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Résultats pour : Catalogue 2021
Noor Abed, Mark Lotfy
One Night Stand
Doc. expérimental | mov | couleur | 24:0 | Palestine, Egypte | 2019
Le film est basé sur la rencontre réelle que les réalisateurs ont faite un soir avec un homme Européen inconnu, une nuit dans un bar de Beyrouth. Il s'agit d'un combattant en route pour rejoindre la milice kurde qui lutte contre l'État islamique sur le territoire syrien. La conversation a été secrètement enregistrée sur un téléphone portable, et sert de scénario à des situations modélisées animées et à des reconstitutions performatives de ce soir-là. Le film est également un questionnement formel sur l'authenticité apparente du documentaire et sur les possibilités de représentation de la réalité au moyen de simulations et de situations modélisées.
Noor Abed est née en 1988 à Jérusalem (Israël). Elle est artiste interdisciplinaire et réalisatrice. Elle crée des œuvres multimédia à la frontière de la performance, du cinéma et des nouveaux médias. Sa pratique examine les notions de chorégraphie et les relations imaginaires entre les individus, créant des situations où les possibilités sociales sont à la fois répétées et exécutées. Ses recherches actuelles portent sur le concept de mythe et la forme du réalisme magique – ainsi que sur leur relation étroite avec les discours coloniaux et post-coloniaux. Mark Lotfy est né en 1981 à Alexandrie (Égypte). Il est réalisateur de films expérimentaux. Il explore la frontière entre les récits de fiction, le film documentaire et les arts médiatiques. Sa pratique interroge le quotidien, le contingent et le virtuel. Ses recherches actuelles portent sur les notions de nationalisme, de fondamentalisme, d'émotionnalisme et d'héroïsme - à travers leurs mécanismes non seulement idéologiques et performatifs, mais aussi technologiques. Il examine les structures encadrées dans lesquelles sont produites de nouvelles subjectivités aliénées.
Yalda Afsah
Vidourle
Documentaire | mov | couleur | 10:0 | Allemagne | 2019
Le film de Yalda Afsah, tirant son nom du Vidourle, un fleuve français, documente une chorégraphie étrange et subtilement troublante. Il met en scène un groupe de jeunes hommes, qui prennent part à ce qui pourrait être un rituel, un spectacle, un jeu ou un combat. Dans leurs mouvements collectifs, ainsi que dans les moments individuels de concentration, d'anticipation et parfois d'insouciance, les protagonistes, des adolescents pleins d'adrénaline, semblent incarner la fragilité de la condition humaine dans l'attente d'un changement environnemental, semblable à un courant de rivière d'une force inattendue.
Yalda Afsah explore la façon dont l'espace peut être construit de manière filmique, et le caractère documentaire de ses œuvres tend souvent vers des formes de théâtralité. Cette caractéristique formelle de sa pratique se reflète conceptuellement dans ses portraits documentaires à propos de relations entre l'être humain et l'animal, qui révèlent une ambivalence entre soins et contrôle, force physique et volonté brisée, instinct et manipulation. Il cherche à remettre en question et à dissoudre ces dichotomies, tout en créant un espace pour réfléchir à la possibilité d'une empathie globale entre les espèces.
Mauricio Arango
Seafarer
Film expérimental | mov | couleur | 26:0 | Colombie, USA | 2020
"Seafarer" est un film narratif expérimental. Il combine un style d’essai, le field recording, des fragments d'études visuelles, des expériences avec des acteurs et une réflexion romancée sur la production artistique ancrée dans l'expérience personnelle. Un unique monologue accompagne des prises de vue, longues pour la plupart, illustrant des moments quotidiens filmés dans la ville de New York: un coucher de soleil sur le fleuve Hudson, des gens à la plage, un film projeté dans une salle de cinéma, des golfeurs sur un parcours de Chelsea Piers, etc. Les images du montage sont reliées par une voix off répétitive et à la première personne, interprétée par la chanteuse Little Annie, originaire de Miami, qui incarne le personnage d'une réalisatrice anonyme. Ses paroles obsédantes, prononcées avec humour et sérieux, offrent une méditation sur les failles de sa vie d'artiste. Elles abordent une multitude de sujets, dont notre relation ambiguë avec le capital, la relation complexe entre les acteurs et les réalisateurs, l'expérience d'être dans un cinéma, et les périodes où les nouvelles idées se font rares. "Seafarer" met en évidence les tensions entre l'observateur et le créateur, entre ce qui est scénarisé et ce qui est capté par hasard.
Mauricio Arango est né à Bogotá, en Colombie, et vit et travaille à New York (USA). Il est ancien élève de l'Independent Study Program du Whitney Museum of American Art, New York (USA), et a participé à des résidences au Headlands Art Center for the Arts, San Francisco (USA); à la MacDowell Artist Colony, Peterberough (USA) et au Museo El Barrio, New York (USA). Il a obtenu un MFA à l'université du Minnesota, Minneapolis (USA). Ses films ont été projetés dans des festivals d'art et de cinéma, notamment au New Directors/New Films at the Lincoln Film Society, New-York (USA); au Museum of Modern Art, New York (USA); à Kino Der Kunst, Munich (Allemagne); à VideoBrasil, São Paulo (Brésil); au FIDMarseille (France); aux Rencontres Internationales Paris/Berlin (France/Allemagne); et à IndieLisboa, Lisbonne (Portugal). Il a reçu des prix sous la forme de soutien financier de la part d'institutions telles que la Foundation For Contemporary Art, New York (USA); RivieraLab Coproduction Fund, Playa del Carmen (Mexique); Secretary of Culture, Bogota (Colombie); Filmmakers Fund, Rooftop Films, New York (USA); Matt Robert Arts, Londres (Royaume-Uni); Bush Foundation For the Arts, Saint Paul (USA); la Jerome Foundation, New York (USA); le National Fund for the Arts de la National Association of Latino Artists and Communities, San Antonio (USA); et The Minnesota State Arts Board, Minneapolis (USA), entre autres.
Anna ådahl
The Power of Flow. The Flow of Power
Vidéo expérimentale | hdv | couleur et n&b | 18:0 | Suède | 2020
À travers une expérience immersive, ce film aborde la façon dont la notion et le terme de "flux" et les "états de flux" ont été monétisés par notre économie actuelle, et l’accélération de notre société de consommation, de production et de performance 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Ce film navigue à travers les différents flux, depuis les origines de cette notion dans les traditions d'inclusion et de nature bouddhistes et taoïstes, en passant par les vaisseaux sanguins informatisés, les chiens fractals créés par Deep Dream, le cosmos, jusqu'aux graphiques des flux de migrants, et à la méditation en pleine conscience véhiculée par les clips de relaxation en ligne et les "sleeptubes", ainsi que leurs forums de discussion permanents. Ces nouveaux modes de relaxation et de pleine conscience jouent un rôle déterminant dans l'activation du flux continu associé à notre système économique actuel et à nos modes de production accélérés, agissant comme des pauses artificielles pour assurer une meilleure endurance corporelle et une meilleure performance. La notion de flux, inhérente à notre système de survie physique par la circulation du sang, de l'oxygène et des nutriments, est désormais détournée par notre système économique. En fin de compte, la notion de flux a été transformée en un outil bio-politique, dont le but est d'optimiser l'efficacité et le potentiel de performance de nos comportements individuels et collectifs.
Anna Ådahl est artiste plasticienne et chercheuse. Elle travaille avec différents supports tels que le film, les installations et la performance. Ses outils de prédilection sont l’assemblage et le montage, où le found footage rencontre des images nouvelles, où les ready-made servent d’accessoires dans des récits spatiaux, et où le corps est utilisé comme outil d'investigation dans les performances mises en scène. Depuis plus de dix ans, la notion de foules et leur aspect politique sont au cœur de sa pratique artistique. Sa recherche fondée sur la pratique des beaux-arts, "Inside the Postdigital Crowds", au Royal College of Art de Londres (Royaume-Uni), porte sur l'esthétique et la politique des conditions numériques dans lesquelles les foules contemporaines sont opérées et gouvernées.
Saulius Baradinskas
Golden Minutes
Fiction | 16mm | couleur | 10:0 | Lituanie | 2019
Poussé à bout par une énorme dette et son divorce imminent, un comptable poétique décide de se suicider, mais est sauvé par une crise cardiaque.
Saulius Baradinskas (né le 19 septembre 1990) est réalisateur de films, de publicités et de vidéoclips. Il est originaire de Vilnius, en Lituanie. Il s’est fait remarquer par la réalisation de vidéoclips dans les pays baltes. Lors de la remise des prix KlipVid en 2018, il a été élu meilleur réalisateur de l'année et a remporté le prix du meilleur vidéoclip pour la réalisation.
Gregory Bennett
Edifice I
Animation | mp4 | couleur | 8:35 | Nouvelle-Zélande | 2020
"Edifice I" est une animation expérimentale en 3D d’une durée de 8:35 minutes. Cette œuvre s'inscrit dans une pratique artistique qui s’approprie l'animation informatique 3D et le corps numérique pour explorer les thèmes et les tensions autour de la nature et de la culture, de l'utopie et de la dystopie, par la présentation d'écosystèmes numériques complexes. Le terme "édifice" peut désigner à la fois un grand bâtiment imposant et un système complexe de croyances établi de longue date. "Edifice I" est l’œuvre la plus récente d'une série de réalisations de l'artiste, qui imagine des tours du type de celle de Babel tournant à l'infini, dans un vide infini. Des figures humaines uniformes n'apparaissent que par intermittence, précaires, dominées ou piégées par la superstructure parfois instable. La tour évoque parfois une machine en mouvement perpétuel, sans but évident. Bien qu'elle ressemble à une forteresse, elle est présentée comme une structure perméable et conditionnelle, parfois dans un état de flux instable, incarnant la fragilité du désir utopique et l'impermanence de l’activité humaine.
Gregory Bennett est né et habite en Nouvelle-Zélande (Aotearoa en maori). Artiste numérique, il explore les conceptions utopiques et dystopiques à travers des représentations du corps numérique multiplié. Il utilise l'animation 3D dans une pratique créative qui englobe la vidéo, la capture de mouvement, le mapping vidéo et la réalité virtuelle. Ses œuvres ont été exposées à l'international: aux États-Unis, à Hong Kong, en Chine, en Australie et en Europe. Il a notamment exposé "real-fake.org.2.0" au BronxArtSpace, New York (USA); à l’édition 2019 des Rencontres internationales Paris/Berlin (France/Allemagne); au 2016 International Symposium on Electronic Art, Hong Kong (Chine); au Supernova Digital Animation Festival, Denver (USA), et au Centre for Contemporary Photography, Melbourne (Australie). Il a été finaliste du 7e Screengrab International Media Arts Award, Townsville (Australie), en 2015; il a été sélectionné pour Narracje 2013, Installations and Interventions in Public Space, Gdansk (Pologne), ainsi que pour l'exposition "Video Contemporary" à la Sydney Contemporary International Art Fair (Australie) [2015]. Son travail a été joint à la série de gravures "Imaginary Prisons " de Giovanni Battista Piranesi pour une exposition à la galerie AALA de Los Angeles (USA) en 2018. Gregory Bennett est titulaire d'un Master de l'Université d'Auckland (Nouvelle-Zélande), et est actuellement chef du département de conception numérique et d'arts visuels à la Auckland University of Technology.
Marine Bikard
Coulisses
Animation | mp4 | couleur | 4:9 | France | 2020
Un mouvement de caméra comme un balancement de tête, de gauche à droite. Si bien qu’il y a toujours ce qui sort et ce qui entre dans le champ. Dans ce trajet, l’œil caméra croise un papier, du papier peint, et plus loin encore, un miroir dans lequel se reflètent papier-peint et papier.
Marine Bikard est née en 1988 et diplômée de l’ENSBA - École nationale supérieure des beaux-arts de Paris (France) en juillet 2020. Avant et en parallèle de ce cursus artistique, elle a travaillé comme sociologue et poursuit la réalisation d’enquêtes de terrain. Pendant ces cinq années passées à l’ENSBA de Paris, elle a travaillé dans les ateliers de Pascale Martine Tayou, Emmanuelle Huynh, Aurélie Pagès et Jean-Michel Alberola, et a régulièrement participé à des workshops de danse qui ont marqué son parcours, notamment sa rencontre avec la chorégraphe américaine Lisa Nelson. Depuis 2019, elle imagine des rencontres collectives pour explorer par le dessin différentes manières d’être avec ce qui nous entoure. En 2021, elle a été artiste en résidence à l’Embac – École municipale des beaux-arts de Châteauroux (France).
Manuel Billi
Guardarla negli occhi (La Regarder dans les yeux)
Doc. expérimental | hdv | couleur | 15:0 | Italie, France | 2020
Une journée dans la vie d'une famille. Une histoire de mains: des mains qui agissent, des mains qui assistent, des mains qui dansent jusqu'à la fin de la journée.
Manuel Billi vit et travaille à Paris. Critique cinéma et réalisateur, il est l'auteur de plusieurs essais sur le cinéma contemporain. Depuis 2000, il collabore avec différents magazines de cinéma italiens et français. En 2014, il réalise son premier film court expérimental, "Battre, enlever". Son premier film court de fiction, "Ghosts of Yesterday" (2017) a été présenté en avant-première à la Mostra de Venise (Italie). Par la suite, il a alterné entre fiction ("Enter", 2018, sélectionné dans plus de vingt festivals internationaux ; "Ten Times Love", 2020) et documentaire ("Guardarla negli occhi - La Regarder dans les yeux", sélection officielle 2020 à la Mostra Internazionale del Nuovo Cinema di Pesaro, Italie).
Pia Bolognesi, Bursi Giulio
The Leaks of Venice
Doc. expérimental | dcp | couleur et n&b | 17:0 | Italie, Allemagne | 2020
Un vieux bâtiment de Venise accueille une exposition, un visiteur traverse des pièces vides et découvre un espace architectural fictif qui fonctionne comme un décor de théâtre abandonné. Alors qu'une ville qui se noie lentement vous inonde de sa présence obsessionnelle sur et hors champ, l'imagination ne peut dépasser la réalité. Inspiré par l'œuvre d'Alexander Kluge et sa constellation de réalisations filmiques et vidéo, le cadre métanarratif de cette exploration tente de déconstruire l'expérience subjective et de libérer l'énergie filmique de l’horror vacui de l’écran.
Pia Bolognesi (PhD, née en 1981) est conservatrice indépendante, historienne de l'art et artiste. Elle vit à Berlin. Ayant de l’expérience en arts du spectacle, théorie du cinéma et études visuelles et environnementales, elle a organisé des installations à grande échelle, des expositions et des projets multidisciplinaires pour des institutions telles que la Tate Modern, Londres (Royaume-Uni); le MoMA – Museum of Modern Art, New York (USA); le Centre Pompidou, Paris (France); le FNC – Festival du nouveau cinéma de Montréal (Canada) et la 56e Biennale de Venise (Italie). Ses œuvres et installations ont été présentées, entre autres, au Wiels, Bruxelles (Belgique); au Musée des Beaux-Arts de Montréal (Canada); à la Kyoto University of Art and Design (Japon); à la Tokyo University of the Arts (Japon); à la Deutsche KunstHalle, Berlin (Allemagne) et à la Triennale de Milan (Italie). Giulio Bursi (PhD, né en 1978) est curateur indépendant de films, dramaturge et cinéaste. Il vit à Berlin. Formé en théorie du cinéma, il a été assistant réalisateur de Jean-Marie Straub et Danièle Huillet. Il a réalisé un long métrage documentaire ("J'écoute!", 2007) et différents films courts et installations en collaboration avec des institutions internationales et des festivals de cinéma tels que le Austrian Film Museum, Vienne (Autriche); la 56e Biennale de Venise (Italie); le festival international To Save and Project du MoMA, New York (USA); le Torino Film Festival, Turin (Italie); Il Cinema Ritrovato Bologna, Bologne (Italie); la Berlinale, Berlin (Allemagne); le Festival du nouveau cinéma de Montréal (Canada); GAM – Galleria d’Arte Moderna, Turin (Italie). Pia Bolognesi et Giulio Bursi travaillent ensemble sous le nom d'Atelier Impopulaire depuis 2012. Leurs installations ont été exposées au Centre Pompidou, Paris (France); à la Triennale de Milan (Italie); à la Kunsthaus Bregenz, Bregenz (Autriche); au GAM – Centro Gabriela Mistral, Santiago (Chili); à The Mix Place, Shanghai (Chine); au West Bund Art Space, Shanghai (Chine); à la Power Station of Art Shanghai (Chine); à la Volksbühne Berlin (Allemagne); au ZKM – Zentrum für Kunst und Medien Karlsruhe (Allemagne); à la Tate Modern, Londres (Royaume-Uni); au Gallery Weekend Berlin (Allemagne); au Festival du film de Rotterdam. L'Atelier Impopulaire a développé des projets in situ à l’international, en collaboration avec des artistes comme Aldo Tambellini, Dries Van Noten, Morgan Fisher, Danièle Huillet et Jean-Marie Straub, Peter Tscherkassky, Margaret Honda, Experimental Jetset, Christopher Williams, Alexander Kluge.
Andrea Bordoli
Requerimiento
Film expérimental | 16mm | couleur et n&b | 8:9 | Suisse | 2020
Le terme requerimiento désigne une proclamation de droit divin de la monarchie espagnole de Castille de prendre possession des territoires du Nouveau Monde, et de soumettre, d’exploiter, et, si nécessaire, de combattre les habitants autochtones. Ce film court expérimental en 16mm explore l'esthétique d'un temps mythologique, ainsi que ses créatures et matérialisations archétypiques. En particulier, en suivant les trajectoires d'un serpent et d'un fragment de météorite, "Requerimiento" développe une narration entrelacée, qui interroge les altérités humaines et non humaines, à différentes époques et dans différentes cultures.
Andrea Bordoli a obtenu une Licence en anthropologie et philosophie à l'Université de Neuchâtel (Suisse) [2015], et un Master en anthropologie visuelle à l'Université de Manchester (Royaume-Uni) [2017]. Il vit actuellement à Genève (Suisse), où il étudie le cinéma à la HEAD - Haute École d'Art et Design, tout en développant ses recherches personnelles à l'intersection entre la théorie anthropologique, le cinéma documentaire et les arts visuels.
Gaelle Boucand
Voin
Documentaire | mov | | 30:0 | France, Bulgarie | 0
Voin a grandi dans la Bulgarie communiste. Après vingt ans passés en Europe de l’Ouest, il retourne à Sofia sur les lieux de son enfance et de son adolescence. Son portrait se compose de lieu en lieu, de souvenir en anecdote. Du cou coupé du coq qui voulait l’énucléer aux rites d’initiation sexuelle dans la maison interdite, Voin campe les saynètes d’un roman d’apprentissage bataillien, cru et souverain. En racontant ses travestissements, il revendique aussi l’exercice d’une liberté, d’une agilité à se mouvoir dans le cours de l’Histoire. Voin l’imite, en hérite, et c’est l’Histoire qui transparaît dans une tonalité rafraîchie, une vitalité excentrique et mineure, loin des lieux communs du récit majoritaire. Et quand, penché sur le vide au 19e étage de la tour Tolstoï, le trentenaire contemple les barres d’immeubles du quartier Espoir de son enfance, son vertige est contagieux, et la sensation (dé)grisante. (Cyril Neyrat)
Gaelle Boucand est artiste et cinéaste. Sa pratique se concentre depuis dix ans sur la réalisation de documentaires au sein desquels les questions du portrait et du dispositif filmique tiennent une place centrale. En 2010, son premier film, "Partis pour Croatan", sur une communauté de raveur, est exposé, notamment au Musée d'Art Moderne de la ville de Paris (France). Son deuxième film, "JJA" — premier volet d'une trilogie — dresse le portrait d'un exilé fiscal en Suisse. Il reçoit la mention du Grand Prix de la compétition française au FIDMarseille (France) en 2012, ainsi que le Grand Prix expérimental au festival Coté Court de Pantin (France), et est également diffusé au sein de multiples institutions artistiques internationales (Kunsthalle Mannheim (Allemagne); MAST – Manifattura di Arti, Sperimentazione e Tecnologia Bologna, Bologne (Italie); Kunstwerk Carlshütte, Büdelsdorf (Allemagne). Depuis 2014, elle enseigne régulièrement à l'isdaT – Institut supérieur des arts de Toulouse (France) et réalise des films avec différentes écoles. En 2015, elle termine "Changement de décor", deuxième volet de la trilogie initiée avec "JJA", présenté notamment aux États généraux du film documentaire de Lussas (France), et cofonde la société Elinka Films. En 2020, "J.A" — qui vient clore la trilogie — est en compétition à Cinéma du Réel, Paris (France), et son dernier film, "Voin", portrait d'un homme à travers son retour en Bulgarie, reçoit le prix Alice Guy au FIDMarseille (France).
Michael Busch
How Long is Now
Doc. expérimental | 4k | couleur | 84:32 | Allemagne | 2020
L'être humain dans un filet, une image paradigmatique pour toute l'œuvre: Laocoon, celui qui mit en garde face au cheval de Troie. En sculpture il est déjà étranglé par le serpent, le serpent le relie à ses fils, ensemble ils forment un monument à l'impuissance. Celui qui mit en garde face au cadeau empoisonné de l'avenir, répète ce que la boîte de Pandore a apporté à l'humanité. L'avenir qui se dessine à partir de notre présent est porteur à parts égales de dangers et d'espoirs. Dans "How Long Is Now", la toile d'araignée apparaît sous différentes formes. C'est le réseau ferroviaire impérial qui propage le colonialisme, ce sont les câbles de données qui reposent au fond des océans entre les continents, ce sont les algorithmes qui dominent le commerce et la bourse, ce sont les systèmes GPS, les logiciels de reconnaissance faciale, les mappemondes déformées. L'être humain y lutte contre sa mortalité, lutte contre le langage, les concepts qui façonnent pensée et action, lutte contre la moralité et contre son expansion dans la technosphère. Le film utilise sans retenue le gisement des images du vingtième siècle, citant avec désinvolture l'histoire de l’image en mouvement et de sa virtualisation progressive. Le plan de l'image se niche parfois à proximité du récit parlé des conférences, puis il élargit l'espace du discours, ajoute des associations et des situations, et se met en réseau avec l'héritage du présent élargi. Depuis quatre ans, je participe à ces événements et ai produit une série de courtes bandes-annonces pour les promouvoir. Ces clips sont des films expérimentaux de 30 secondes, réalisés selon le principe du "stream of consciousness". Avec les archives visuelles créées au fil de ces productions et la possibilité d'utiliser les archives de la HKW, l'idée m’est venue de développer une œuvre longue et complète à partir de ces images. Je voulais créer un espace de possibilités dans lequel les questions sur notre présent pourraient être articulées, au-delà des réponses googlées rapidement.
Michael Busch a étudié les sciences appliquées du théâtre à la Universität Gießen (Allemagne), et les beaux-arts et le cinéma expérimental à la Universität der Künste Berlin (Allemagne). Il réalise des films et des performances filmiques. Il a travaillé comme curateur de films pour la Volksbühne Berlin de 2003 à 2017, et a été professeur de cinéma expérimental à la Universität der Künste Berlin (Allemagne) de 2007 à 2013. Ses œuvres ont été présentées dans divers festivals internationaux de cinéma, notamment à la Berlinale - Forum Expanded, Berlin (Allemagne); au Centre Pompidou, Paris (France); au Musée Reina Sophia, Madrid (Espagne); à la Biennale de São Paulo (Brésil); au Torino International Film Festival, Turin (Italie); à San Francisco (USA); et à Édimbourg (Royaume-Uni).
Eneos Carka
The First Few Moments of the First of January
Film expérimental | mov | couleur | 12:39 | Albanie | 2020
Un film est projeté dans une chambre où dort une femme. Le personnage du film parle de l'avenir de l'humanité et ses paroles pénètrent dans la tête de la femme, envahissant son subconscient.
Eneos Çarka (1996, Albanie) a commencé sa formation cinématographique à l'Université des Arts d'Albanie en réalisation. Il a reçu la bourse du Government Fund of Excellence pour faire un Master en études cinématographiques au University College London (Royaume-Uni), où il a obtenu son diplôme avec distinction. Il fait actuellement partie de la 8e génération de DocNomads, un master conjoint Erasmus Mundus en Documentaire de création. Ses courts documentaires se concentrent sur les études de personnages et traitent souvent des thèmes de l'identité, de la migration et des relations familiales. Il porte une attention particulière aux problématiques des représentations, expérimentant différentes approches du cinéma documentaire. Son premier long métrage documentaire est actuellement en post-production.
Agustina Comedi
Playback. Ensayo de una despedida
Doc. expérimental | 4k | couleur | 14:32 | Argentine | 2019
In Córdoba, far away from Argentina’s capital city, the end of a military regime promises a spring that doesn’t last long. “La Delpi” is the only survivor from a group of transgender women and drag queens, who began to die of AIDS in the late 80’s. In a catholic and conservative city, the Kalas Group made their weapons and trenches out of improvised dresses and playbacks. Today the images of a unique and unknown footage are not only a farewell letter, but also a friendship manifesto.
Agustina Comedi (1986) Córdoba, Argentina. Screenwriter and Filmmaker. She studied Modern Literature. In 2017 her first film "Silence is a Falling Body" was premiered at IDFA. The film was multi-awarded and selected in more than 50 international festivals. Nowadays she's writing her second feature.
Jasper Coppes
Aasivissuit
Doc. expérimental | 4k | couleur | 23:30 | Pays-Bas, Groenland | 2020
Les récentes images de la fonte des glaces polaires au Groenland, diffusées dans les médias internationaux, ont présenté ce pays à la fois comme l’épicentre de la crise climatique, et comme une vaste étendue à exploiter pour ses ressources. Le film "Aasivissuit" vise à en offrir une vision différente, en montrant plutôt son paysage et ses habitants: il se concentre sur les discussions entre les gens à propos du changement climatique et de la façon dont ils s'adaptent, dans leur relation complexe avec un environnement changeant. Le film suit deux gardes forestiers, qui explorent la campagne groenlandaise. Au cours de leurs conversations, ils échangent des connaissances nouvelles et anciennes à propos de cette terre. Ils expliquent comment d'anciens sédiments fertiles du Groenland sont utilisés pour nourrir des sols exploités ailleurs, et comment certains microbes ont trouvé le moyen de subsister malgré la pollution. Attirant l'attention sur la présence non humaine dans ce décors, la caméra adopte parfois le point de vue d'une mouche ou d'un corbeau, ou encore plonge dans l'un des trous de la calotte glaciaire qui fond, là où s'accumulent les métaux lourds toxiques. Le film s'interroge sur la manière dont nous pouvons expérimenter et peut-être comprendre ces différentes perspectives.
Jasper Baldwin Coppes est né en 1983 à Amsterdam (Pays-Bas). Il est artiste visuel, et travaille sur un large éventail de supports tels que le film, la performance sonore, l’installation et l’écriture. Dans ses œuvres, il explore les façons dont on peut transformer les récits dominants à propos du monde et de ses habitants. Les paysages controversés, les entités non humaines, les objets silencieux et leur présence ont souvent été au cœur de sa pratique. Il a obtenu un diplôme à la Gerrit Rietveld Academie, Amsterdam (Pays-Bas), en 2008, et a été boursier de la Jan van Eyck Academie, Maastricht (Pays Bas), en 2010 et 2011. Il a participé à divers festivals de cinéma, expositions internationales et conférences. Il est tuteur à la Royal Academy of Art, La Haye (Pays-Bas), et à la Gerrit Rietveld Academie, Amsterdam (Pays-Bas).
Emanuele Dainotti
Prossimo
Vidéo expérimentale | mp4 | noir et blanc | 4:20 | Italie, Belgique | 2020
Mai 2020, Limbourg (Belgique). Une famille de paysans vaccine ses animaux.
Emanuele Dainotti est né en 1987 à Milan (Italie). Il vit et travaille à Anvers (Belgique). Il artiste et réalisateur. Ses expositions récentes incluent: le Museum of the Moving Image, New York (USA); le Musée du Louvre, Paris (France); le Reykjavík International Film Festival (Islande); les Rencontres Internationales Paris/Berlin (France/Allemagne); le Museu de Arte Moderna do Rio de Janeiro (Brésil); le CGAI – Centro Galego de Artes da Imaxe, La Corogne (Espagne); le Hudson Valley MOCA, Peekskill (USA); le Museu Nacional de Arte Contemporânea, Lisbonne (Portugal); le Festival Miden, Kalamata (Grèce); et le FIVAC – Festival Internacional de Videoarte de Camagüey (Cuba). En 2018, il a remporté la International Competition for the Intermedia Artwork, organisée par l'Académie des beaux-arts de Cracovie (Pologne), la Faculty of Intermedia, Cracovie (Pologne), et la Foundation for Development of Intermedia Artwork. En 2019, un jury présidé par Anish Kapoor et Anda Rottenberg lui a décerné le Now You See Me Award, au Musée du Louvre, Paris (France). En 2020, il a fait partie des artistes de Loops Expanded, un réseau international consacré à l'exposition et à la recherche sur le concept et la forme "en boucle".
Jérémie Danon
Plein Air
Doc. expérimental | hdv | couleur | 26:30 | France | 2020
Au milieu d'espaces extraits de jeux vidéo, des personnes en réinsertion témoignent. Face caméra, ils évoquent leurs espoirs, leurs doutes et leurs difficultés depuis leur sortie du milieu carcéral.
Jérémie Danon vit et travaille à Paris. Il est étudiant à l'école des beaux-arts de Paris. Son travail a été présenté dans le cadre d'expositions collective et de festivals, notamment au BBB Centre d’art contemporain, Toulouse (France); à la Galerie Bridaine, Paris (France); au Centquatre, Paris (France); à la Fondation Ricard, Paris (France); au FIPADOC – Festival international de programmes audiovisuels documentaires, Biarritz (France), et à la Galerie Jeune Création à Romainville (France).
Michelle Deignan
Idiots
Animation | mov | noir et blanc | 2:7 | Irlande, Royaume-Uni | 2020
"Idiots" combine mots et rythmes en une symphonie apoplectique. La langue est crue et hachée, bégayant diatribes, cris, et hurlements sur l'écran. Ce film est en colère à votre place.
Michelle Deignan crée des images en mouvement, des photographies et des œuvres imprimées pour des expositions en galerie, pour le cinéma et pour d'autres contextes de projection. Par les images en mouvement, elle crée des récits factuels et fictifs, qui présentent des expériences et interprétations alternatives de l'identité et de la place de chacun. Ces films mettent souvent en scène les triomphes et les échecs de protagonistes qui luttent pour être vus, pour qu’on se souvienne d’eux, ou pour être entendus, alors qu'ils se battent pour leur autonomie. Son travail d'images en mouvement est distribué par LUX, Londres (Royaume-Uni). Elle fait partie d'un groupe international de femmes artistes qui produisent collectivement "The Crown Letter", un projet artistique participatif en ligne, qui a débuté en avril 2020.
Shwan Dler Qaradaki
The Golden Wish
Vidéo | mov | couleur | 5:29 | Norvège, Iraq | 2019
L'histoire de "The Golden Wish" est liée à la proposition du gouvernement de gauche danois d’autoriser la police à saisir les bijoux et les objets de valeur des demandeurs d'asile à leur arrivée dans le pays. Ces bijoux et objets de valeur serviraient à financer le logement et la nourriture des nouveaux arrivants. Dans le cadre de ce projet, je me suis rendu en Irak, et ai visité deux grands camps de réfugiés à l'extérieur de Sulaymaniya. Ces camps s'appellent Arbar et Barika, et sont situés à 29 km au sud-est de la ville de Sulaymaniya. Ils comptent 32 000 réfugiés au total. J'ai exploré leurs marchés locaux, et j'ai contacté des bijoutiers et particuliers dans la région. J'ai ensuite acheté leurs bijoux en or, les ai fondus et moulés pour en faire une installation textuelle, sous la forme de la phrase: "Everything will be ok" ("Tout ira bien").
Je suis artiste et travaille dans les domaines du dessin, de la peinture, de l'installation, de la vidéo, et du film. Dans plusieurs de mes œuvres, j'ai travaillé sur mes propres expériences en tant que réfugié kurde, ces expériences pouvant fournir des connaissances à propos de questions universelles liées à la situation d'un être humain en fuite. Originaire du Kurdistan irakien, j'ai suivi une formation artistique de cinq ans avant de fuir à cause des persécutions en 1997. Après une fuite difficile à travers 11 pays, je suis arrivé en Norvège en décembre 1999, et j'y ai terminé mes études d'art.
Tommaso Donati
Cligne-musette
Doc. expérimental | hdcam | couleur | 21:30 | Suisse | 2020
Jusqu'au début du XXe siècle en France, le jeu de cache-cache était appelé cligne-musette. Dans un paysage hivernal, le film suit cinq enfants et un jeune homme qui errent seuls entre les bâtiments du quartier populaire de Valibout, situé dans la ville de province de Plaisir. Leurs chemins ne se croiseront pas, mais semblent destinés à connaître le même sort, celui d'être abandonnés à eux-mêmes, de se cacher et de ne pas être retrouvés.
Tommaso Donati est né en 1988. Il vit et travaille à Lugano, en Suisse. Son travail combine une approche narrative avec le cinéma documentaire et s'articule autour du thème de la marginalité.
George Drivas
Empirical Data 2.0
Fiction expérimentale | hdv | noir et blanc | 30:0 | Grèce | 2019
"Empirical Data 2.0" est basé sur l'expérience personnelle d’immigration en Grèce de David Malteze, un acteur d’origine géorgienne, et sur sa trajectoire depuis son entrée dans le pays jusqu'à ses débuts d'acteur. Sur une moitié de l'écran, le protagoniste, David Malteze, joue son propre rôle, lors de ses premiers pas professionnels il y a dix ans. La reconstitution de la vie réelle de l'acteur est opposée à un monologue qu’il tient sur l'autre moitié de l'écran.
George Drivas est né à Athènes (Grèce). En 2017, il a représenté la Grèce à la 57e Biennale de Venise (Italie). Ses œuvres ont fait l'objet de diverses expositions individuelles, notamment à l'AnnexM / Megaron, Athènes (Grèce) [2020]; au National Museum of Contemporary Art, Athènes (Grèce) [2018 et 2009]; et à La Galleria Nazionale, Rome (Italie) 2017]. Il a reçu un hommage au Lumen Quarterly Festival, Pékin (Chine) [2017-2018], et au Festival international du film d'Athènes (Grèce) [2014]. Ses œuvres ont également été présentées dans le cadre d’expositions collectives et de festivals, notamment "back forward rewind", au Media Art Lab, Moscou (Russie); "Imagined Communities", à la 21e Biennial of Contemporary Art_Videobrasil, São Paulo (Brésil) [2019-2020]; "Resilient Futures", au CACT – Contemporary Art Center of Thessaloniki, Thessalonique (Grèce) [2018]; "ANTIDORON - the EMST Collection", à la documenta 14, Kassel (Allemagne) [2017]; "As Rights Go By", au Q21 International, MuseumsQuartier Wien, Vienne (Autriche) [2016], et au Festival du nouveau cinéma, Montréal (Canada) [2015]; "future past - past future", à la Transmediale, Berlin (Allemagne) [2014]; "Art Projections", à la Thessaloniki Biennale of Contemporary Art, Thessalonique (Grèce) [2013]; "Hybrid Stories", au National Museum of Contemporary Art, Athènes (Grèce) [2013]; "Melancholy in Progress", au Hong-Gah Museum, Taipei (Taiwan) [2012], au FILE – Festival Internacional de Linguagem Eletrônica, Centro Cultural FIESP – Federação das Indústrias do Estado de São Paulo (Brazil) [2012], et au Center on Contemporary Art, Seattle (USA) [2012]; "Polyglossia", au Onassis Cultural Centre, Athènes (Grèce) [2011]; "Digital Wave", au Thessaloniki International Film Festival, Thessalonique (Grèce) [2009]; "Young Greek Artists - In Present Tense", au National Museum of Contemporary Art, Athènes (Grèce) [2008]; et "Media Art Forum", au XXVII Moscow International Film Festival, Moscou (Russie) [2006].