Catalogue 2025-2026
Parcourez ci-dessous le catalogue 2025-2026 des Rencontres Internationales, ou effectuez une recherche dans les archives des oeuvres présentées depuis 2004. De nouveaux extraits vidéos sont régulièrement mis en ligne, les images et les textes sont également progressivement mis à jour.
Claire Lance
A Homeward Bound
Fiction expérimentale | hdv | noir et blanc | 9:9 | France | 2024
A travers un plan séquence hypnotique nous sommes transportés au cœur d'une maison, où le noir et blanc négatif révèle un espace indéfini entre mémoire et sidération. Fluctuant sous le vernis social, le regard se métamorphose, la maison dévoile ses secrets, les murs eux-mêmes semblent souffler des récits oubliés et des vérités indicibles.
Claire Lance (née en 1987, France) est une artiste qui utilise des médiums étroitement liés à l’optique humaine. Ses projets explorent la cognition et la persistance des images culturelles dans la perception, à travers la vidéo, l’installation et la photographie. Évoluant dans le temps, les œuvres de Lance fonctionnent souvent comme des tests de Rorschach, révélant ce qui est généralement invisible ou décrit comme intangible ou non objectif. La ville-monde, où les échelles et les dimensions s’interpénètrent en strates successives, crée des espaces virtuels et impalpables, accessibles uniquement au regard. Ces lieux indéterminés mais familiers invoquent la métaphore et la persistance des images que nous portons en nous — individuellement et culturellement — en tant que spectateur·rices. Ses œuvres ont été exposées à la galerie Ofr à Paris, au 39e FIFA à Montréal, au Kurzfilmwoche de Ratisbonne en Allemagne, et ont été publiées à plusieurs reprises dans le magazine britannique Carpark. En 2023, elle est invitée par le CIRM (Centre International de Recherche Mathématiques) pour un workshop intitulé « Maths and Art: Common Creation ». Elle est titulaire d’un master en Pratique et Théorie de l’Art Contemporain de l’Université Paris 8 Sorbonne. Elle a collaboré avec différents réalisateurs en tant que directrice de la photographie sur des tournages, ainsi que pour des commandes auprès de titres de presse tels que L’Obs, Trax ou Technikart.
Andréas Lang
The Horses of Ani
Installation vidéo | 4k | | 14:0 | Allemagne, Turquie | 2023
THE HORSES OF ANI 14.00 min. 2-channel video installation, 4K, stereo sound, loop camera and editing: Andréas Lang; sound-design: Jochen Jezussek; musical fragments of 2 Armenian duduks, from the Armenian medieval piece “Akna Krunk” (= song of exile), interpreted by Jordi Savall and Hesperion XXI Channel 1 On the plain next to the medieval ruin city Ani a group of wild horses walk towards the city walls where they used to graze. Just before the walls of Ani is now a construction site for a future parking lot and museum. The site is towered by a huge Turkish flag blowing in the wind, well visible from the nearby Armenian border. The horses enter the construction site, get confused and run around in panic. They finally find their way out and walk back into the endless plain. Channel 2 Sequence of the Akhurian (Turkish: Arpaçay) river in Kars. This river comes flowing from Armenia and passes Ani where it marks the frontier between Turkey and Armenia. The second sequence shows a group of students and tourists walking through the ruin field of Ani. Ani The ancient city of Ani was an important hub for trade caravans and the city controlled the trade routes between Byzantium, Persia, Syria and Central Asia. Merchants and craftsmen flocked to Ani from the older cities of Armenia, accompanied by a population flow from the rural areas. In 992, the Armenian Catholicosate moved its seat to Ani. The population of Ani was well over 100,000 and the wealth and prestige of the city were such that it was known as "the city of a thousand and one churches". Due to the many conquests, earthquakes and tribal raids over the centuries Ani degraded and was abandoned in early 19th century and left deserted. Before the 1915 genocide many Armenians still lived in the region, the ruin field of Ani stands symbolically for their disappearance.
Andréas Lang was born in Zweibrücken, Germany and began his artistic work in Paris, then Munich. Today he lives in Berlin and works with photography and video-installation. His image cycles deal with landscapes and their hidden history, including the intellectual and cultural DNA of Europe. 1999-2005 Photographs of European landscapes in relation to Romanticism, mythology and 20th century history. 2006-2008 Eclipse photography series on historical landscapes in the Middle East in relation to early Christianity and the Crusades. 2011-2024 Project on German colonialism in Central Africa, based on research into historical material. 2017 Photographs and videos about the Brazilian Quarter in Lagos, Nigeria, in relation to slavery and colonialism history. Since 2019, the project Re-Visiting Orientalism, superimposing 19th-century paintings in video installations with contemporary video sequences. From 2018-2023, the project Broken Memories about history and memory culture in Turkey. Since 2024 multimedia project on the historical population exchange between Turks and Greeks. His work has been shown internationally in museums, biennials, galleries and festivals. He has received numerous awards, including the German Photobook Award 2025 and 2023, the Special Mention Award at MDFF-Milano Architecture&Design Film Festival 2021, the Lotto Brandenburg Photography Art Award 2021, the Tarabya Cultural Academy Stipend 2018, the Berlin Senate's Work Grant for Visual Arts 2017.
Béatrice Lartigue
The Unfinished City
Vidéo expérimentale | mov | noir et blanc | 6:30 | France | 2025
Une ville comme un système en constante évolution où les bâtiments, tels des organismes vivants, peuvent croître et s'adapter au fil du temps. The Unfinished City explore le travail du théoricien, architecte et urbaniste William J. Mitchell (1944-2010), professeur au MIT Medialab. Mitchell est l'auteur d'une trilogie qui explore les impacts, les défis et les potentiels soulevés par le développement de la technologie numérique sur la façon dont nous pensons et concevons la ville. "Les nouveaux systèmes technologiques étant des constructions sociales complexes, nous devons comprendre les nouvelles options qui s'offrent à nous, choisir soigneusement nos objectifs et bien construire. Notre tâche consiste à concevoir l'avenir que nous voulons, et non à prédire sa trajectoire prédéterminée. [...] En fin de compte, il s'agit d'un choix social et politique fondamental. À quoi allons-nous utiliser les possibilités multiples et parfois contradictoires de la technologie numérique ?", e-topia : "Urban Life, Jim-But Not As We Know It", 1999, The MIT Press The Unfinished City adopte une perspective subjective et onirique sur les thèmes que Mitchell a esquissés il y a plus de 25 ans. La ville fragmentée et mouvante qui prend forme sous nos yeux devient le principal protagoniste du film. Considérée comme un organisme vivant, cette architecture fait également écho à la pensée du mouvement métaboliste qui a émergé au Japon à la fin des années 50. Le métabolisme considère les villes comme des systèmes dynamiques et évolutifs où les bâtiments, tels des organismes vivants, peuvent croître et s'adapter au fil du temps. Le film combine des techniques d'animation « traditionnelles » avec des outils d'apprentissage automatique.
Béatrice Lartigue est une artiste française basée à Toulouse. Elle est co-fondatrice du collectif interdisciplinaire Lab212. Depuis 2008, Béatrice Lartigue travaille sur des projets à l'intersection de l'art, de la science et de la technologie. Son travail explore la matérialisation d'événements physiques invisibles, en immergeant les visiteurs dans un espace dont les règles sont en partie écrites et en partie en devenir. Une perspective critique sur l'utilisation de la technologie dans un contexte environnemental fragile guide sa pratique. Ses œuvres ont été exposées au Barbican Centre (Londres), Miraikan Museum (Tokyo), Centre Pompidou (Paris), Gaîté Lyrique (Paris), DMuseum (Séoul), Times Art Museum (Pékin), Photo Elysée (Lausanne). Béatrice Lartigue a été récompensée par plusieurs prix internationaux dont le Sundance Film Festival (New Frontier Selection : Notes on Blindness), le Lumen Prize (Performance Award : Portée/), le GIFF Festival (Philémon). Elle enseigne le Design Interactif à Gobelins (Paris) et intervient régulièrement au sein d'établissement comme l'ECAL (Lausanne), Beaux-Arts (Toulouse).
Daphné Le Sergent
Silicon Islands and War
Doc. expérimental | mov | couleur | 37:0 | France | 2025
A l’heure où l’IA connait un développement sans précédent, la technologie des semi-conducteurs est devenue stratégique dans l’échiquier mondial. Sans les semi-conducteurs, le développement des moteurs des intelligences artificielles ne peut avoir lieu. Sans les semi-conducteurs, pas d’armement de pointe, de mémoire numérique, ni même encore de capteur pour nos appareils photo numériques. Cet essai vidéo invite à considérer une autre histoire de la photographie, une histoire où la résolution de nos images monte en gamme à mesure que l’industrie asiatique (Japon, Taïwan, Corée du Sud) miniaturise les semi-conducteurs, gravés sur des plaques de silicium (silicon). Mais cette course en avant dans la technologie ne se comprend réellement qu’en regard de son contexte géopolitique de la zone Pacifique et la guerre économique entre la Chine et les US. Comment alors ne pas entrelacer le récit de l’évolution de nos images avec l’histoire de ces pays - intitulés ici Silicon Islands -, ainsi qu’avec leurs guerres passées et conflits actuels ? Au récit impersonnel des voix générées par IA, y répond celle d’un conteur créole. Ce dernier défie le gigantisme de la mémoire numérique et son flot démesuré d’images. Il la défie avec les outils de la mémoire orale : la poésie et le chant.
Daphné Nan Le Sergent mène un travail artistique et théorique sur les différentes spatialisations du sensible et sur une image comme forme de mémoire sensorielle dans les arts occidentaux et non-occidentaux. Ses projets artistiques explorent l’image photographique vis-à-vis de la chaîne de production de ses matériaux et des équilibres économiques et géopolitiques qui la maintiennent alimentée. En 2021, la vidéo L’image extractive propose une histoire alternative de la photographie argentique en lien avec celle de l’extraction minière de l’argent, de la fluctuation des cours boursiers et de la menace de tarissement du minerai.
Patrik Lechner
Heumarkt
Performance multimédia | 0 | couleur | 7:0 | Autriche | 2025
The short film 'Vitrine' is a gesture of dedication to an object. The “Café am Heumarkt” houses a now-defunct display case, whose sounds, in past decades, often provided the only break in the otherwise concentrated silence of afternoons in the coffeehouse. This gesture originated from the research project Spirits in Complexity – Making Kin with Experimental Music Systems, initially taking the form of an installation that sonically reanimated the display case. The short film represents a further step in this direction: through procedural modelling, the display case was recreated both sonically and visually. No photos, 3D scans, or audio recordings were used—instead, the foundation of the modelling and exploration was a deep engagement with this culturally charged object. The result opens up various fields of action—legible as an archival object as well as a peculiar, audiovisual, real-time capable “instrument,” whose aesthetic possibilities are explored here. “Europe as a museum,” a form of escapism stuck in time, becomes particularly tangible in Viennese coffeehouses. This very anachronism, along with the general discrepancy between tradition and technological progress, is addressed here on an aesthetic level. Video made with TouchDesigner, Audio made with Max/MSP.
Patrik Lechner (AT) is an artist creating experimental audio/video content since the mid 2000s. Developing custom software for these purposes, original content in abstract sound works and real-time 3D graphics arose through the exploration of technology without losing focus on artistic expression. Patrik Lechner held audio/visual performances in Austria, Belgium, Italy, Bulgaria, Germany, Canada, Dubai and MUTEK Mexico and regularly played at the Austrian Pavilion at the world exhibition in Shanghai 2010. He received an honorary mention at PRIX ars electronica 2019 for a musical piece written for an acousmonium.
Jangwook Lee
Chang Gyeong
Film expérimental | 16mm | couleur et n&b | 17:20 | Coree du Sud | 2024
"She would narrate events she had witnessed with her own eyes, as well as events that she had never witnessed." from 'The wind-up bird chronicle' by Murakami Haruki As a child, zoo was a space that gave me a very fantastic experience. In particular, Changgyeonggung (then called Changgyeongwon) was a strange place where zoo, amusement parks and old palaces coexist. Perhaps childhood memories remain as an emotional vestige of events there, of people with whom, of food, of weather, etc. It was not a specific event, but a personal emotion which lies somewhere around the boundaries between the reality and the virtual. It was learned through education that the coexistence of these elements came from the tragic modern history of Changgyeonggung (in the time of Japanese rule, a zoo was created for the purpose of mocking and degrading Changgyeonggung Palace). Even then, Changgyeonggung has a history of animals being victimized during liberation and the Korean War. After learning of this history, the space of Changgyeong Palace no longer had aroused any previous emotional reactions. Emotional memories that had formed the ambiguous boundaries between reality and fantasy began to divide exactly in two, and at the same time there was no emotion left on either side of reality and fantasy.
Lee Jangwook studied filmmaking at the School of the Art Institute of Chicago (SAIC). He has been working on film materials and expanded cinema such as live film performance. In 2004, Space Cell was founded to hold experimental films and hand-made film workshops and is currently underway. Many of the works are archived in the Korea Film Archive and ACC. His works have been shown at festivals and exhibitions like Tate Modern, National Museum of Modern and Contemporary Art (MMCA Seoul), Asia Culture Center (ACC Gwangju), FID Marseille, Internationale Kurzfilmtage Oberhausen, Jeonju International Film Festival, and EXiS.
Cathy Lee Crane, John Di Stefano
Tra
Vidéo | hdv | couleur | 5:35 | USA, Canada | 2024
‘Tra’ est une ode au cinéaste italien Pier Paolo Pasolini. ‘Tra’ synthétise le récit de son film ‘Teorema’ (1968) en mettant en évidence ses moments interstitiels. L'acte de courir, qui apparaît tout au long du film, est isolé et utilisé pour exposer les courants sous-jacents du film.
John Di Stefano est artiste/ cinéaste, écrivain et commissaire d’exposition. Son travail met en relation l’intime et le social, le quotidien et l’histoire, à travers des formes hybrides de pratiques documentaires et la forme essayistique. Son œuvre aborde souvent son passé d’immigrant à travers une perspective queer, notamment dans son long métrage You Are Here (2009), présenté en première au Festival International du Documentaire de Marseille. Ses œuvres primées ont également été présentées à la Videonale (Bonn), à la Whitechapel Gallery, à Tensta Konsthall, au Musée d’Art Moderne de Barcelone, à Para/Site (Hong Kong) et à l’Anthology Film Archives. Ses écrits critiques apparaissent dans diverses publications internationales. Il enseigne à l’Université Concordia (Montréal). Cathy Lee Crane est cinéaste expérimentale ; son travail puise dans les archives historiques pour produire des films lyriques relevant de l’histoire spéculative. Lauréate d’une bourse Guggenheim, elle a bénéficié en 2015 de la première rétrospective de son œuvre à la National Gallery of Art (Washington D.C.). Ses films primés — notamment Pasolini’s Last Words (2012) — ont été projetés à la Viennale, à la Cinémathèque Française, au BFI et à Arsenal/Berlin. Son intérêt pour les frontières l’a conduite à réaliser Crossing Columbus (2020), consacré à la ville frontalière de Columbus, au Nouveau-Mexique, un film soutenu par la Rockefeller Foundation et le Harun Farocki Institut à Berlin. Elle enseigne à Ithaca College (New York).
Thomas Leon
To Ashes
Vidéo | 4k | couleur | 5:6 | France | 2025
To Ashes explore les seuils entre réalité et hallucination machinique, interrogeant les technologies contemporaines de génération d’images — en particulier l’intelligence artificielle — et leur influence sur notre perception du réel. Réalisée selon un processus hybride mêlant modélisation 3D et outils de génération basés sur l’IA, la vidéo se déploie en un long travelling continu à travers une mégastructure brutaliste en perpétuelle métamorphose. Les formes architecturales se délitent, se transforment ; des particules semblables à de la cendre s’élèvent dans l’air. Cette désagrégation est accompagnée d’un paysage sonore expérimental, où synthétiseurs analogiques et voix altérées font affleurer l’idée d’un effondrement latent. Peu à peu, l’architecture cède la place à des structures cristallines instables. La réalité vacille. À la fin, quelque chose rompt, glisse, disparaît. Il faut que tout brûle.
Thomas Léon développe sa pratique en fusionnant cinéma, arts graphiques et images issues des nouvelles technologies. Il crée des films, des installations vidéo et sonores immersives, ainsi que des dessins en grand format. Son oeuvre explore les interrelations entre mémoire, sensualité, expériences intimes et imaginaire, en s’appuyant sur des fictions, qu’elles soient sociales, urbanistiques, climatiques etc. Il s’inspire notamment de la science-fiction et de la littérature utopique et développe le plus souvent ses travaux par l’intermédiaire des outils contemporains de création d’images (modélisation 3D, IA, etc.). Il participe régulièrement à des projections ou expositions en France et à l’étranger: « Listening to Transparency » au Minsheng Art Museum de Shanghai (Chine, 2017), « Cruces Sonoros : Mundos Posibles » au MAC de Santiago de Chile (Chili, 2016), « Rendez-vous 11 » à l'Institut d'art contemporain à Villeurbanne (2011) et à la South African National Gallery à Cape Town (Afrique du Sud, 2012). Il a notamment suivi les résidences : Drawing Factory organisée par le CNAP et le Drawing Lab (Paris) en 2021 ; la résidence à Taiwan, organisée par le Grame, centre national de création musicale (Lyon) et le Digital Art Center (Taipei) en 2011. Ses oeuvres sont notamment présentes dans les collection du CNAP et de la Fondation Louis Vuitton. Thomas Léon vit et travaille à Montreuil.
Leopold Emmen
Another Woman - film adaptation (work in progress)
Installation vidéo | mp4 | couleur | 13:6 | Pays-Bas | 2025
« Another Woman – film adaptation » est un film en trois volets qui présente des scènes intimes entre trois personnages — deux femmes et un homme — au cours d’une rupture. Le film explore un monde de fiction et de performance dans une narration cinématographique et scénographiée, où trois images sont montrées simultanément. Le style visuel se concentre autant sur les corps performants que sur leur environnement. Des émotions sous-cutanées affleurent à travers des interactions tactiles, lorsque les personnages touchent et éprouvent leur place au sein des propriétés physiques de l’espace. Les murs, le plafond, le sol, les rideaux et le mobilier forment des obstacles, des limites et des vides qui confrontent les protagonistes à la situation et à l’état d’esprit dans lesquels ils se trouvent. Les intérieurs deviennent des miroirs de leurs mondes intérieurs, à la fois surréels et intuitivement reconnaissables. « Another Woman – film adaptation », 2025, est une re-mise en scène de l’installation spatiale « Another Woman », 2022. Nous présentons un extrait de 13 min 6 s du film final, dont la durée estimée sera de 70 minutes.
Leopold Emmen est une collaboration entre la cinéaste Nanouk Leopold et l’artiste visuel Daan Emmen. Dans notre travail, nous expérimentons le film comme une expérience spatiale et cinématographique dans laquelle le visiteur joue un rôle actif. À travers les caractéristiques d’un lieu et le comportement de nos protagonistes, nous cherchons à rendre tangible la manière dont une présence influence la vie et les relations à l’autre. Une invitation ouverte à explorer le monde physique et mental des personnages eux-mêmes. En créant une conscience de la façon dont l’espace, le son et l’image en mouvement peuvent se conjuguer dans une expérience incarnée et approfondie, nous souhaitons bousculer notre regard conditionné. Réfléchir à la manière dont nous voyons le monde, dont nous nous voyons dans ce monde, et dont nous nous voyons les uns les autres.
Sonia Levy
We Marry You, O Sea, as a Sign of True and Perpetual Dominion
Doc. expérimental | 4k | couleur | 19:28 | Royaume-Uni, France | 2025
We Marry You, O Sea aborde Venise et sa lagune “par en dessous”, en déplaçant l’attention vers les processus bio-géomorphologiques immergés — vitaux, altérés, continuellement en mutation — plutôt que vers les récits, maintes fois racontés, de l’histoire politique et militaire de la ville. Le tournage sous-marin ouvre de nouvelles voies de connaissance des matérialités de la lagune et révèle un environnement fracturé, troublé, qui complique les récits historiques dominants, ceux qui ne commencent qu’au-dessus de la surface. En s’accordant au rythme du flux et du reflux, on commence à percevoir les interactions entre terre et eau, vie et décomposition, et les processus intimes qui composent ce milieu. Observer les formes de vie rendues possibles dans cet espace aquatique endommagé oblige à sonder les transformations profondes qu’il a subies. We Marry You O Sea as a Sign of True and Perpetual Dominion tire son titre de la formule prononcée lors du rituel vénitien des Épousailles de la mer, célébré chaque année le jour de l’Ascension entre le XI? et le XVIII? siècle : le Doge, figure souveraine de la République, “épousait” symboliquement la lagune en y jetant un anneau d’or, proclamant ainsi la domination de Venise sur les eaux. L’artiste revisite cette relation multiséculaire entre la ville et son milieu aquatique, en interrogeant l’héritage persistant de ces volontés de maîtrise. Comment imaginer d’autres futurs pour Venise si l’on commence par éprouver la lagune comme un espace vivant, habité par une multiplicité de formes de vie et de mort ? Dans la lagune — un espace façonné depuis des siècles par des interventions humaines continues — zones humides et infrastructures sont depuis longtemps imbriquées. L’essor de Venise comme carrefour commercial et centre d’innovation navale au Moyen Âge a entraîné des aménagements hydrauliques majeurs pour maintenir des eaux peu profondes à des fins défensives. Mais au XX? siècle, les impératifs de modernisation ont transformé des pans entiers des marais en raffineries de pétrole et en l’un des plus grands terminaux à conteneurs d’Italie, faisant de la lagune une frontière industrielle. L’anthropologue urbaine Clara Zanardi a montré comment ces mutations ont reconfiguré les divisions sociales tout en provoquant une dégradation écologique irréversible ayant profondément bouleversé les formes de vie lagunaires. Le film restitue ces histoires de modernisation en entrelaçant de rares photographies d’archives provenant du Fonds photographique Giacomelli de Venise avec des images sous-marines du présent. L’inversion négative noir-et-blanc appliquée aux vues immergées accentue la portée historique des archives, reliant passé et présent et laissant affleurer les futurs possibles dans les eaux contaminées de la lagune. Une bande sonore originale — mêlant chœurs humains et enregistrements subaquatiques — renforce encore les correspondances entre espaces immergés et domaines humains. La composition saisit les pulsations de la lagune et les empreintes de l’activité industrielle : des sons aquatiques noyés par le vacarme des embarcations aux battements réguliers des machines au milieu de la marée montante. Elle révèle ainsi les profondes imbrications entre les activités humaines et les faibles profondeurs de la lagune.
Sonia Levy est une artiste et cinéaste, d’ascendance berbère et polonaise. Son travail, fondé sur des enquêtes situées et interdisciplinaires, examine les implications des logiques occidentales d’expansion et d’extraction, et la manière dont ces forces s’inscrivent dans la transformation et la gouvernance des mondes hydrosociaux. Sa pratique cherche à sonder les seuils qui ont façonné — et continuent d’influencer — les conditions nécessaires à l’épanouissement du vivant.
Douna Lim, Théo Pesso
Millennium
Documentaire | 4k | couleur | 55:33 | Coree du Sud, Japon | 2024
Le 31 décembre 1999, des anonymes filment leur soirée de passage au troisième millénaire. Derrière et devant leurs caméscopes amateurs, ils mettent en scène leur attente de cet événement aussi historique que dérisoire. Dans la fête, chez des proches ou dans la rue, les filmeur-se-s enregistrent les détails de leur vie intime, dans l'idée de laisser un témoignage de ce passage à une nouvelle époque. À travers un montage d'images issues d’internet, le film propose une nouvelle perspective sur le processus de construction des récits de fin du monde.
Douna Lim est artiste vidéaste et plasticienne. Depuis 2022, elle est chercheuse et enseignante au département des arts visuels de la HEAD–Genève (HES-SO). Sa pratique, à la croisée de la vidéo, de l’installation et du dessin, s’intéresse à l’archive comme matériau vivant et interroge la mémoire à travers des gestes expérimentaux. Théo Pesso développe une pratique qui relie film, photographie, performance et musique. Son travail explore l’économie de la production des objets culturels dans leurs dimensions politiques, sociales et commerciales, ainsi que la manière dont ceux-ci circulent à travers différents cadres discursifs et culturels. Les deux artistes collaborent depuis 2014 et co-réalisent Mario 101 (2019), Preparadise Sorry Now (2021) et Millennium (2025) soutenu par la DRAC-Île de France. Leur travail est présenté en France (Fondation d’Entreprise Pernod Ricard (2019), Glassbox (2021) à Paris ; Café des Glaces (2021) à Tonnerre) et à l’internationale : Forde (2025), Halle Nord (2021) à Genève, Roehs Gallery (2020) Zurich ; Biwako Biennale (2018) Omihachiman, Japon) et a fait l’objet du Prix Gertrude Hirzel en 2021 et des Bourses Déliées du Fond Cantonal de l’Art Contemporain à Genève (2020).
Frédéric Liver
Dansul Satului
Fiction expérimentale | 4k | couleur | 30:0 | France, Roumanie | 2024
À travers une série de rencontres avec des travailleurs, leur environnement et leur activité, « It could have been... gold » est une série de films portraits explorant l'apprentissage. Dansul Satului, le premier film de la série, nous plonge dans le village roumain de Schela. Tel un journal intime, il montre la vie du village, ses habitants et le travail qu'ils accomplissent jour après jour. Nous rencontrons Cristi, un constructeur de murs en pierre, et Emil, un passionné de menuiserie. Nous avons construit un mur et une balustrade en bois, puis nous avons fêté l'anniversaire de Madalin. Autrefois, le village organisait une soirée dansante tous les dimanches. Les anciens observaient les plus jeunes, et si quelqu'un voyait qu'un garçon était un bon danseur, il pensait qu'il était un bon travailleur. Cette danse s'appelait « hora satului ».
Frédéric Xavier Liver est un artiste franco-italien dont la pratique pluridisciplinaire s’étend entre film, performance et installation. Son travail explore les processus d’apprentissage, d’endurance et de vulnérabilité comme moyens de réflexion sur la transformation et l’expérience partagée. Souvent initiés par un défi physique ou personnel, ses projets se développent à travers des rencontres, des gestes et des répétitions, révélant comment la mémoire et l’émotion habitent le corps. À la croisée de l’art visuel et de la performance, il crée des œuvres qui allient observation et participation, mêlant sensibilité poétique et recherche artistique. . Il vit et travaille entre France et Belgique.
Jan Locus
Intruders
Film expérimental | 0 | noir et blanc | 6:5 | Belgique | 2025
Intruders explore la frontière entre science-fiction et réalité, en interrogeant les thèmes de la colonisation inversée, de l’écologie et de l’impact humain sur l’environnement. Le film propose une réflexion introspective sur la fascination — et la peur — que l’Occident nourrit à l’égard d’entités extraterrestres. Dans un long panoramique, des paysages montagneux et des images brumeuses d’animaux apparaissent de manière éthérée, presque spectrale. Locus n’utilise pas d’images filmées au sens classique, mais des vidéos de chasse trouvées en ligne et des photographies noir et blanc d’observations d’OVNI des années 1950 et 1960. Bien que ces images trahissent leur origine par leur texture granuleuse, l’artiste a retiré les OVNI afin de fondre les paysages restants en un ensemble continu. Le phénomène de morts animales inexpliquées, souvent associé aux témoignages d’OVNI, devient ici une métaphore de l’influence humaine sur la nature. Locus mêle photographie et vidéo pour construire un récit complexe qui insiste sur l’ambiguïté entre réalité et fiction. Le film réfléchit aux « intrus » dans la nature, s’inspirant de visions dystopiques du futur, et invite le spectateur à considérer les relations complexes — et souvent troublantes — entre humains, technologies et milieux naturels.
Déployant son travail entre film, photographie et son, il aborde souvent le paysage comme un outil de construction des identités nationales et sociales, en se concentrant sur des environnements transformés par l’extraction et l’industrialisation. Dans sa dernière œuvre, il explore la tension entre found footage, photographie fixe et image en mouvement, soulignant l’ambiguïté de notre perception du réel et de la fiction. Ses films ont été présentés dans de nombreux festivals internationaux, notamment l’International Film Festival Rotterdam (IFFR), le Festival international du court métrage d’Oberhausen, les Rencontres Internationales Paris/Berlin, Le FIFA – Festival international du film sur l’art (Montréal), Kasseler Dokfest, Asolo Art Film Festival, Stuttgarter Filmwinter, CROSSROADS Film Festival (San Francisco), ANTIMATTER Media Art (Victoria), Festival ECRÃ (Rio de Janeiro), PROYECTOR Plataforma de Videoarte (Madrid), SPLIT Film Festival, ONION CITY Experimental Film Festival (Chicago), BISFF Beijing International Short Film Festival, et Flight / Mostra Internazionale del Cinema di Genova, entre autres. Locus vit et travaille à Bruxelles.
Sophie Loesch, Erja Andrea
Grimms Albtraum
Documentaire | dcp | couleur | 23:42 | Allemagne | 2025
The wolf is back, warned the mother Little Red Riding Hood. Social imprints reflect in collective stories and narratives - as in the fairytale ‘Little Red Riding Hood’. But what happens if fiction and reality become blurred and the fairytale suddenly finds itself in right-wing rhetoric? Documentary Folk Horror about right-wing rhetoric and the figure of the ?problem wolf ? as a subject of projection regarding social and national borders - a reinterpretation of the fairytale ‘Little Red Riding Hood’.
Andrea Erja studied cultural and social anthropology at the University of Vienna, specialising in media and visual anthropology. In addition to her studies, she has supported various documentary film festivals, such as Ethnocineca in Vienna and DOK.fest Munich, in various areas of activity. Since October 2022 she is studying documentary film directing and television journalism at the University of Television and Film Munich. Sophie Loesch graduated with a Bachelor's degree in Social and Cultural Anthropology and Art History and interned at DOK.fest Munich. Since Fall 2022 she studies Documentary Filmmaking at University of Television and Film Munich.
Lesley Loksi Chan
Lloyd Wong, Unfinished
Doc. expérimental | 0 | couleur | 28:49 | Canada | 2024
In the 1990s, Chinese-Canadian artist Lloyd Wong began a video work about his living with HIV. It remained unfinished. Thirty years after his death, Lesley Loksi Chan edited the material. Rough and unprocessed, this film explores the meaning of incompletion.
Lesley Loksi Chan is an artist and filmmaker. Her practice is concerned with questions of invisibility, believability and resistibility. Her work asks how material culture and image culture affect the particular ways we think, remember, and live together. Through experimental, handmade and process-based filmmaking, she creates moving-images as mementos.
Gabriela Löffel
We do not have to know each other in advance
Installation vidéo | hdv | couleur | 20:15 | Suisse | 2024
« Nous n’avons pas besoin de nous connaître à l’avance » est une œuvre vidéo hybride, qui alterne des moments de performance dansée, des images d'archives et des citations textuelles. Gabriela Löffel s'appuie sur l'aspect politique de l'espace public pour construire sa réflexion et développe un essai visuel qui met en scène la "performativité des corps dans cette zone d'action politique". En puisant dans l'œuvre écrite de Judith Butler, philosophe et théoricienne du genre états-unienne qui a travaillé sur la question du corps et de sa représentativité normée dans nos sociétés contemporaines, Löffel donne véritablement une corporéité aux questions soulevées par l'auteure. Les citations issues de l'œuvre de Butler sont données à voir en parallèle aux éléments dansés et archivistiques de la vidéo. La caméra presque fixe permet d'examiner en détail les gestes lents et précis des danseur·euse·s. Les déplacements de l'appareil sont presque imperceptibles, tant ils sont subtils. L'artiste et le chorégraphe Cédric Gagneur ont étroitement collaboré afin de définir les divers mouvements qui composent la chorégraphie : ils proposent une abstraction des gestes de résistance ou de révolte, tirés des images d'archives issues de la collection des Archives contestataires de Genève. La lenteur et le silence habitent la pièce et donnent suffisamment d'espace au corps pour qu'il puisse se déployer de manière individuelle ou en collectivité. L'œuvre propose ainsi une dialectique du potentiel de revendication dans l'espace public. Œuvre coproduite par le Fonds cantonal d'art contemporain, Genève, avec le Fonds d'art contemporain de la Ville de Genève pour le programme MIRE.
Gabriela Löffel travaille principalement avec des médias temporels et se concentre sur les zones grises des structures politiques et financières, ainsi que sur les infrastructures. Le déplacement et la traduction de l’immédiat documenté vers les champs de l’interprétation et de la mise en scène sont des stratégies qu’elle utilise dans son processus de travail. Une méthode qui donne souvent lieu à des projets à long terme et lui permet de créer des espaces de questionnement et de proposer des ruptures avec les récits linéaires. Elle s’intéresse à l’obliquité du sujet et de son contexte. C’est dans ce décalage, induit par sa manière d’aborder les sujets, que son travail ouvre des réflexions sur le sens de la compréhension d’un monde lorsque l’on prend conscience de la fragmentation de nos connaissances. Son travail a été présenté dans des institutions et des galeries dont MAST Bologne, Aargauer Kunsthaus, EMAF Osnabrück, Galería Metropolitana Santiago, Dazibao Montréal, la Biennale Kochi-Muziris et autres. Gabriela Löffel est lauréate du Swiss Art Award, du Lewis Baltz Research Fund, de la bourse Landis+Gyr, ainsi que d'autres.
Margit Lukacs, Persijn Broersen
Lion's Court
Vidéo | 4k | couleur | 20:0 | Pays-Bas | 2025
Lion’s Court est un court opéra cinématographique dans lequel le Binnenhof — siège du Parlement néerlandais à La Haye — est réimaginé comme une scène virtuelle où l’histoire se dissout dans le mythe. Inspirés par la découverte de restes de lions datant du XIV? siècle sur le site, et par la figure des baleines échouées interprétées comme des présages, Lukács & Broersen ont collaboré avec le compositeur et politologue Bram Kortekaas pour réinterpréter la vision goethéenne de la rédemption dans Faust. Au centre de cette œuvre se tient le lion Faust, interprété par le baryton Michael Wilmering — un despote en quête d’une liberté qui se dévore elle-même, miroir d’une ambition impériale au bord de l’effondrement. Les artistes se sont également appuyés sur les écrits de 1650 de Johan de Witt, Grand Pensionnaire républicain, dont les mots sont portés par la baleine (alto-mezzo Carina Vinke), surgissant des fondations inondées du Binnenhof. De Witt soutenait qu’une véritable république ne doit pas être gouvernée selon les caprices d’un seul, mais fondée sur les principes de liberté et d’égalité — les bases mêmes de la démocratie. Dans Lion’s Court, un hortus conclusus numérique se déploie : un monde fluide et clos où pouvoir, morale et prophétie convergent, et où les mythes du passé résonnent au cœur des politiques du présent.
Margit Lukács et Persijn Broersen sont un duo d’artistes basé à Amsterdam, qui explore les enchevêtrements entre nature, culture et technologie. Leur travail comprend des films, des animations numériques et des installations spatiales qui interrogent la manière dont les médias façonnent notre perception du monde naturel. Diplômés du département de design graphique de la Gerrit Rietveld Academie, ils ont poursuivi un MFA au Sandberg Institute et ont été artistes en résidence à la Rijksakademie d’Amsterdam. La pratique de Broersen & Lukács s’ancre dans la théorie des médias, l’histoire de l’art et la mythologie. S’appuyant sur des sources cinématographiques, scientifiques et historiques, ils réinventent paysages et phénomènes naturels au travers d’environnements numériques stratifiés. Leur travail réfléchit souvent aux politiques de représentation et à l’appropriation de la nature, reconfigurant les récits dominants par des formes de narration fragmentées et multiperspectivistes. Leurs installations et leurs films ont été largement exposés à l’international, notamment au Stedelijk Museum Amsterdam (NL), au Centre Pompidou (FR), à FOAM (NL), au MUHKA (BE), au Centraal Museum (NL), au MacKenzie Art Gallery (CA), à la WRO Biennale (PL), à la Biennale de Sydney (AU), aux Rencontres Internationales (HKW Berlin, Louvre/Grand Palais/CWBP, Paris) et à la Biennale de Wuzhen (CN). En 2024, ils ont représenté les Pays-Bas à la Biennale de Gwangju. Leur film I Wan’na Be Like You a été nommé pour le Tiger Award/IFFR 2024.
Ewan Macbeth
Facade
Fiction expérimentale | 4k | noir et blanc | 5:25 | Pays-Bas | 2025
A burn survivor dwells on the incident that scarred him, unraveling a tale of malpractice and the devastating cost of putting profit over people.
Ewan Macbeth (b. 1992) is a Scottish filmmaker based in Rotterdam (NL) and Edinburgh (UK). After studying Fine Art Photography at the Glasgow School of Art, he completed an MA in Lens-Based Media at the Piet Zwart Institute. His work has been shown at the International Film Festival Rotterdam, Rencontres Internationales Paris/Berlin, Ji.hlava International Documentary Film Festival, European Media Art Festival Osnabrück, Eye Filmmuseum Amsterdam, TENT Rotterdam, CCA Glasgow, and RSA Edinburgh, among others.
Ruth Maclennan
All The Tears In The Sea
Doc. expérimental | 4k | couleur | 36:0 | Royaume-Uni, Norvège | 2024
All the tears in the Sea is a letter from the remote Svalbard archipelago, where global heating and Russia’s invasion of Ukraine disrupt the fragile Arctic ecology. Temperatures and geopolitical tensions are rising. Svalbard is a place of extremes, contradictory and fractured: cosmopolitan, yet determinedly Norwegian, built on coal mining yet vaunting its eco-credentials, a free economic zone and a nature reserve, a science lab and a tourist trap. The film travels through time and matter, into dreamed of pasts and threatening futures, tracing encounters with humans, birds, dying glaciers and other beings and listening to their stories.
Ruth Maclennan is an artist and researcher whose work includes films, photographs, performances, writing and curatorial projects. She has made films in Kazakhstan, Ukraine and Arctic Russia. Many of her films and photographs explore how the climate emergency has affected and altered experiences of place and landscape – both for the inhabitants, and as representation. A Forest Tale (2022, Arctic Art Institute/FVU) was shot in the boreal forests of Arctic Russia. Treeline (2021, FVU/Forestry England) made of hundreds of clips of trees contributed through an open call was selected by the Whitechapel Gallery for Artists’ Film International. Her work is exhibited widely internationally, in exhibitions and film festivals (recently at Royal Academy, Whitechapel Gallery, Bødo Biennale, Paris Photo, KUMU Museum, National Gallery of Art, Lithuania, Schlossmediale, Switzerland). Ruth is currently lead artist, in the major international research network (2024-28, funded by UKRI), Shifting Global Polarities: Russia, China, and Eurasia in Transition, organising the arts programme and annual artists’ fellowships. She also belongs to the Crown Letter, www.crownproject.art started by Natacha Nisic in 2020. She has a PhD from the Royal College of Art, and a masters in Modern Languages, from the University of Cambridge. She lectures on artists’ moving image at Central Saint Martins, London, and on geographies of the Arctic at the University of Cambridge. www.ruthmaclennan.com.
Martí Madaula
Tramuntana
Film expérimental | dcp | noir et blanc | 18:27 | Espagne | 2025
Dans une zone reculée du nord de l’Espagne, le vent porte un nom : la Tramuntana. La Tramuntana prend ce qu’elle veut — vêtements, arbres, bateaux, et les habitants du paysage, qui vivent sous la menace constante d’être emportés par sa force. Ce film est un portrait lyrique de ce vent furieux, tissé à partir des récits transmis par les villageois.
Martí Madaula est un artiste et cinéaste basé à Madrid. Il est titulaire d’un diplôme en beaux-arts de l’Université de Barcelone, d’un Master of Visual Arts de la LUCA School of Arts de Gand (Belgique) et d’un Master of Fine Arts en film, vidéo, nouveaux médias et animation de la School of the Art Institute of Chicago. En 2019, il reçoit le Prix extraordinaire des Beaux-Arts de l’Université de Barcelone. En 2021, il obtient la prestigieuse bourse de la Fondation “la Caixa” pour poursuivre ses études aux États-Unis. Son dernier film, Tramuntana, a connu sa première mondiale au Museum of Modern Art (MoMA) de New York, dans le cadre de Doc Fortnight 2025, le festival international du film et des médias non fictionnels du MoMA. Son premier film, The Living Wardrobe, a été présenté en première mondiale dans la section Opening Scenes de Visions du Réel 2024, l’un des plus importants festivals internationaux de documentaire et de cinéma du réel. Madaula a participé à des résidences artistiques dans des institutions prestigieuses telles que le Centre Pompidou (Paris) ou la Haus der Kulturen der Welt (Berlin). Il a exposé son travail dans des expositions personnelles et collectives à l’international.
Melanie Manchot
Line Of Sight (The Tower)
Vidéo | 4k | couleur | 12:7 | Allemagne, Suisse | 2025
Tournée dans une tour de télécommunications désaffectée, autrefois abritant des équipements militaires secrets, cette œuvre prolonge mon enquête sur les montagnes et leurs architectures en tant qu’espaces d’enchevêtrements entre humains et milieux naturels. Elle revient plus précisément encore au village alpin d’Engelberg, où je réalise des travaux depuis 2010. Dans Line of Sight, la caméra explore une structure désertée, un espace laissé derrière. Comme si chacun avait quitté les lieux en plein geste, les environnements portent les traces d’une vie passée, depuis longtemps disparue. À l’intérieur comme à l’extérieur, la caméra observe cette architecture déroutante au fil de longs panoramiques et travellings, jusqu’à un moment d’envol qui dévoile la structure — comme flottant dans l’espace. Lorsque la tour était en fonction, elle assurait de multiples usages, notamment celui d’abri et de refuge durant les tempêtes. Une pièce remplie de vieux matelas témoigne de ces moments de danger. Le titre Line of Sight renvoie à ces tours perchées au sommet des montagnes, se faisant face à distance et permettant d’anciennes formes de communication. Avec l’évolution technologique, ces tours sont désormais des dinosaures : solitaires, obsolètes, devenant ainsi des symboles d’endurance, de résistance et de modes d’échange révolus. En 2025, cette tour est en cours de transformation en un espace dédié au « divertissement de montagne » — accentuant la dichotomie d’industries alpines qui ne cessent d’accroître la fréquentation des sommets et des glaciers, contribuant de fait à l’accélération du changement climatique.
Artiste visuelle et cinéaste basée à Londres, Melanie Manchot utilise la photographie, le film, la vidéo et le son pour mener des enquêtes approfondies sur nos identités individuelles et collectives. Son travail interroge et mobilise des actes de soin, de résistance et de communalité afin d’engager les urgences sociales et politiques de nos sociétés. Ses films explorent des formes innovantes de narration, portés par une compréhension aiguë du pouvoir du cinéma à traiter des enjeux cruciaux et à produire un impact profond. Toutes ses œuvres filmées reposent sur une recherche ancrée dans des lieux spécifiques, et les paysages montagneux constituent un motif récurrent permettant d’aborder la fragilité des environnements dont nous avons la charge. Les œuvres de Manchot ont été présentées dans des expositions en musées et galeries à l’international, et elle prépare actuellement une vaste exposition personnelle au Royaume-Uni pour le début de l’année 2026. Son premier long métrage, STEPHEN, commandé par la Liverpool Biennial, aborde le jeu d’argent, les addictions, la guérison et la santé mentale à travers une articulation entre fiction narrative et documentaire. Distribué en salles par Modern Film en 2024, il continue d’être présenté en exposition sous forme d’installation multi-écrans. Manchot travaille actuellement à son deuxième film, Self Storage, tandis qu’un autre long métrage – un hybride fiction/documentaire intitulé One Day As A Tiger, est en développement.