a sound film composed of approximately 5,000 drawings, created over a period of three years and animated frame by frame. The drawings reproduce fragments from Cold War–era films produced by major Western studios (USA, UK), rendered on pages from books, maps, and encyclopedias published in socialist Yugoslavia during the same period. While the cinematic images originate from Western popular culture, their drawn backgrounds consist of theoretical texts on socialism and cartographic documents depicting cities, borders, and territories of that time. During the Cold War, Yugoslavia occupied a unique position: despite being a socialist country, Hollywood films, television series, jazz, rock’n’roll, and Coca-Cola were widely present in everyday life. American cinema, as a dominant form of entertainment and ideological projection, shaped collective imagination, allowing Yugoslav audiences to dream the American dream within a non-American system. Growing up in the aftermath of this contradictory reality profoundly influenced my worldview. Through scenes of nightmares, pursuits, fear, and surveillance, the film unfolds as a surreal collage that exposes the entanglement of political, social, and cultural histories. Rather than offering a fixed conclusion, The Plot invites viewers to navigate multiple layers of meaning and experience.
Nemanja Nikoli? (b. 1987) graduated from the Faculty of Fine Arts in Belgrade, Department of Painting (2010), where he also completed his PhD (2019). He is currently Associate Professor at the same faculty and the initiator of U10 Art Space, an independent artist-run platform dedicated to supporting emerging contemporary artists. Since 2010, Nikoli? has held numerous solo exhibitions, including at the Cultural Center of Belgrade; Galerie Dix9 Hélène Lacharmoise, Paris; the Museum of Contemporary Art of Montenegro, Podgorica; ERD Gallery, Seoul; Rima Gallery, Belgrade and Kragujevac; B2 Gallery, Belgrade; and U10 Art Space. He has participated in many group exhibitions, notably at CaixaForum (Madrid and Barcelona), Kunsthal KadE (Amersfoort), Künstlerhaus (Vienna), the 56th, 57th, and 60th October Salon (Belgrade), the 20th Pan?evo Art Biennial, and the Cinémathèque Française (Paris). His awards include the Special Award of the 60th October Salon (2024), the Drawing Award of the Association of Fine Artists of Serbia (2021), and the Vladimir Veli?kovi? Foundation Drawing Award (2011). His works are included in several international public and private collections. He lives and works in Belgrade.
Lisette Olsthoorn
Ghost Workers
Doc. expérimental | 4k | couleur | 26:23 | Pays-Bas | 2024
Ghost Workers is a cinematic research project into the people conducting the often hidden labor necessary to make artificial intelligence work. Working from home, not being recognized as a worker by the platforms that they work for and being misunderstood by family and friends all together creates strong feelings of isolation. Therefore, the filmmaker invited six workers from across Europe to share their work experiences with her and with each other. Focusing on the theme of isolation and recognition as a 'real worker,' the film engages in a collective conversation about this type of work.
Lisette Olsthoorn got her BA in writing and visual arts at Gerrit Rietveld Academy, followed by an MA at Dutch Film Academy (both Amsterdam). She gained script development skills from Binger Institute (Amsterdam) and Franz Rodenkirchen (Berlin) and worked as a script supervisor for renowned Dutch film directors Nanouk Leopold and Paula van der Oest. Her work concerns hybrid film and inventive research. Being intrigued by everyday speech and gesture, her work often evolves around staging seemingly random interactions between people, revealing layers of common experiences and political tensions. For her re-enactments she works both with the persons the speech and experiences originated from as well as occasionally with actors, yet always staying close to the reality she has drawn from. For her cinematic research into precarious labour titled Fantasies on how to Strike she was a 2022 participant at SIC SoundImageCulture (Brussels). The first film made as part of this ongoing project was exhibited and acquired by the Zeeuws Museum (Middelburg, NL). In 2023 she was invited by Erasmus University (Rotterdam) to conduct cinematic research on the topic of ghostwork. From 2024 she is collaborating with editor Kersti Grunditz Brennan (LUCA School of Arts, Brussels, BE) for In This Together, her film on Uber cab drivers. In 2025 / 2026 she is a participant of ReCENTR Europa Lab (Leiden University, KU Leuven, Bologna University) on multimodal research practices. From 2026 she conducts PhD research on collaborative film practices titled Cinematic explorations at work (LUCA School of Arts / KU Leuven, BE).
Uriel Orlow
Forest Futures
Film expérimental | 4k | couleur | 28:0 | Suisse, Italie | 2024
Forest Futures est un film poétique et stimulant qui visite les écosystèmes forestiers anciens de la Terre, imagine les forêts du futur face au changement climatique et montre la forêt comme une école multi-espèces où les enfants pratiquent une co-existence plus-qu’humaine. Forest Futures explore la forêt comme un lieu du temps profond, de transformation écologique et d’apprentissage interespèces. Situé dans la région montagneuse du Tyrol du Sud, le film retrace un voyage depuis des forêts fossilisées anciennes, qui prospéraient il y a plus de 280 millions d’années, jusqu’à des visions spéculatives de forêts futures dans un monde en réchauffement rapide. Combinant recherche scientifique et récit imaginaire, le film réinvente la forêt à la fois comme enseignante et comme protagoniste.
Uriel Orlow est un artiste suisse qui vit et travaille entre Lisbonne, Londres et Zurich. En 2023, il a reçu le prestigieux Prix Meret Oppenheim / Grand Prix suisse d’art. Le travail d’Orlow est largement présenté dans des expositions internationales majeures, notamment à la Triennale de Dunkerque, à la Biennale de Kochi, à la 12e Biennale de Berlin pour l’art contemporain, à la Triennale de Katmandou, à Manifesta 12 à Palerme, à la 2e Biennale de Yinchuan, à la 13e Biennale de Sharjah, à la 7e Biennale de Moscou, à EVA International (Limerick), à la 2e Triennale d’Aichi (Nagoya), à Bergen Assembly, à Manifesta 9, à la 54e Biennale de Venise, entre autres. Ses expositions personnelles récentes incluent la Galeria Avenida da Índia à Lisbonne (2025) ; le MCBA à Lausanne (2024) ; la Casa da Cerca à Almada (2022) ; la Kunsthalle Nairs à Scuol (2021) ; La Loge à Bruxelles (2020) ; la Kunsthalle Mainz en Allemagne (2020) ; le Centre d’art de Privas (2019) ; Les Laboratoires d’Aubervilliers à Paris (2018) ; Market Photo Workshop & Pool à Johannesburg (2018) ; la Kunsthalle St. Gallen (2018), entre nombreuses autres. Les films d’Orlow ont été projetés au Tate Modern (Londres) ; au Festival international du court métrage d’Oberhausen ; sur Tank.tv ; à la Whitechapel Gallery (Londres) ; au Festival du film de Locarno ; à la Videonale du Kunstmuseum Bonn ; au BFI London ; sur le BBC Big Screen à Manchester ; à l’Arnolfini (Bristol) ; à l’Espace Croisé, CAC Roubaix ; ainsi qu’à la Biennale de l’Image en Mouvement à Genève, entre autres.
Yana Osman, Anton Khamchishkin
Pwéra úsog
Doc. expérimental | mov | couleur et n&b | 19:50 | Afghanistan, Russie | 2025
En 1945, à Paris, est fondée la Fédération démocratique internationale des femmes (FDIF). Selon l’historienne Francisca de Haan, il s’agit alors de « la plus grande, et probablement la plus influente organisation internationale de femmes de l’après-Seconde Guerre mondiale ». Aujourd’hui encore, son héritage fait débat. Certains chercheurs, s’appuyant sur des rapports du FBI et du House Un-American Activities Committee, décrivent la FDIF comme une tentative communiste de manipuler les femmes. D’autres y voient un mouvement engagé pour les droits des femmes, et des chercheuses comme Elizabeth Armstrong soulignent son rôle dans les luttes anticoloniales et antiracistes menées par des femmes en Asie, en Afrique et en Amérique latine. En 1987, à l’époque de la perestroïka, la FDIF organise à Moscou le Congrès mondial des femmes, sous le slogan : « Vers l’an 2000 — Sans armes nucléaires ! Pour la paix, l’égalité, le développement ! » L’événement réunit 2 800 femmes venues de 150 pays. Parmi elles se trouve la grand-mère de la protagoniste, interprète qui consignait les mots surgissant de conversations venues du monde entier — des mots sans équivalents dans d’autres langues. En revisitant ses notes, des archives filmées et les lieux des délégations officielles, la protagoniste suit ces fragments jusqu’à une question : quels mots peuvent saisir le présent, lorsque le langage lui-même se dérobe, se dissout, et que des slogans empruntés étouffent peu à peu sa propre voix ?
Yana Osman, Anton Khamchishkin (Afghanistan, Russie) — artistes et cinéastes. Leur travail explore les zones manquantes du récit, comblant les non-dits et révélant des narrations en suspens entre réel et imaginaire, faits et spéculations. Leurs films ont été sélectionnés au Hong Kong Film Festival, à DOK Leipzig, à Slamdance, aux Rencontres Internationales Paris/Berlin, et ont bénéficié du soutien du CNC, de la Cité internationale des arts, d’Usage du Monde au 21ème siècle, de l’Institut français, entre autres
Jurgen Ostarhild
KIRCHE, KIPPI, KOMA
Documentaire | super8 | couleur | 7:0 | Allemagne, 0 | 1990
KIRCHE, KIPPI, KOMA (drunken camera vs. drunken lantern) A super-8 film of a mock crucifixion with MARTIN KIPPENBERGER as CHRIST. The social liaison of alcohol and christianity; the proximity is not just territorial. Shot in Umhauen, Austria, 1990. Transferred to video and edited in 2010. soundtrack provided by ACHIM KUBINSKI: LA PASION SEGUN SAN MATEO by J.S. BACH. JURGEN OSTARHILD, 7 min. The soundtrack is LA PASION SEGUN SAN MATEO -J.S. BACH, is reference to the crucifying scene in a beer tent. At the time KIPPENBERGER was working in Austria on the "FERD THE FROG" sculptures (crucifyed frog with beermug). Drunken lamp vs. drunken camera is a reference to the DRUNKEN LAMP sculpture appearing between crossing lines of the beer tent.
Jurgen Ostarhild, born in Überlingen, Germany was self-taught as a photographer and recognised as an artist by the Verband bildender Künstler, Baden-Württemberg in 1981. Since 1984, he worked internationally as a photographer before settling in Paris for 20 years until 2013. Jurgen Ostarhild gained commercial acclaim photographing editorials, celebrities and advertising for international brands, such as Levis, Adidas, L’Oréal and magazines like ID, Jalouse, Wad, Paper Sunday Times, In 1995, Ostarhild became one of the pioneers of Photoshop and was successful with his colour and object manipulation. This experimentation found expression in visual art work, which questions the essence of photography and the photographer-subject-technology relationship in the digital age. Although the logic of Ostarhild’s work, which lies in creating a technical image of reality by pushing a trigger, has always remained the same, in the last decade, the computer has become his image producing machine of choice. Today’s reality largely consists of algorithms and code. Ostarhild produces minimal, graphic text, color and screen work which explores the boundaries of direct visual language in the post-photographic landscape. He deconstructs color by showing it as code itself, which brings on a new level of reality, resulting from the process of digitalisation.