Programme Berlin 2026
Evénements spéciaux
silent green Kulturquartier | Betonhalle
Gerichtstrasse 35, 13347 Berlin / Métro: station Wedding, U-Bahn ligne U6 / S-Bahn lignes S41, S42, S46
Entrée libre
Cartes blanches, séances spéciales, performance, table ronde
Au fil de ces trois jours, sept séances dessinent les lignes de force de cette édition berlinoise. La soirée inaugurale s'ouvre sur un dialogue entre image et performance, révélant une géométrie sensible du paysages et de notre regard. Le samedi déploie une cartographie des questionnements contemporains — d'une table ronde interrogeant l'avenir des lieux culturels, aux champs toxiques de l'abondance , jusqu'à la mélancolie obstinée de nos aspirations communes de liberté. Le dimanche, la carte blanche à Albert Serra ouvre l'espace d'un cinéma libre et hypnotique, avant que la séance de clôture ne propose, comme une utopie, une dernière traversée. Sept rendez-vous comme autant d'articulations de cette édition 2026, à découvrir tour à tour ou dans la continuité.
Ouverture
silent green Kulturquartier | Betonhalle | Cinéma 1
Gerichtstrasse 35, 13347 Berlin / Métro: station Wedding, U-Bahn ligne U6 / S-Bahn lignes S41, S42, S46
Entrée libre
Séance inaugurale - à 18h30 et à 20h
Une magnifique séance de Projection surprise, avec 5 films rares projetés en première allemande, à 18h30 pour les premiers, et à 20h pour les autres. Bienvenue à l'édition Berlin 2026 !
Performance + Projection
silent green Kulturquartier | Betonhalle | Cinéma 1
Gerichtstrasse 35, 13347 Berlin / Métro: station Wedding, U-Bahn ligne U6 / S-Bahn lignes S41, S42, S46
Entrée libre
"Géométrie du paysage"
Une performance AV exceptionnelle suivie d'une séance thématique – vidéos expérimentales, formes hybrides et multimédias.
En référence à Donna Haraway qui dans « Staying with the Trouble » réfléchit à la manière dont les idées, les êtres et les mondes sont reliés entre eux, le duo TraumaZone explore les possibilités de coexistence entre humains et non-humains. La performance «Strings» se compose d’images et de sons produits en direct et préenregistrés, notamment réalisés à partir du rayonnement électromagnétique de panneaux solaires et d’ondes radio.
Traumazone : Strings - Concert multimédia | mov | couleur | 19:35 | Allemagne | 2025
Traumazone
Strings
Concert multimédia | mov | couleur | 19:35 | Allemagne | 2025
Project Strings est une performance audiovisuelle en direct et un essai vidéo du duo artistique TraumaZone. Le projet s’appuie sur le livre Staying with the Trouble de Donna Haraway, où l’autrice réfléchit à la manière dont idées, êtres et mondes s’entrelacent comme les fils du jeu de la ficelle (Cat’s cradle). Partant de ces jeux de ficelles comme principe central, Strings aborde les notions de coexistence entre humains et non-humains au sein d’un même système social. Au fil du récit, la grille solide des connexions se dissout progressivement, laissant émerger la fluidité comme principe fondamental de coopération. La performance conjugue des visuels réactifs — en direct et préenregistrés — et un dispositif sonore live incluant une boucle de 20 secondes issue des radiations électromagnétiques émises par un panneau solaire, combinée à des fragments d’émissions AM enregistrées lors d’une résidence artistique en milieu rural bavarois. L’essai vidéo propose une version condensée du matériau, avec un rythme narratif plus énergique. Project Strings invite le public dans un paysage méditatif où sons et images œuvrent de concert à défaire les structures rigides et à embrasser des modes d’existence plus fluides et interdépendants.
TraumaZone est un duo de live-coding basé à Berlin, composé de Ksenia Sova, artiste vidéo, et de Fyodor Stepanov, designer sonore. Leur démarche vise avant tout à politiser la communauté artistique en mettant en lumière des questions essentielles et en créant un espace sûr pour la discussion. Ksenia Sova (they/them) est une artiste média basée en Allemagne. Iel a étudié l’art médiatique à l’Académie des beaux-arts de Leipzig. Son travail s’intéresse particulièrement aux expériences d’aliénation, d’isolement et d’anxiété vécues par un corps queer au sein d’environnements numériques. Iel recourt à une approche du cinéma élargi pour créer des œuvres temporelles présentées lors d’expositions individuelles ou collectives. Fyodor Stepanov (he/they) est un artiste sonore et compositeur basé à Berlin. Il se spécialise dans les œuvres électroacoustiques destinées aux installations interactives, aux performances audiovisuelles et à la vidéo. Sa pratique est portée par les notions de transience, de non-linéarité et d’ambiguïté inhérentes au sonore. L’approche qu’il a développée au cours de la dernière décennie combine algorithmes génératifs, fragments de radiodiffusion, enregistrements de terrain et écoute électromagnétique pour produire des paysages acousmatiques étranges, évoluant lentement sur de longues durées.
La performance est suivie d’une séance courte de projection, avec les œuvres suivantes :
Driessens & Verstappen : E-volved Formulae - Installation multimédia | 4k | noir et blanc | 10:1 | Pays-Bas | 2024
Driessens & Verstappen
E-volved Formulae
Installation multimédia | 4k | noir et blanc | 10:1 | Pays-Bas | 2024
Le logiciel de génération d’images Formulae E-volver est développé par les artistes. Les éléments constitutifs du programme sont toutes sortes d’opérateurs mathématiques de base. À partir de ces éléments, l’ordinateur peut composer une infinité de formules valides. À chaque itération, un petit ensemble de formules est généré puis visualisé à l’écran. Le spectateur compare ces images animées entre elles et les évalue. En retour, le logiciel tient compte de ces évaluations lorsqu’il compose de nouvelles formules. Les formules affichées longtemps à l’écran ont davantage de chances de se croiser, permettant à leurs propriétés visuelles d’être mélangées puis transmises aux générations suivantes. Le processus commence par une « soupe primordiale » qui produit des images relativement simples. Sur la base des préférences personnelles de l’utilisateur, ce système évolue progressivement vers des animations complexes et intrigantes. Les résultats finaux, les E-volved Formulae, sont enregistrés puis affichés sur un grand écran ou projetés. Ils révèlent la grande variété d’images issues de ces processus évolutifs successifs.
Le couple d’artistes basé à Amsterdam, Erwin Driessens (1963, Wessem) et Maria Verstappen (1964, Someren), travaille ensemble depuis 1990. Après leurs études à l’Académie des beaux-arts de Maastricht puis à la Rijksakademie d’Amsterdam, ils ont développé conjointement un œuvre multiforme composé de logiciels, de machines et d’objets. Leur recherche porte sur les possibilités qu’offrent les algorithmes physiques, biologiques et informatiques pour la génération d’images. Une source d’inspiration essentielle réside dans les processus auto-organisés observables dans la nature. Dans la série Morphoteques (collections de formes), ils mettent en évidence les variations formelles pouvant émerger d’un processus génératif spécifique. Dans d’autres travaux, les transformations de formes sont produites en temps réel à l’aide d’une machine. Dans leurs projets logiciels et d’intelligence artificielle, ils développent une nature artificielle se déployant sous d’innombrables variations. Driessens & Verstappen ont participé à de nombreuses expositions aux Pays-Bas et à l’étranger, notamment au Stedelijk Museum d’Amsterdam, au Museum Boijmans Van Beuningen de Rotterdam, au Centre Pompidou (Paris), à l’IVAM Institut de Valence, au musée Kröller-Müller (Arnhem), au Garage Museum (Moscou), au CaixaForum (Barcelone) et à Eyebeam (New York). Le duo donne régulièrement des conférences et présentations dans des universités, écoles d’art, festivals et symposiums, parmi lesquels Siggraph Los Angeles, Sonic Acts Amsterdam ou encore Second Iteration Melbourne. En 1999 et 2001, leurs projets de robots Tickle ont reçu le premier prix au concours VIDA Telefónica de Madrid. En 2013, ils ont reçu le prix Witteveen+Bos Art+Technology pour l’ensemble de leur œuvre. Les artistes sont représentés par la galerie DAM à Berlin.
Andro Eradze : Flowering And Fading - Vidéo expérimentale | 4k | couleur | 16:22 | Georgie, Italie | 2024
Andro Eradze
Flowering And Fading
Vidéo expérimentale | 4k | couleur | 16:22 | Georgie, Italie | 2024
Un chien et un humain partagent leur sommeil dans le clair-obscur d’une maison tranquille. Soudain, les contours du réel commencent à se brouiller, et peu à peu, le rêve et la fantaisie prennent le dessus. Dans son nouveau travail, Andro Eradze façonne une vision renouvelée du surréalisme, où une composition d’image impeccable et un travail sonore saisissant frappent directement l’inconscient, plongeant les sens dans un océan de beauté absolue.
Andro Eradze (né en 1993, Tbilissi, Géorgie) est un artiste et cinéaste dont la pratique pluridisciplinaire explore les intersections entre présence, mémoire et spectralité. À travers la photographie, l’installation, la vidéo et le cinéma expérimental, Eradze examine l’agency des entités non humaines au sein de paysages où les frontières entre expériences humaines et non humaines se brouillent. Ses projets convoquent souvent des espaces liminaux, explorant les gestes inattendus et les relations subtiles entre objets, plantes et animaux. Il a participé à plusieurs expositions personnelles et collectives ainsi qu’à des projections dans des institutions internationales telles que MoMA PS1 (New York), la 59e Biennale de Venise, The New Museum (New York), WIELS (Bruxelles), GAMeC (Bergame), la 22e Biennale Sesc_Videobrasil (São Paulo), la 14e Biennale de Kaunas (Lituanie), et la Fondation Vincent van Gogh Arles.
Sebastián Diaz Morales : One Glass Eye Melting - Vidéo expérimentale | mov | couleur | 13:0 | Argentine, Pays-Bas | 0
Sebastián Diaz Morales
One Glass Eye Melting
Vidéo expérimentale | mov | couleur | 13:0 | Argentine, Pays-Bas | 0
One Glass Eye Melting convoque l’imaginaire collectif de la dystopie pour le réarticuler en quête de nouvelles possibilités. En très gros plan, un œil en rotation fixe le spectateur, sa pupille reflétant un montage de désastres — guerre, catastrophes naturelles, accidents du quotidien — juxtaposés à des scènes de régénération : vie microbienne, expansion cosmique, évolution technologique. Tourné dans la rudesse d’un plan unique, avec un minimum de postproduction, l’œil devient à la fois miroir et « conteneur de mémoire » fracturé, perturbé par les glitches, les rayures, le bruit analogique et numérique. L’œuvre interroge l’acte de regarder lui-même, transformant le réel en quelque chose de surréel, mais étrangement familier. Tandis que l’œil accomplit une rotation complète à 360 degrés, le reflet dans la pupille demeure fixe, ancrant le chaos et le renouveau comme des forces cycliques et interdépendantes. One Glass Eye Melting reformule le désastre comme inséparable de la renaissance, suggérant que l’effondrement porte en lui la possibilité de réinventer — et de reconstruire — nos récits. Plutôt que de rejouer sans cesse la catastrophe, l’œuvre demande : que faisons-nous de ces images du désastre ? L’œuvre convoque ainsi l’imaginaire dystopique pour en redistribuer les motifs, à la recherche de possibles encore inexplorés. Elle fait partie de la série Bajo el cielo cayendo (Sous le ciel en chute), qui explore la tension entre catastrophe systémique et fragile espérance.
Sebastián Díaz Morales est né en 1975 à Comodoro Rivadavia, en Argentine, et vit et travaille à Amsterdam. Il a étudié à la Universidad del Cine de Antín en Argentine (1993–1999), à la Rijksakademie van Beeldende Kunsten à Amsterdam (2000–2001) et au Fresnoy – Studio national des arts contemporains à Roubaix (2003–2004). L’examen que Díaz Morales mène sur la perception et la réalité repose sur l’idée que la réalité elle-même est, par nature, hautement fictionnelle. Ainsi, ses films ne transportent pas simplement le spectateur dans un ailleurs surréel ou fantasmagorique : ils dépouillent la réalité de sa familiarité, la déforment, la font apparaître comme autre. Chez Díaz Morales, l’imagination du spectateur ne fonctionne pas comme un simple contrepoint au réel. Elle agit plutôt comme une force capable d’évoquer l’espace et de le produire diégétiquement, une force qui, au-delà de l’impression visuelle directe, comble les lacunes de la vision et, au fil du film, révèle progressivement au spectateur la construction de ce que nous appelons « réalité ». Celle-ci se présente comme un phantasme, quelque chose qui échappe toujours à sa définition par les images — toujours « un peu en avance » sur l’image et sur le regard. Son œuvre a été largement exposée, notamment à la Tate Modern (Londres), au Centre Pompidou, au Stedelijk Museum et à De Appel (Amsterdam), au Fresnoy (Roubaix), au CAC (Vilnius), à Art in General (New York), au Ludwig Museum (Budapest), à la Biennale de São Paulo, à la Biennale de Sydney, à la Fondation Miró (Barcelone), au MUDAM (Luxembourg), à la Fondation Calouste Gulbenkian (Lisbonne), ainsi qu’à la Biennale de Venise et à Documenta Fifteen.
Jan Locus : Intruders - Film expérimental | 0 | noir et blanc | 6:5 | Belgique | 2025
Jan Locus
Intruders
Film expérimental | 0 | noir et blanc | 6:5 | Belgique | 2025
Intruders explore la frontière entre science-fiction et réalité, en interrogeant les thèmes de la colonisation inversée, de l’écologie et de l’impact humain sur l’environnement. Le film propose une réflexion introspective sur la fascination — et la peur — que l’Occident nourrit à l’égard d’entités extraterrestres. Dans un long panoramique, des paysages montagneux et des images brumeuses d’animaux apparaissent de manière éthérée, presque spectrale. Locus n’utilise pas d’images filmées au sens classique, mais des vidéos de chasse trouvées en ligne et des photographies noir et blanc d’observations d’OVNI des années 1950 et 1960. Bien que ces images trahissent leur origine par leur texture granuleuse, l’artiste a retiré les OVNI afin de fondre les paysages restants en un ensemble continu. Le phénomène de morts animales inexpliquées, souvent associé aux témoignages d’OVNI, devient ici une métaphore de l’influence humaine sur la nature. Locus mêle photographie et vidéo pour construire un récit complexe qui insiste sur l’ambiguïté entre réalité et fiction. Le film réfléchit aux « intrus » dans la nature, s’inspirant de visions dystopiques du futur, et invite le spectateur à considérer les relations complexes — et souvent troublantes — entre humains, technologies et milieux naturels.
Déployant son travail entre film, photographie et son, il aborde souvent le paysage comme un outil de construction des identités nationales et sociales, en se concentrant sur des environnements transformés par l’extraction et l’industrialisation. Dans sa dernière œuvre, il explore la tension entre found footage, photographie fixe et image en mouvement, soulignant l’ambiguïté de notre perception du réel et de la fiction. Ses films ont été présentés dans de nombreux festivals internationaux, notamment l’International Film Festival Rotterdam (IFFR), le Festival international du court métrage d’Oberhausen, les Rencontres Internationales Paris/Berlin, Le FIFA – Festival international du film sur l’art (Montréal), Kasseler Dokfest, Asolo Art Film Festival, Stuttgarter Filmwinter, CROSSROADS Film Festival (San Francisco), ANTIMATTER Media Art (Victoria), Festival ECRÃ (Rio de Janeiro), PROYECTOR Plataforma de Videoarte (Madrid), SPLIT Film Festival, ONION CITY Experimental Film Festival (Chicago), BISFF Beijing International Short Film Festival, et Flight / Mostra Internazionale del Cinema di Genova, entre autres. Locus vit et travaille à Bruxelles.
Melanie Manchot : Line Of Sight (the Tower) - Vidéo | 4k | couleur | 12:7 | Allemagne, Suisse | 2025
Melanie Manchot
Line Of Sight (The Tower)
Vidéo | 4k | couleur | 12:7 | Allemagne, Suisse | 2025
Tournée dans une tour de télécommunications désaffectée, autrefois abritant des équipements militaires secrets, cette œuvre prolonge mon enquête sur les montagnes et leurs architectures en tant qu’espaces d’enchevêtrements entre humains et milieux naturels. Elle revient plus précisément encore au village alpin d’Engelberg, où je réalise des travaux depuis 2010. Dans Line of Sight, la caméra explore une structure désertée, un espace laissé derrière. Comme si chacun avait quitté les lieux en plein geste, les environnements portent les traces d’une vie passée, depuis longtemps disparue. À l’intérieur comme à l’extérieur, la caméra observe cette architecture déroutante au fil de longs panoramiques et travellings, jusqu’à un moment d’envol qui dévoile la structure — comme flottant dans l’espace. Lorsque la tour était en fonction, elle assurait de multiples usages, notamment celui d’abri et de refuge durant les tempêtes. Une pièce remplie de vieux matelas témoigne de ces moments de danger. Le titre Line of Sight renvoie à ces tours perchées au sommet des montagnes, se faisant face à distance et permettant d’anciennes formes de communication. Avec l’évolution technologique, ces tours sont désormais des dinosaures : solitaires, obsolètes, devenant ainsi des symboles d’endurance, de résistance et de modes d’échange révolus. En 2025, cette tour est en cours de transformation en un espace dédié au « divertissement de montagne » — accentuant la dichotomie d’industries alpines qui ne cessent d’accroître la fréquentation des sommets et des glaciers, contribuant de fait à l’accélération du changement climatique.
Artiste visuelle et cinéaste basée à Londres, Melanie Manchot utilise la photographie, le film, la vidéo et le son pour mener des enquêtes approfondies sur nos identités individuelles et collectives. Son travail interroge et mobilise des actes de soin, de résistance et de communalité afin d’engager les urgences sociales et politiques de nos sociétés. Ses films explorent des formes innovantes de narration, portés par une compréhension aiguë du pouvoir du cinéma à traiter des enjeux cruciaux et à produire un impact profond. Toutes ses œuvres filmées reposent sur une recherche ancrée dans des lieux spécifiques, et les paysages montagneux constituent un motif récurrent permettant d’aborder la fragilité des environnements dont nous avons la charge. Les œuvres de Manchot ont été présentées dans des expositions en musées et galeries à l’international, et elle prépare actuellement une vaste exposition personnelle au Royaume-Uni pour le début de l’année 2026. Son premier long métrage, STEPHEN, commandé par la Liverpool Biennial, aborde le jeu d’argent, les addictions, la guérison et la santé mentale à travers une articulation entre fiction narrative et documentaire. Distribué en salles par Modern Film en 2024, il continue d’être présenté en exposition sous forme d’installation multi-écrans. Manchot travaille actuellement à son deuxième film, Self Storage, tandis qu’un autre long métrage – un hybride fiction/documentaire intitulé One Day As A Tiger, est en développement.

Forum
silent green Kulturquartier | Betonhalle | Cinéma 2
Gerichtstrasse 35, 13347 Berlin / Métro: station Wedding, U-Bahn ligne U6 / S-Bahn lignes S41, S42, S46
Entrée libre
Table ronde
"Les musées et les centres d'art contemporains vont-ils disparaître ?"
Séance spéciale
silent green Kulturquartier | Betonhalle | Cinéma 1
Gerichtstrasse 35, 13347 Berlin / Métro: station Wedding, U-Bahn ligne U6 / S-Bahn lignes S41, S42, S46
Entrée libre
"Les champs toxiques de l'abondance"
Lukas Marxt, Vanja Smiljanic : Among The Palms The Bomb Or: Looking For Reflections In The Toxic Field Of Plenty - Doc. expérimental | mov | couleur | 85:0 | Autriche, Allemagne | 2024
Lukas Marxt, Vanja Smiljanic
AMONG THE PALMS THE BOMB or: Looking for reflections in the toxic field of plenty
Doc. expérimental | mov | couleur | 85:0 | Autriche, Allemagne | 2024
La mer de Salton, dans le sud de la Californie, est un écosystème unique. En seulement quatre ans, son niveau d’eau a baissé d’un bon demi-mètre ; avec une profondeur maximale de dix mètres, on peut aisément calculer le moment où elle devrait se retrouver à sec. Et cela ne concerne encore que l’aspect global, lié au réchauffement climatique et aux modifications du climat local. La Salton Sea est également singulière parce que les États-Unis y ont testé de nombreuses bombes atomiques durant les phases finales de la Seconde Guerre mondiale et de la guerre froide — d’abord en préparation des bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki, puis comme entraînement pour des missions qui, fort heureusement, n’ont jamais eu lieu. Dans AMONG THE PALMS THE BOMB, Lukas Marxt et Vanja Smiljani? s’intéressent particulièrement à cet aspect de l’histoire régionale. Le film commence dans l’Utah, d’où décollaient les avions avant de trouver leur cible dans la zone supposément isolée autour de la Salton Sea. À Wendover, un musée expose notamment des maquettes de « Fat Man » et « Little Boy », les deux seules bombes atomiques jamais utilisées en temps de guerre, ainsi qu’une fosse de chargement où les avions étaient équipés — un dispositif auquel Marxt a d’ailleurs consacré un court film en 2019. Depuis de nombreuses années, il étudie la situation du sud de la Californie, que l’on peut, à bien des égards, qualifier d’extrême. L’agriculture intensive, fondée de manière radicale sur les monocultures, a tout submergé. Marxt et Smiljani? découvrent qu’une alliance s’est formée dans ce contexte : des travailleurs agricoles sans papiers venus d’Amérique latine trouvent refuge dans les réserves amérindiennes. AMONG THE PALMS THE BOMB donne la parole à des experts locaux qui éclairent le paysage et son histoire ; le réalisateur recherche également des voix discordantes, notamment au sein de la tribu des Torres Martinez Desert Cahuilla Indians, victimes d’un génocide au XIX? siècle. Leurs descendants se souviennent du temps où nombre de plantes aux pouvoirs curatifs — et indissociables d’une vie en symbiose avec la nature — poussaient autour des eaux salées de la Salton Sea. Aujourd’hui, la région appartient aux buissons salins, et sous la surface sommeille l’uranium d’une guerre froide sur le point de ressurgir. « Des temps effrayants », dit quelqu’un. (Bert Rebhandl)
Lukas Marxt (*1983, Autriche) est un artiste et cinéaste vivant et travaillant entre Cologne et Graz. Son intérêt pour le dialogue entre l’existence humaine et géologique, ainsi que pour l’impact de l’activité humaine sur la nature, s’est d’abord développé au cours de ses études de géographie et de sciences environnementales à l’Université de Graz, avant de se poursuivre dans ses études audiovisuelles à l’Université d’art de Linz. Il a obtenu un MFA à la Kunsthochschule für Medien Köln et a suivi le programme postgrade de l’Académie des beaux-arts de Leipzig. Marxt partage sa recherche aussi bien dans le champ des arts visuels que dans le contexte cinématographique. Ses œuvres ont été présentées dans de nombreuses expositions personnelles et collectives, parmi lesquelles le Torrance Art Museum (Los Angeles, 2018), la Biennale de la peinture au Museum Dhondt-Dhaenens (Belgique, 2018) et le Museum of Modern and Contemporary Art de Rijeka (Croatie, 2018). Ses films ont été montrés dans de nombreux festivals internationaux, notamment la Berlinale (Allemagne, 2017 et 2018), Curtas Vila do Conde (Portugal, 2018), ainsi qu’au Festival international du film de Gijón, où il a reçu le prix Principado de Asturias du meilleur court métrage (Espagne, 2018). Depuis 2017, Marxt a passé de longues périodes dans le sud de la Californie, où il étudie les structures écologiques et sociopolitiques entourant la Salton Sea. Vanja Smiljani? (Belgrade, 1986) est une artiste visuelle et performeuse vivant et travaillant entre Lisbonne et Cologne. Elle a suivi le programme post-master en recherche artistique à A.pass, Bruxelles (2015), a obtenu un MFA au Dutch Art Institute (DAI), Arnhem (2012), ainsi qu’à la Kunsthochschule für Medien Köln (2019), et est diplômée en arts plastiques de la Faculdade de Belas Artes de Lisboa (2009). Dans sa pratique, elle recourt souvent au modèle de la performance-conférence pour relier des univers fictifs et expérientiels, mêlant dispositifs techniques, diagrammes et sculptures sci-fi povera. En connectant des systèmes de réalité a priori incomparables, le travail de Vanja met en lumière la fabrication des idéologies comme régimes aliénés, en utilisant son propre corps comme vecteur de narration, oscillant fréquemment entre les positions d’oracle et de conteuse.

Lukas Marxt et Vanja Smiljanić explorent le Salton Sea – le plus grand lac de Californie, dans une situation d’effondrement écologique –, et filment la communauté alentour qui lutte pour survivre dans cette réalité dystopique. Le film entrecroise les récits du pouvoir qui a façonné l’histoire, avec ceux des communautés tribales dont l’histoire a été effacée au fil du temps – entre les souvenirs du génocide des tribus amérindiennes, les essais militaires de bombes atomiques du projet Manhattan dans les années 40, et l’agriculture intensive qui entraîne la mort de la faune et de la flore.
Séance spéciale
silent green Kulturquartier | Betonhalle | Cinéma 1
Gerichtstrasse 35, 13347 Berlin / Métro: station Wedding, U-Bahn ligne U6 / S-Bahn lignes S41, S42, S46
Entrée libre
"La mélancolie des oiseaux"
Christoph Girardet : One Hundred Years Later - Film expérimental | mov | noir et blanc | 7:55 | Allemagne | 2025
Christoph Girardet
One Hundred Years Later
Film expérimental | mov | noir et blanc | 7:55 | Allemagne | 2025
En 1939, une seconde équipe, avec une doublure et des figurants, a tourné des scènes pour le classique hollywoodien Mr. Smith Goes to Washington au Lincoln Memorial. La succession de longues séquences éliminées du montage final sape la narration cinématographique classique : l’intrigue ne semble pas avancer. L’architecture néoclassique demeure le décor d’un rituel récurrent et troublant, dans lequel le protagoniste se perd.
Christoph Girardet, né en 1966, est un artiste vidéo et cinéaste allemand. Son travail prend pour matière à la fois des images trouvées par hasard et d’autres issues de recherches approfondies dans les archives de l’histoire du cinéma. Par le montage, les ellipses et les répétitions, il met au jour les structures profondes et les mécanismes internes de la réalité filmique représentée. Au-delà de l’analyse du matériau et de ses clichés, son œuvre explore en essence un état mélancolique d’absence, construisant ainsi un monde visuel singulier. De 1988 à 1994, Girardet étudie les arts visuels à la Hochschule für Bildende Künste de Braunschweig, dans la classe cinéma de Birgit Hein. Depuis 1989, il réalise films, vidéos et installations vidéo — parfois en collaboration avec l’artiste vidéo Volker Schreiner (1994–2004), et plus fréquemment avec le cinéaste Matthias Müller (depuis 1999). Girardet a participé à de nombreuses expositions collectives, notamment au Stedelijk Van Abbemuseum d’Eindhoven, au MoMA PS1 à New York, au Palais de Tokyo à Paris, au Hirshhorn Museum de Washington et à l’Eye Filmmuseum d’Amsterdam. Il a également bénéficié d’expositions personnelles dans des institutions telles que FACT (Liverpool), le Kunstverein Hannover ou West (La Haye). Ses œuvres ont été présentées dans les grands festivals internationaux — Cannes, Venise, Berlin, Toronto, Locarno, Oberhausen ou Rotterdam — et figurent dans des collections publiques et privées. Il a reçu de nombreuses distinctions, dont une bourse pour le programme International Studio and Curatorial Program à New York (2000) et une résidence à la Villa Massimo à Rome (2004). Il vit et travaille à Hanovre, en Allemagne.
Carlos Irijalba : Wanderers - Doc. expérimental | 4k | couleur | 3:38 | Espagne, Pays-Bas | 2025
Carlos Irijalba
Wanderers
Doc. expérimental | 4k | couleur | 3:38 | Espagne, Pays-Bas | 2025
Wanderers est un film centré sur la manière dont la matière — et, par ricochet, nos corps — est mue par le magnétisme, l’impulsion ou le rythme porté par l’inertie terrestre. Un mouvement primordial, d’origine minérale, antérieur à la vie et à l’humain. Pour en rendre compte, le film adopte une perspective universelle sur la dynamique des oiseaux, la migration des corps, et la fascination humaine pour le vol, perçue comme une tentative de défier ces lois. Cette notion abstraite se déploie à travers deux phénomènes contemporains : la fauconnerie moderne pratiquée à bord d’avions commerciaux, et la passion des pilotes de répliques d’avions de ligne en radiocommandé. Ces deux pratiques dessinent la dichotomie entre l’évolution naturelle, notre matérialité physique et le désir de s’extraire de la réalité terrestre — des forces générales, de la gravité, de ce qui nous retient au sol.
Carlos Irijalba (né à Pampelune, Espagne, en 1979) Résident à la Rijksakademie van Beeldende Kunsten (Amsterdam) en 2013–2014 et diplômé de l’UDK Berlin auprès du professeur Lothar Baumgarten, Irijalba a reçu de nombreux prix artistiques, parmi lesquels le NYC Culture Pair Program avec le Department of Design and Construction (DDC) en 2023, le Mondriaan Fonds (Amsterdam, 2022), le Sifting Foundation Art Grant (San Francisco, 2015) ou encore la bourse Marcelino Botín (2007–2008), entre autres. Il a exposé à l’international, notamment à la Biennale de Shanghai 2021, au CAB Art Center (Bruxelles), à la Triennale de Guangzhou 2017, ainsi qu’au MUMA (Melbourne, Australie). À la question : « Le monde a-t-il besoin de cet objet nouveau ? », la réponse est la plupart du temps « non ». C’est pourquoi le travail d’Irijalba se déploie selon un principe de pertinence, cherchant à rester en résonance avec les contextes. Dans des projets tels que Skins (2013), Hiatus (2022) et Pannotia (2016–en cours), il travaille avec la géologie et des matériaux industriels sensibles au temps, offrant de nouvelles perspectives sur les récits dominants de l’histoire occidentale. Ses œuvres figurent dans des collections publiques telles que le Museo Nacional Reina Sofía, la Netherlands National Collection, la Sammlung Wemhöner (Allemagne), la Taviloglu Art Collection (Istanbul) ou encore la Fondation Acciona (Espagne). Elles sont également largement représentées dans des collections privées en Amérique du Nord et du Sud, en Europe et en Asie, notamment les collections Pilar Citoler, Kells Collection, David Breskin Collection, entre beaucoup d’autres.
Sina Khani : Watch With The Weary Ones - Doc. expérimental | 4k | couleur | 7:29 | Iran | 2025
Sina Khani
Watch With the Weary Ones
Doc. expérimental | 4k | couleur | 7:29 | Iran | 2025
Watch with the Weary Ones est un court documentaire qui observe le paysage urbain américain tandis que la cinéaste se laisse doucement glisser vers des souvenirs d’Iran. Il met en regard les surfaces des villes des États-Unis et les sensations de quelqu’un vivant loin de chez soi, suspendu entre deux lieux. Le film réfléchit à la peine que portent celles et ceux qui ont quitté l’Iran en quête d’une autre vie, et ceux qui sont restés et continuent de se battre pour la leur. Il s’agit de tenir deux mondes à la fois, celui qui est devant toi et celui qui ne te quitte jamais, et de tenter de donner un sens à ce poids
Sina Khani (alias Sina Ahmadkhani) est un cinéaste, scénariste et monteur né à Téhéran et basé à Los Angeles. Son premier long métrage a remporté le prix du Meilleur long métrage expérimental international au Portoviejo Film Festival et a reçu distinctions, nominations et sélections au Regina IFF, au Toronto International Nollywood FF, au New York City Indie FF, ainsi que dans de nombreux autres festivals internationaux. Il a récemment obtenu son MFA à la Virginia Commonwealth University et continue à créer des histoires audacieuses, centrées sur les personnages.
Margit Lukacs, Persijn Broersen : Lion's Court - Vidéo | 4k | couleur | 20:0 | Pays-Bas | 2025
Margit Lukacs, Persijn Broersen
Lion's Court
Vidéo | 4k | couleur | 20:0 | Pays-Bas | 2025
Lion’s Court est un court opéra cinématographique dans lequel le Binnenhof — siège du Parlement néerlandais à La Haye — est réimaginé comme une scène virtuelle où l’histoire se dissout dans le mythe. Inspirés par la découverte de restes de lions datant du XIV? siècle sur le site, et par la figure des baleines échouées interprétées comme des présages, Lukács & Broersen ont collaboré avec le compositeur et politologue Bram Kortekaas pour réinterpréter la vision goethéenne de la rédemption dans Faust. Au centre de cette œuvre se tient le lion Faust, interprété par le baryton Michael Wilmering — un despote en quête d’une liberté qui se dévore elle-même, miroir d’une ambition impériale au bord de l’effondrement. Les artistes se sont également appuyés sur les écrits de 1650 de Johan de Witt, Grand Pensionnaire républicain, dont les mots sont portés par la baleine (alto-mezzo Carina Vinke), surgissant des fondations inondées du Binnenhof. De Witt soutenait qu’une véritable république ne doit pas être gouvernée selon les caprices d’un seul, mais fondée sur les principes de liberté et d’égalité — les bases mêmes de la démocratie. Dans Lion’s Court, un hortus conclusus numérique se déploie : un monde fluide et clos où pouvoir, morale et prophétie convergent, et où les mythes du passé résonnent au cœur des politiques du présent.
Margit Lukács et Persijn Broersen sont un duo d’artistes basé à Amsterdam, qui explore les enchevêtrements entre nature, culture et technologie. Leur travail comprend des films, des animations numériques et des installations spatiales qui interrogent la manière dont les médias façonnent notre perception du monde naturel. Diplômés du département de design graphique de la Gerrit Rietveld Academie, ils ont poursuivi un MFA au Sandberg Institute et ont été artistes en résidence à la Rijksakademie d’Amsterdam. La pratique de Broersen & Lukács s’ancre dans la théorie des médias, l’histoire de l’art et la mythologie. S’appuyant sur des sources cinématographiques, scientifiques et historiques, ils réinventent paysages et phénomènes naturels au travers d’environnements numériques stratifiés. Leur travail réfléchit souvent aux politiques de représentation et à l’appropriation de la nature, reconfigurant les récits dominants par des formes de narration fragmentées et multiperspectivistes. Leurs installations et leurs films ont été largement exposés à l’international, notamment au Stedelijk Museum Amsterdam (NL), au Centre Pompidou (FR), à FOAM (NL), au MUHKA (BE), au Centraal Museum (NL), au MacKenzie Art Gallery (CA), à la WRO Biennale (PL), à la Biennale de Sydney (AU), aux Rencontres Internationales (HKW Berlin, Louvre/Grand Palais/CWBP, Paris) et à la Biennale de Wuzhen (CN). En 2024, ils ont représenté les Pays-Bas à la Biennale de Gwangju. Leur film I Wan’na Be Like You a été nommé pour le Tiger Award/IFFR 2024.
Antoine Chapon : Al Basateen - Documentaire | dcp | couleur | 24:41 | France | 2025
Antoine Chapon
Al Basateen
Documentaire | dcp | couleur | 24:41 | France | 2025
En 2015, le quartier de Basateen al-Razi, à Damas, a été rasé en représailles au soulèvement de sa population contre le régime de Bachar al-Assad. À sa place doit surgir Marota City, un district moderne et hyperconnecté, ponctué de 80 gratte-ciel. Dix ans plus tard, après avoir tout perdu, deux anciens habitants se remémorent leur quartier — l’endroit où se trouvaient leurs maisons et les plus vieux vergers de Damas. À travers leurs témoignages et la réutilisation d’animations 3D produites par le régime, la mémoire se réveille et oppose sa résistance à cette volonté d’effacement.
Antoine Chapon (né en 1990, France) est cinéaste et artiste pluridisciplinaire. Son travail élabore des formes hybrides mêlant cinéma, animation en images de synthèse et archives. Son premier court métrage, My Own Landscapes, a été présenté en première mondiale à Visions du Réel, où il a remporté le prix du Meilleur court métrage, avant d’être sélectionné dans plus de quarante festivals, dont Sundance, Telluride, Palm Springs, Sarajevo et Premiers Plans. Ses œuvres ont été montrées au ZKM|Karlsruhe, au Centre Pompidou, à la 17e Biennale d’architecture de Venise et au Singapore Art Museum. Ancien participant de Berlinale Talents, il travaille actuellement à l’écriture de son premier long métrage documentaire.
Dina Mimi : The Melancholy Of This Useless Afternoon Ii - Film expérimental | mov | couleur | 13:0 | Palestine | 2022
Dina Mimi
The Melancholy of this useless afternoon II
Film expérimental | mov | couleur | 13:0 | Palestine | 2022
The Melancholy of this Useless Afternoon, chapter 2 (2023, 11:25) explore les gestes partagés entre le fugitif et le passeur, ainsi que leur rapport au regard porté sur eux. The Melancholy of this Useless Afternoon enquête sur les liens entre le fugitif et le passeur, leurs gestes communs et leurs relations à la visibilité. Par la fuite, l’évasion, au risque de la capture ou de la mort, le fugitif œuvre à se maintenir caché. Le passeur, quant à lui, se déplace avec discrétion, utilisant des gestes pour dissimuler des choses, souvent tout contre son propre corps.
Dina Mimi est une artiste visuelle et cinéaste palestinienne, basée entre la Palestine et les Pays-Bas. Mimi travaille à partir du film expérimental et de performances-conférences qui explorent la question de savoir comment et quand les corps deviennent des lieux de résistance. Cette question trouve une matérialité dans les images en mouvement, en particulier des images trouvées, rejetées et donc considérées comme dépourvues de valeur. En comprenant le montage comme un terrain de jeu, Mimi explore l’opacité dans les images en mouvement, en cherchant à frôler des fragments qui souhaitent rester insaisissables ou qui sont en train de disparaître. Cela constitue une tentative continue de narration non linéaire, comme une manière de défigurer la sienne.

Christoph Girardet sape la narration cinématographique habituelle du film classique hollywoodien « Mr. Smith au Sénat ». L'intrigue ne progresse pas, l'architecture néoclassique du Lincoln Memorial devient le décor d’un rituel, où le protagoniste se perd entre les piliers du bâtiment. Carlos Irijalba examine les mouvements entre matière animée et inanimée, et leurs déplacements sous l’effet de la gravité ou au travers de cycles géologiques. Broersen & Lukács représente le Parlement néerlandais à la Haye en ruine numérique, et, en son centre, le lion Faust, figure spectrale en quête d'une liberté qui se dévore elle-même, au bord de l'effondrement. Lin Htet Aung examine la souffrance et la résilience du peuple birman, au travers d’extraits d’émissions diffusées à la télévision nationale. En 2015, à Damas, le quartier de Basateen al-Razi et ses vergers ont été rasés pour punir la population qui s'était soulevée contre le régime. Antoine Chapon filme deux anciens habitants qui se souviennent de leur vie dans ce quartier. Dina Mimi, dans son film tourné en Palestine, en Jordanie et aux Pays-Bas, explore les gestes communs au fugitif et au passeur.
Séance spéciale
silent green Kulturquartier | Betonhalle | Cinéma 1
Gerichtstrasse 35, 13347 Berlin / Métro: station Wedding, U-Bahn ligne U6 / S-Bahn lignes S41, S42, S46
Entrée libre
Carte blanche à Albert Serra
Pour cette carte blanche, Albert Serra a choisi différents extraits de films et des films courts, qu’il introduira et partagera avec le public, offrant une perspective unique sur ses réflexions en cours et sa pratique artistique.
Projection
silent green Kulturquartier | Betonhalle | Cinéma 1
Gerichtstrasse 35, 13347 Berlin / Métro: station Wedding, U-Bahn ligne U6 / S-Bahn lignes S41, S42, S46
Entrée libre
Séance de clôture
"Comme une utopie"
Eva Giolo : Memory Is An Animal, It Barks With Many Mouths - Film expérimental | 16mm | couleur | 24:0 | Belgique | 2025
Eva Giolo
Memory Is an Animal, It Barks with Many Mouths
Film expérimental | 16mm | couleur | 24:0 | Belgique | 2025
Le dernier film de Eva Giolo nous conduit dans le Val Gardena, où l’on parle encore le ladin, une langue rhéto-romane. Giolo renverse les représentations habituelles des communautés montagnardes pour offrir le portrait d’un patrimoine culturel précieux, en constante évolution. Ici, les habitants préservent et cultivent leur culture pour les générations futures, avec une conscience du monde et une grande créativité. Tourné en 16 mm, sensible à la fois à la grandeur et à la fragilité de la nature, Memory Is an Animal, It Barks with Many Mouths est un essai délicat sur l’importance vitale de la diversité linguistique.
Eva GIOLO (1991, Belgique) est une artiste travaillant le film, la vidéo et l’installation. Son œuvre accorde une attention particulière à l’expérience féminine, mobilisant des stratégies expérimentales et documentaires pour explorer l’intimité, la permanence, la mémoire, ainsi que l’analyse du langage et de la sémiotique. Ses films, installations et autres projets ont été largement présentés à l’international — festivals, musées et galeries — notamment à Sadie Coles HQ, la Viennale, FIDMarseille, l’IFFR, le New York Film Festival, entre autres. Son film Flowers blooming in our throats (2020) a été nommé pour l’European Film Award et a remporté le Top Prize à THIS IS SHORT 2021. Elle a également reçu la Mention spéciale du Jury national au Lago Film Fest 2021, la Mention spéciale du Jury au First Crossings Festival, ainsi que le Prix du Jury des Critiques au 25FPS Festival. Elle est lauréate du HISK (2018–2020) et a été en résidence artistique au SeMA NANJI (2020), à la résidence annuelle de film-écriture Conversation #4 (CVB, GSARA et Beursschouwburg), au programme CASTRO (2021), à WIELS (2021), ainsi qu’à RU Unlimited New York et Fogo Island Arts (2022). Ses films sont distribués par elephy et Light Cone.
Jean-baptiste Perret : Le Quotidien - Vidéo | hdv | couleur | 5:11 | France | 2025
Jean-baptiste Perret
Le quotidien
Vidéo | hdv | couleur | 5:11 | France | 2025
Tourné dans les gorges du Haut-Allier, Le quotidien est le portrait d’un homme qui a fait le choix de vivre seul et à l’écart, dans une cabane à l’orée d’une forêt. Les images sont la capture de ses gestes quotidiens, liés aux besoins essentiels de l’être humain : boire, manger, se laver, réparer, recommencer. "A la manière d’un cinéaste anthropologue, Jean-Baptiste Perret choisit un terrain, souvent rural, et s’y immerge pour de longues périodes. Il noue des relations avec les personnes qu’il y rencontre, filme leur habitat et leurs savoir-faire. Tourné dans les gorges du Haut-Allier, Le quotidien est le portrait d’un homme qui a fait le choix de vivre seul et à l’écart de la société humaine, dans une cabane à l’orée d’une forêt. Le vidéaste capture ses gestes quotidiens, liés aux besoins essentiels de l’être humain : boire, manger, se laver, réparer, recommencer. Le film s’inscrit dans une recherche plus globale sur les parcours de vie marginaux dans des contexte ruraux, qui inventent un autre lien au vivant, au territoire et à l’écologie." (Work Method, Guillaume Désanges et Coline Davenne)
Après des études scientifiques en écologie, Jean-Baptiste Perret a travaillé pendant plusieurs années à la protection de l’environnement au sein de collectivités territoriales. Diplômé en 2018 des Beaux-arts de Lyon, il poursuit son intérêt pour le milieu rural à travers une pratique cinématographique qui prend la forme de films et d’installations vidéo. Sa production est traversée par la question du soin qu’il envisage comme une attention à la vulnérabilité, inséparable de la puissance régénératrice des individus. Sa démarche s’appuie sur des enquêtes documentaires et utilise des méthodes issues de l’anthropologie qui interrogent les critères d’objectivité, plaçant ainsi l’affect au centre même du travail de recherche. Il s’inspire également du courant de la microhistoire qui cherche à se détacher des récits officiels des masses pour se concentrer sur les individus et leur propre vision du monde. Jean-Baptiste Perret filme des personnes qu’il rencontre dans des situations quotidiennes ; il s’intéresse à leur parcours de vie, leur environnement et leurs savoir-faire. À travers divers degrés de mise en scène qui laissent volontiers la place à l’improvisation, récits subjectifs et procédés fictionnels s’entremêlent. Son travail a notamment été présenté à l’Institut d’art contemporain (IAC) de Villeurbanne dans le cadre de la 15ème biennale de Lyon, au Musée d’art contemporain de Lyon, à la fondation d’entreprise Ricard (Paris), au musée de la Chasse et de la Nature (Paris), à la Chapelle Saint-Jacques (St Gaudens), à l’Institut national d’histoire de l’art (Paris), au FID Marseille, au Festival Hors-Pistes Centre Pompidou, aux États généraux du documentaire de Lussas, et plus récemment au 66ème Salon de Montrouge. Jean-Baptiste Perret est représenté par la galerie Salle Principale à Paris.
Uriel Orlow : Forest Futures - Film expérimental | 4k | couleur | 28:0 | Suisse, Italie | 2024
Uriel Orlow
Forest Futures
Film expérimental | 4k | couleur | 28:0 | Suisse, Italie | 2024
Forest Futures est un film poétique et stimulant qui visite les écosystèmes forestiers anciens de la Terre, imagine les forêts du futur face au changement climatique et montre la forêt comme une école multi-espèces où les enfants pratiquent une co-existence plus-qu’humaine. Forest Futures explore la forêt comme un lieu du temps profond, de transformation écologique et d’apprentissage interespèces. Situé dans la région montagneuse du Tyrol du Sud, le film retrace un voyage depuis des forêts fossilisées anciennes, qui prospéraient il y a plus de 280 millions d’années, jusqu’à des visions spéculatives de forêts futures dans un monde en réchauffement rapide. Combinant recherche scientifique et récit imaginaire, le film réinvente la forêt à la fois comme enseignante et comme protagoniste.
Uriel Orlow est un artiste suisse qui vit et travaille entre Lisbonne, Londres et Zurich. En 2023, il a reçu le prestigieux Prix Meret Oppenheim / Grand Prix suisse d’art. Le travail d’Orlow est largement présenté dans des expositions internationales majeures, notamment à la Triennale de Dunkerque, à la Biennale de Kochi, à la 12e Biennale de Berlin pour l’art contemporain, à la Triennale de Katmandou, à Manifesta 12 à Palerme, à la 2e Biennale de Yinchuan, à la 13e Biennale de Sharjah, à la 7e Biennale de Moscou, à EVA International (Limerick), à la 2e Triennale d’Aichi (Nagoya), à Bergen Assembly, à Manifesta 9, à la 54e Biennale de Venise, entre autres. Ses expositions personnelles récentes incluent la Galeria Avenida da Índia à Lisbonne (2025) ; le MCBA à Lausanne (2024) ; la Casa da Cerca à Almada (2022) ; la Kunsthalle Nairs à Scuol (2021) ; La Loge à Bruxelles (2020) ; la Kunsthalle Mainz en Allemagne (2020) ; le Centre d’art de Privas (2019) ; Les Laboratoires d’Aubervilliers à Paris (2018) ; Market Photo Workshop & Pool à Johannesburg (2018) ; la Kunsthalle St. Gallen (2018), entre nombreuses autres. Les films d’Orlow ont été projetés au Tate Modern (Londres) ; au Festival international du court métrage d’Oberhausen ; sur Tank.tv ; à la Whitechapel Gallery (Londres) ; au Festival du film de Locarno ; à la Videonale du Kunstmuseum Bonn ; au BFI London ; sur le BBC Big Screen à Manchester ; à l’Arnolfini (Bristol) ; à l’Espace Croisé, CAC Roubaix ; ainsi qu’à la Biennale de l’Image en Mouvement à Genève, entre autres.
Susannah Sayler, Edward Morris : The Amazon Is Elsewhere - Film expérimental | 4k | couleur et n&b | 12:0 | USA | 2025
Susannah Sayler, Edward Morris
The Amazon is Elsewhere
Film expérimental | 4k | couleur et n&b | 12:0 | USA | 2025
Amazon is Elsewhere est un court métrage qui médite sur l’inconnaissabilité et la puissance de l’Amazonie pour celles et ceux qui n’y vivent pas. Pour beaucoup, l’Amazonie symbolise « les poumons de la Terre » ou la « Nature » elle-même. Pour les peuples autochtones de la région, dont nombre n’ont pas de mot distinct pour désigner la jungle ou la forêt, c’est simplement la maison. Le film se concentre sur un bâtiment situé à l’orée de la jungle : un mélange de styles architecturaux où les arbres traversent les sols en béton, où les plantes poussent dans des colonnes pseudo-corinthiennes, et où des jaguars en carreaux de céramique gardent l’entrée. Des images générées par IA expriment des forces à l’œuvre, à la fois dans le bâtiment et dans la jungle, dont il est difficile de savoir si elles sont maléfiques ou salvatrices. Le film s’inscrit dans un ensemble de travaux qui cherchent à comprendre comment représenter l’Amazonie à la lumière de la multiplicité de significations refractées dont elle est porteuse.
Susannah Sayler et Edward Morris (Sayler/Morris) travaillent la vidéo, la photographie et l’installation pour interroger nos conceptions changeantes de la nature, de la culture et de l’écologie. Leur pratique est souvent ancrée dans des lieux précis et s’appuie fortement sur la recherche historique. Ils ont reçu de nombreuses distinctions, parmi lesquelles la bourse Guggenheim (2023), le New York Artist Fellowship (2016), la Smithsonian Artist Research Fellowship (2014), le Center for Art and Environment Research Fellowship (2013), ainsi que la Loeb Fellowship de la Harvard Graduate School of Design (2008). Leur travail a été largement exposé aux États-Unis et à l’international, notamment au Massachusetts Museum of Contemporary Art, à la Kunsthal de Rotterdam, au North Carolina Museum of Art, au Belvedere Museum et au Southeast Center for Contemporary Art. Sayler enseigne actuellement au sein du département Film and Media Arts de l’Université de Syracuse, tandis que Morris est directeur exécutif du Marble House Project. Leurs archives sont conservées au Nevada Museum of Art / Reno, Center for Art and Environment. En 2006, Sayler/Morris ont cofondé The Canary Project, un studio produisant des médias visuels et des œuvres destinées à approfondir la compréhension publique du changement climatique. En 2021, ils ont fondé Toolshed, une plateforme visant à relier pensée écologique et action.
Benjamin Balcom : The Phalanx - Doc. expérimental | 16mm | couleur | 13:30 | USA | 2025
Benjamin Balcom
The Phalanx
Doc. expérimental | 16mm | couleur | 13:30 | USA | 2025
Letters from the Ceresco community tracent la fragilité de l’harmonie, le rêve d’une vie en association, les frictions qui finissent par se muer en fracture. Les membres de la phalange s’éloignent les uns des autres, dérivant vers des recoins privés, suspendus dans un temps spéculatif.
Ben est cinéaste et enseignant, basé à Milwaukee, dans le Wisconsin, où il est professeur de cinéma, vidéo, animation et nouveaux genres à l’Université du Wisconsin–Milwaukee. Ses films les plus récents explorent les histoires et les survivances des idéaux sociaux radicaux et des formes de vie communautaires. Ces projets mêlent recherche archivistique et divers modes de fabrication d’images pour réfléchir à des manières alternatives d’habiter le monde. S’inspirant de la fiction spéculative, de la théorie critique et de la poésie utopique, son travail revisite souvent les sites d’écoles expérimentales aujourd’hui disparues et de communautés intentionnelles, utilisant le cinéma comme un espace à la fois de recherche et d’imagination. Mêlant paysages réels et imaginés, ces films mobilisent la mémoire collective tout en spéculant sur des futurs au-delà des limites du capitalisme. Au début de sa pratique, Balcom travaillait avec l’abstraction, l’introspection et l’expérimentation formelle, explorant les tensions entre perception et communication, et sondant la matérialité même de la pellicule. Ces lignes de force continuent d’informer son approche en mouvement du cinéma non fictionnel et poétique. Les films de Balcom ont été projetés internationalement dans des lieux et festivals tels que le Museum of the Moving Image, l’International Film Festival Rotterdam, l’European Media Arts Festival, IndieLisboa, Media City Film Festival et le Ann Arbor Film Festival. Il a reçu des distinctions de l’Onion City, de l’Athens International Film + Video Festival et d’Ann Arbor. En 2023, il a été chercheur invité au Center for 21st Century Studies. Il est également cofondateur de Microlights Cinema, un microcinéma actif de 2013 à 2023, dédié à la diffusion du cinéma expérimental et de la vidéo d’art auprès des publics de Milwaukee.
