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Ben Rivers
The House Was Quiet
Film expérimental | 16mm | couleur | 4:25 | Royaume-Uni | 2020
Les éléments d'une maison: une porte, le plafond miteux, les planchers de bois, le portrait d'une petite fille. Et le crépitement de la pellicule 16mm sur laquelle elles sont imprimées, aussi "concrète" que les objets qu'elle filme, et en opposition à l'effacement des choses dans les pixels du numérique. Les vers d'un poème de Wallace Stevens accompagnent les images: "La maison était tranquille et le monde était calme/ le lecteur devint le livre/ et la nuit d'été fut comme l’être conscient du livre". Dans la succession des vers - et dans la répétition des jours enfermés dans la maison pendant le confinement - le lecteur, le livre, la maison et la nuit d'été ne font plus qu'un, bercés par le crépitement du film.
Ben Rivers a étudié les beaux-arts à la Falmouth School of Art (Royaume-Uni): d'abord la sculpture, avant de se tourner vers la photographie et le film super8. Après avoir obtenu son diplôme, il a appris en autodidacte la réalisation et le traitement manuel des films 16 mm. Sa pratique de réalisateur se situe entre le documentaire et la fiction. Souvent, il suit et filme des personnes qui, d'une manière ou d'une autre, se sont séparées de la société. Les images brutes lui fournissent un point de départ pour créer des récits obliques, imaginant des existences alternatives dans des mondes marginaux. Il est le lauréat de nombreux prix, dont le Prix de la critique internationale FIPRESCI, 68e Mostra de Venise (Italie) pour son premier long métrage, "Two Years At Sea"; le Baloise Art Prize, Art Basel 42, Bâle (Suisse) [2011]; la présélection pour le Jarman Award 2010/2012, Londres (Royaume-Uni) ; et le Paul Hamlyn Foundation Award for Artists, Londres (Royaume-Uni) [2010]. Parmi ses expositions récentes, citons: "Slow Action", Hepworth Wakefield (Royaume-Uni) [2012]; "Sack Barrow", Hayward Gallery, Londres (Royaume-Uni) [2011]; "Slow Action", Mattâ's Gallery, Londres (Royaume-Uni), et Gallery TPW, Toronto (Canada) [2011]; et "A World Rattled of Habit", A Foundation, Liverpool (Royaume-Uni) [2009]. Il a notamment participé au Courtisane Festival, Gand (Belgique); au Festival international du nouveau cinéma de Pesaro (Italie); au London Film Festival, Londres (Royaume-Uni); au Tirana International Film Festival (Albanie); à Punto de Vista, Pampelune (Espagne); à Indielisboa, Lisbonne (Portugal); et au Milano Film Festival, Milan (Italie). En 1996, il a co-fondé la Brighton Cinematheque (Royaume-Uni), dont il a ensuite été co-programmateur jusqu'à sa fermeture, en 2006. Cette institution est réputée pour sa programmation unique de films, depuis ses débuts jusqu'aux plus récents films et vidéos d'artistes.
Riar Rizaldi
Kasiterit
Fiction expérimentale | hdv | couleur | 18:22 | Indonésie | 2019
Un tiers de l'approvisionnement mondial en étain est extrait de l'île de Bangka, en Indonésie. L'étain est le minerai le plus affecté par les développements technologiques à venir, notamment l'intelligence artificielle et les technologies de production d’énergie renouvelable. Natasha est une voix d'I.A. alimentée par l’énergie solaire, et, dans ce film, elle retrace leur généalogie et la vérité de leur origine, de la liquidité du capital à la dynamique du travail. Avec sa voix féminisée - comme c'est souvent le cas pour les autres assistants vocaux basés sur l’intelligence artificielle, produits par les grandes entreprises technologiques - Natasha raconte l'émergence de l'étain sur l'île de Bangka, et sa propre existence, du point de vue d’une anthropologie tropicale de la nature, de la théorie de la valeur, de la philosophie du temps, des mutations génétiques, de la géopolitique, et de l'automatisation.
Riar Rizaldi est artiste et chercheur. Né en Indonésie, il vit actuellement à Hong Kong (Chine). Il s'intéresse principalement à la relation entre le capital et la technologie, à l'extractivisme, et à la fiction théorique. À travers ses œuvres, il questionne la notion de politique de l'image, la matérialité, l’archéologie des médias et les conséquences inattendues des technologies. Par ailleurs, il compose et interprète activement des fictions sonores, à l’aide des méthodes du field recording et du bruitage par le biais du langage de programmation. Il a également été le curateur du ARKIPEL Jakarta International Documentary & Experimental Film Festival - Penal Colony [2017], Jakarta (Indonésie); de "Internet of (No)Things" [2018], au Jogja National Museum, Jogjakarta (Indonésie); et a été co-curateur de "Open Possibilities: 'There is not only one neat way to imagine our future'", au JCC – Japan Creative Centre, Singapour (Singapour), et au NTT ICC – InterCommunication Center, Tokyo (Japon) [2019-2020]. Ses œuvres ont été présentées notamment au Festival international du film de Locarno (Suisse); au BFI Southbank, Londres (Royaume-Uni); au Festival international du film de Rotterdam (Pays-Bas); au NTT InterCommunication Center, Tokyo (Japon); et à la National Gallery of Indonesia, Jakarta (Indonésie).
Pia Rönicke
The Times, replayed
Film expérimental | 16mm | couleur et n&b | 11:12 | Danemark | 2020
"The Times, replayed" se déroule dans une boucle temporelle à la fois énigmatique et très concrète. Depuis une pièce isolée, des images du monde apparaissent, désynchronisées et en même temps en phase avec le flux d’informations. La matérialité des images est remise en question, leur façon d’être contextualisées et de se décomposer, la vitesse à laquelle elles sont rendues obsolètes ou prennent un nouveau sens. Dans cet espace, une présence réelle commence lentement à émerger.
Pia Rönicke est artiste et vit à Copenhague (Danemark). Ces dernières années, elle a étudié différentes collections botaniques qui portent les traces de conditions coloniales et géopolitiques. Son travail s'intéresse aux problèmes d'espace et aux transformations spatiales. Elle interroge le lien entre l'espace de travail et l'espace filmique, ainsi que la façon dont nous concevons les questions historiques par rapport à nos activités quotidiennes. Pia Rönicke travaille souvent avec des archives, et la pratique de la collecte est un thème récurrent dans ses œuvres. Sa pratique artistique englobe le film, la gravure, la sculpture et les objets, qui construisent ensemble des récits. Elle a plusieurs expositions personnelles à son actif, notamment: "Drifting Woods", Gävle Art Center, Gävle (Suède); "Word for Forest", Parallel Oaxaca (Mexique) [2018]; "The Cloud Document", Overgaden Institute of Contemporary Art, Copenhague (Danemark) [2017]; "The Pages of Day and Night", gb agency, Paris (France) [2015]; et "Aurora", Museo Rufino Tamayo, Mexico (Mexique) [2012]. Elle a également participé à divers festivals de films et expositions collectives, notamment: le CPH:DOX, Copenhague (Danemark) [2018]; le FIDMarseille (France) [2018]; "Botany Under Influence", Apexart, New York (USA) [2016]; "A story within a Story", Biennale internationale d'art contemporain de Göteborg (Suède) [2015]; "Buildering : Misbehaving the City", Contemporary Arts Center, Cincinnati (USA) [2014]; "Réhabilitation", WIELS, Bruxelles (Belgique) (2012); "After Architecture", Centre d'Art Santa Mònica, Barcelone (Espagne) [2010]; "Imagine Action", Lisson Gallery, Londres (Royaume-Uni) [2008]; "Elephant Cemetery", Artists Space, New York (USA) [2007]; "Anachronisme", ARGOS, Bruxelles (Belgique) [2007]; et "GNS", Palais de Tokyo, Paris (France) [2003].
Kamran Sadeghi
Loss Less
Vidéo | mov | couleur | 22:53 | Iran, USA | 2020
"Loss Less" est une œuvre audiovisuelle in situ, enregistrée dans la tour de refroidissement de la centrale nucléaire désaffectée de Satsop. Dans les années 70, le programme d'énergie nucléaire américain avait commencé depuis plus de 20 ans. Dans l'État de Washington, un groupement de services publics a lancé ce qui devait être le plus grand projet de production d'énergie nucléaire de l'histoire du pays. La construction a été suspendue peu de temps avant l'achèvement des installations, et ce qui en reste est une structure de 129 mètres de diamètre à la base, s'élevant à près de 152 mètres. Kamran Sadeghi s'est servi de l’acoustique naturelle de la tour de refroidissement pour composer et remodeler le son, capturant l’intégrité architecturale et l’immédiateté holistique de la structure, tout en supprimant symboliquement son existence. Tout en mettant l'accent sur le son, Sadeghi a créé une œuvre abstraite en 3D à partir d'une photo prise sur place. Le titre, "Loss Less", est dérivé du terme "lossless" ("compression sans perte"), un processus qui permet de préserver et de reconstruire des données audio à la perfection. Dans le cas de cette réalisation, le son n'a pas été préservé, mais dégradé intentionnellement. Le titre exprime également la réalité des pertes et de la destruction catastrophiques causées par l'énergie nucléaire, et un appel à la réduction des risques.
Kamran Sadeghi est musicien, compositeur, producteur de disques et artiste interdisciplinaire. D’origine irano-américaine, il habite à New York (USA). Son récent album solo, disponible sur LINE, est composé d’un enregistrement fait à l'intérieur d'une tour de refroidissement nucléaire désaffectée, et d'une collaboration avec l'artiste d'installation Zimoun. La diversité de la pratique de Kamran Sadeghi peut être attribuée à son utilisation du son comme un matériau sculptural. Il est un alchimiste, guidé par la recherche thématique, l'expérimentation contrôlée et l'intuition, tout en travaillant avec la synthèse sonore, l'acoustique et les technologies d'enregistrement et de traitement du son. Ses performances, bandes sonores, collaborations et installations ont notamment été présentées au ICA – Institute of Contemporary Art, Boston (USA); au DTW – Dance Theater Workshop, New York (USA); à la Corcoran Gallery of Art, Washington (USA); au CTM Festival, Berlin (Allemagne); à la KW Gallery, Berlin (Allemagne); au K11 Museum, Shanghai (Chine); au MUDAM – Musée d’Art Contemporain du Luxembourg, Luxembourg-Kirchberg (Luxembourg); au MuCEM – Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée, Marseille (France); au Centre Pompidou, Paris (France); au Berghain, Berlin (Allemagne); à la galerie KOW, Berlin (Allemagne); et à la Biennale de Berlin (Allemagne). Parmi ses éminents collaborateurs figurent Patti Smith, chanteuse et poète américaine; Mulatu Astatke, jazzman éthiopien; Nan Goldin, photographe américaine; Jean-Luc Godard, réalisateur franco-suisse; et Sasha Waltz, chorégraphe. Ses enregistrements et productions ont été produits avec des labels tels que Sternberg Press, Vinyl Factory, LINE, Dragons Eye Recordings, Sacred Bones ou Apollo Records.
Jonathan Saldanha
AFTER THE LAW
Fiction expérimentale | hdv | couleur | 27:0 | Portugal | 2020
"AFTER THE LAW" est un film court, où un tribunal d'humains et d'objets est contaminé par un virus impossible à trouver. Le verdict porte sur un accident inconnu, qui a fracturé la loi et érodé la parole. A travers une mutation toxique des rôles et des formes, des preuves, des gestes et des sensations haptiques, le tribunal perd sa capacité à délibérer. Tourné pendant une performance en direct, à l'aide d'un seul caméscope, ce tribunal a été conçu comme un dispositif cybernétique pour des réponses haptiques, où le mouvement collectif, la lumière, les vibrations, la reconnaissance des visages et l'empathie se heurtent à une voix synthétique. Tout le discours a été généré à l’aide de Google WaveNet, un modèle génératif utilisant des réseaux neuronaux pour simuler des voix humaines. Ce protocole a été exploré et accéléré pour trouver des moments où la voix de la machine se brise, bégaie et scande une glossolalie. En 2019, ces images ont été utilisées comme une partition visuelle pour qu'un groupe d'adolescents sourds les interprète dans une langue des signes étendue, explorant les lacunes de la description et les étendant à la description corporelle de cette cour aphasique. Les voix ont été enregistrées dans des états induits par l’hypnose, rendant floues les frontières qui séparent le corps de ses résonateurs spatiaux. Une voix cassée hante un paradoxe politique dans une bio-ingénierie inversée.
Jonathan Uliel Saldanha a étudié la sculpture à la Faculté des Beaux-Arts de l'Université de Porto (Portugal), et s'est consacré à l'étude du tabla – un instrument de percussion indien - avec le groupe musical hindou Jugalbandi. Il a fondé le collectif SOOPA, un laboratoire visuel, performatif et sonore, et le groupe Silorumor. Il est membre du Fujako duo, et est directeur du groupe HHY & The Macumbas. Depuis 2010, il a composé plusieurs œuvres sonores expérimentales, co-créé les pièces "Boca Wall", "Shark" et "King Trilogy", et réalisé "Jungle Machine", "Khorus Anima", "The Well" et "Oxidation Machine". Il a présenté ses œuvres dans divers lieux, notamment au musée Serralves, Porto (Portugal); au Rivoli Teatro Municipal do Porto (Portugal); au Palais de Tokyo, Paris (France); et au festival Accès(s), Billère (France). Il a collaboré avec des artistes tels que Carlos Zíngaro, Steve Mackay, Adrian Sherwood, Vera Mantero, Mark Stewart, João Fiadeiro entre autres. En tant que musicien, il s'est produit dans divers festivals, notamment au Nyege Nyege, Jinja (Ouganda); à Unsound, Cracovie (Pologne); à Sónar, Barcelone (Espagne); à Primavera Sound, Barcelone (Espagne); à Amplifest, Porto (Portugal); au Out.Fest, Barreiro (Portugal); Circular, Vila do Conde (Portugal); à Million Party; au Neopop, Viana do Castelo (Portugal); au Tapettefest, Campénéac (France); et à Elevate, Graz (Autriche). En 2019, il a présenté l'installation "Vocoder & Camouflage", dans "Vanishing Point: works from the António Cachola collection", Torreão Nascente Lisbonne (Portugal); la pièce "Scotoma Cintilante", pour chœur d'aveugles et sculpture-partition, à l’Université catholique de Porto (Portugal), au São Carlos Lisbon National Theater, Lisbonne (Portugal) et à la Biennale BoCa 2019 (Portugal); et "Broken Field Atlantis" un concert de nappes de lumière, a été présenté au Rivoli Teatro Municipal do Porto (Portugal). Toujours en 2018, avant cette exposition, il a présenté la pièce "SØMA", où un groupe d'adolescents sourds traduit en gestes le tournage d'un tribunal animiste, à Culturgest Lisboa, Lisbonne (Portugal) et au Rivoli Teatro Municipal do Porto (Portugal). En même temps, il a présenté les expositions "Behemoth Republic", dans le cycle "Sonic Geometry" au Archipelago São Miguel Arts Center, Ribeira Grande (Açores, Portugal); et "Dismorfia" à l'Université Catholique de Porto (Portugal).
Mark Salvatus
Jalan-Jalan
Fiction expérimentale | mp4 | couleur | 10:15 | Philippines | 2019
Kaliurang, à Yogyakarta, est situé près du volcan actif Merapi, un lieu où les fantômes des souvenirs et de l'histoire font partie du paysage. Il s’agit d’une vidéo subtile, créée spécialement pour 900mdpl en 2019, dans laquelle les habitants de la ville deviennent acteurs, dans le rôle de fantômes. De temps en temps, les habitants de Kaliurang voient un Hollandais à pied, ou un soldat japonais qui marche, ou une Javanaise portant une jarre d'eau, ou un animal sauvage ou un être surnaturel... passer comme s'ils étaient là, vivant parmi nous. Ils se cachent dans les arbres - comme si les arbres, la forêt et la montagne étaient les témoins nus de toute l'histoire du colonialisme, de la guerre et du processus néolibéral du développement. Une œuvre de fiction sans flux narratif. Les fantômes marchent-ils parmi nous ou sommes-nous les fantômes ?
Mark Salvatus (né en 1980) vit et travaille à Manille, aux Philippines. Il a étudié les arts publicitaires à l'université de Santo Tomas, à Manille. Ses œuvres ont été présentées lors de différentes expositions et dans différents lieux, notamment à la 2e Biennale de Lahore (Pakistan); au Kyoto Art Center (Japon); à l'ISCP, New York (USA); au Kunstraum Kreuzberg/Bethanien, Berlin (Allemagne); à la 14e Biennale de Sharjah (Émirats arabes unis); au Mill6 CHAT, Hong Kong (Chine); à la Biennale de Gwangju - Pavillon PCAN (Corée du Sud); au Musée d'art moderne et contemporain, Séoul (Corée du Sud); à l'Osage Art Foundation, Hong Kong (Chine); au Mori Art Museum, Tokyo (Japon); aux Rencontres internationales Paris/Berlin; à la Biennale d'architecture de Venise - Pavillon des Philippines, (Italie); à la 6e Biennale de Thessalonique (Grèce); SONSBEEK International, Arnhem (Pays-Bas); à la 3e Biennale de Singapour; à la 4e Triennale de Guangzhou (Chine); aux 14e et 16e Biennale de Jakarta (Indonésie); au Koganecho Bazaar, Yokohama (Japon); à l’Hotel Inmigrantes, Manifesta 9; à la Brunei Gallery - SOAS, Université de Londres (Royaume-Uni); à Hasselt (Belgique) ; à la Biennale d’Honolulu - Exposition Prologue (USA); au Survival Kit Festival, Umea (Suède); à la Sharjah Art Foundation (Émirats arabes unis); à l’Asia Society, New York (USA); au Art Center Ongoing Tokyo (Japon) ; au Museum Baerengasse, Zurich (Suisse); à La Trobe Art Institute, Bendigo (Australie); au Cultural Center of the Philippines et au Vargas Museum and Filipiniana Research Center (Philippines). Il a été artiste en résidence à l'ACC - Asia Culture Center, Gwangju (Corée du Sud); à la Rijksakademie van beeldende kunsten, Amsterdam (Pays-Bas); au IASPIS Umea (Suède); à la Art OMI, New York (USA); à la Common Room Networks Foundation, Bandung (Indonésie) et au Goyang Art Studio (Corée du Sud).
Larissa Sansour, Søren Lind
al Mukhtabar
Vidéo expérimentale | 4k | noir et blanc | 28:0 | Palestine, Royaume-Uni | 2019
"In Vitro" (Al Mukhtabar) se déroule après une catastrophe écologique. Sous la ville biblique de Bethléem, un réacteur nucléaire abandonné a été transformé en un énorme verger. À l'aide de graines de variétés anciennes, récoltées pendant les derniers jours précédant l'apocalypse, un groupe de scientifiques se prépare à replanter le sol à la surface. Dans l'infirmerie du complexe souterrain, la fondatrice du verger, Dunia, 70 ans, est étendue sur son lit de mort, tandis qu'Alia, 30 ans, lui rend visite. Alia est née sous terre, dans le cadre d'un programme de clonage complet, et n'a jamais vu la ville qu'elle est destinée à reconstruire.
Larissa Sansour est palestinienne. Elle est artiste et réalisatrice, et le tiraillement entre la fiction et la réalité est un élément central de son travail. Dans ses œuvres récentes, elle utilise la science-fiction pour aborder des questions sociales et politiques. Travaillant principalement le film, Larissa Sansour crée également installations, photographies et sculptures. Son travail est présenté dans des festivals de cinéma et des musées du monde entier. En 2019, elle représente le Danemark à la 58e Biennale de Venise (Italie). Elle a montré son travail à la Tate Modern, Londres (Royaume-Uni); au MoMA – Museum of Modern Art, New York (USA); au Centre Pompidou, Paris (France); à la Biennale d'Istanbul (Turquie); à la Berlinale, Berlin (Allemagne); au Festival international du film de Rotterdam (Pays-Bas); et au BFI London Film Festival, Londres (Royaume-Uni). Parmi ses récentes expositions personnelles, citons la galerie Bluecoat, Liverpool (Royaume-Uni); le musée Dar El-Nimer, Beyrouth (Iran); et le Nikolaj Kunsthal à Copenhague (Danemark). Larissa Sansour vit et travaille à Londres (Royaume-Uni). Søren Lind est né en 1970 et est d’origine danoise. Il est auteur, réalisateur et scénariste. Formé en philosophie, il a écrit des livres à propos de l'esprit, du langage et de la compréhension, avant de se tourner vers le cinéma et la fiction. Il a publié des romans, des recueils de nouvelles et plusieurs livres pour enfants. Søren Lind projette et expose ses films dans des musées, des galeries et des festivals de cinéma du monde entier, notamment à la 58e Biennale de Venise (Italie); au MoMA – Museum of Modern Art, New York (USA); au Barbican Centre, Londres (Royaume-Uni); au Nikolaj Kunsthal, Copenhague (Danemark); à la Berlinale, Berlin (Allemagne), au Festival international du film de Rotterdam (Pays-Bas); et au BFI London Film Festival, Londres (Royaume-Uni). Il vit et travaille à Londres (Royaume-Uni).
Dagmar Schürrer
Galaxy
Vidéo expérimentale | mov | couleur | 3:48 | Autriche, Allemagne | 2020
Dans l’œuvre d’images en mouvement "GALAXY", la narratrice est la technologie elle-même. L'histoire est générée par un algorithme et propose une interprétation de la brève rencontre entre les deux personnages, Touch et Long Swipe, une rencontre d'amour et de déception. De petites déviations dans le langage, et la logique narrative, révèlent notre empreinte sociale sur la façon dont les histoires sont censées être racontées, et comment la technologie est programmée pour respecter ces perceptions. La mise en scène est une galaxie d'objets et d'images générée par ordinateur qui rappellent des formes organiques, mais démembrées et fragmentées, réfléchissant à la possibilité de créer de nouveaux mondes et de nouvelles histoires, dans l'espace numérique, en suivant un système subjectif de structure.
Dagmar Schürrer est artiste médiatique et vit à Berlin, en Allemagne. L'image numérique, trouvée et générée, est le matériau qui lui permet de former un langage visuel au-delà de la perception analogique. Elle assemble found footage, objets et animations générés par ordinateur, textes, dessins et sons pour former des montages sonores et vidéo complexes, présentés sur écran, sous forme d'installations ou combinés à de nouvelles technologies telles que la réalité augmentée. Elle est titulaire d'un diplôme en beaux-arts du Central Saint Martin's College, Londres (Royaume-Uni). Son travail a été exposé à l'international, notamment aux New Contemporaries de l'Institute of Contemporary Arts, Londres (Royaume-Uni); à la Biennale for Young Art Moscow, Moscou (Russie); au Plan8t Air Museum of Waste, Changsha (Chine); au Transmediale Vorspiel, Berlin (Allemagne) et à LUX moving image London, Londres (Royaume-Uni). Ses vidéos ont été projetées dans de nombreux festivals, notamment au SUPERNOVA Animation Festival à Denver (USA); au Seattle Film Festival (USA); au Athens Digital Arts Festival Athènes (Grèce); au Horn Experimental Film Festival, Jérusalem (Israël); au Tricky Women Animationfestival, Vienne (Autriche); ou encore au Diagonale – Festival des Oesterreichischen Films, Graz (Autriche). Ces dernières années, elle a reçu la bourse Goldrausch du Sénat de Berlin (Allemagne), et a été présélectionnée pour le Berlin Art Prize (Allemagne) et le Tenderpixel Award à Londres (Royaume-Uni).
Frances Scott
Valentina
Film expérimental | 16mm | noir et blanc | 3:55 | Royaume-Uni | 2020
"Valentina" est un prélude à "Wendy", à la fois portrait spéculatif de la compositrice et musicienne Wendy Carlos et message de fan adressée à celle qui se décrit elle-même comme "The Original Synth". Dans "Valentina", une bobine de 30 mètres de film 16mm, traitée à la main, tournée-montée lors de répétitions, sert de partition silencieuse à une lecture. La performeuse et danseuse Valentina Formenti se rappelle une partie de la retranscription d’une interview de Wendy Carlos, plus tard remontée pour être publiée dans le magazine "Playboy" en 1979. Alors que l'interview du magazine était considérée comme la première annonce publique de la transition de genre de Wendy Carlos, les passages absents, exclus du montage final, incluent ses intérêts connexes pour la cartographie, la physique, les transformations mathématiques, l'astronomie et sa pratique de la photographie des éclipses solaires. Les multiples voix de Valentina sont traduites par le Vocoder et collées avec la performance du musicien Tom Richards sur le "Mini-Oramics", projet inachevé de Daphne Oram, afin de suggérer une naissance par synthèse sonore. "... imaginer un monde sans genre, qui est peut-être un monde sans genèse, mais peut-être aussi un monde sans fin." (Donna Haraway, ’A Manifesto for Cyborgs’, Socialist Review, no.80, 1985)
Frances Scott (née en 1981) habite à Londres. Elle est artiste et travaille avec les images en mouvement. Son travail s’intéresse aux récits et aux histoires à la limite de la production filmique et de ses dispositifs, pour produire des films composés de leurs fragments métonymiques. Ses projets sont souvent réalisés dans le cadre d'échanges avec d'autres spécialistes, groupes et publics, et développés par le biais de recherches dans des archives et collections aussi bien physiques qu’en ligne. Elle associe et allie divers matériaux, des supports filmiques analogiques et numériques, pour créer des scénarios complexes, à la fois scénarisés et improvisés. Son travail de réalisation, qui s'inspire de ce processus de collaboration et de recherche, prend de multiples formes: expositions, installations, projections, événements, diffusions radiophoniques et publications. Des présentations récentes ont eu lieu notamment à la transmediale x CTM, Berlin (Allemagne); au 57e NYFF – New York Film Festival (USA); au Edge of Frame & Close Up Film Centre, Londres (Royaume-Uni); au Het Bos, Anvers (Belgique); à The Bower, Londres (Royaume-Uni); à Tate St Ives, Saint Ives (Royaume-Uni); au Annely Juda Fine Art & The Russian Club, Londres (Royaume-Uni); à la Whitechapel Gallery, Londres (Royaume-Uni); au Yorkshire Sculpture Park & Art Licks, Wakefield (Royaume-Uni); à la South West Film & Television Archive, Plymouth (Royaume-Uni); et à la Focal Point Gallery, Southend-on-Sea (Royaume-Uni). Frances Scott a reçu le prix Stuart Croft Foundation Moving Image Award (2017), et travaille actuellement sur un nouveau film commissionné par TACO!, Londres (Royaume-Uni), en vue d’une exposition solo et d’une publication prévue en 2022.
Liina Siib
25.02._26.02.
Doc. expérimental | hdv | couleur | 9:28 | Estonie | 2020
La vidéo "25.02._26.02." fait partie de l'installation tragicomique "Huldufólk" de Liina Siib. "Huldufólk" signifie "les gens cachés" en islandais - il s'agit d'êtres surnaturels qui ont l'apparence et le comportement de personnes normales mais qui ont leurs propres activités dans leur propre monde parallèle. Ils peuvent se rendre visibles pour les humains, qui peuvent les voir à travers le verre coloré. La vidéo est filmée un dimanche soir et un lundi matin, dans les rues et les arrière-cours du centre-ville de Reykjavik. Elle est inspirée par la nouvelle "Sunday evening to Monday morning" d'Ásta Sigurðardóttir (1951), qui décrit le voyage d'une femme ivre dans les rues de Reykjavik, et son aliénation. Le lieu géographique précis n'a pas vraiment d'importance dans la vidéo, si ce n'est peut-être qu’on reconnaît les longues nuits, le froid et les forts vents; les activités dépeintes et leurs attributs peuvent être trouvés partout dans le monde. Le matériel filmique a été collecté en 2018, lorsque l'artiste a travaillé en résidence à la Steina et Woody Vasulka Archive de la Galerie nationale d'Islande, Reykjavik (Islande).
Liina Siib a étudié la gravure et la photographie à l'Académie des arts d'Estonie, Tallinn (Estonie). Dans sa pratique artistique, elle utilise les moyens du film, de la vidéo, de la photographie et de l'installation. Liina Siib est intriguée par les diverses manifestations de l'espace social et des activités quotidiennes des gens. Ses œuvres traitent de personnages, d'espaces et de situations qui ont tendance à passer inaperçus en raison de leur banalité, à être réduits au silence ou à être ignorés. Liina Siib combine ses observations de terrain avec des sources d’archives, des récits historiques et divers récits imprégnant la société, ainsi qu'avec des approches psychanalytiques et des théories de l'art et du film contemporains. Liina Siib a organisé des expositions personnelles en Estonie, en Allemagne, en Belgique, en France, en Suède, en Finlande et en Lettonie. En 2011, son projet artistique "A Woman Takes Little Space" a représenté l'Estonie à la 54e Biennale d'art de Venise (Italie). Parmi ses récents projets d'expositions et de films, citons "Linda Vilde Museum", au Eduard Vilde Museum, Tallinn (Estonie) [2021]; "Huldufólk / Hidden People", à la Hobusepea Gallery, Tallinn (Estonie) [2020]; "Politics of Paradise", au Tallinn Art Hall (Estonie) [2019]; RIBOCA1 - Riga International Biennial of Contemporary Art (Lettonie) [2018]; et "Urban Symphony in E-minor", à la Sinne Gallery, Helsinki (Finlande) [2018]. Depuis 2015, elle travaille en tant que responsable et professeure au département d'art graphique de l’Académie des arts d'Estonie, Tallinn (Estonie).
Federico Solmi
American Fables
Vidéo | mp4 | | 7:40 | Italie, USA | 2020
Inspiré par l'héritage d'événements historiques réels et de mythes fabriqués, "American Fables" réimagine, par le biais de vignettes vidéo, certains des moments les plus célébrés de l'histoire américaine. J'ai longtemps été influencé par les récits historiques, comiquement unidimensionnels et inexacts, que l'on retrouve dans la plupart des manuels scolaires américains, dans lesquels les perspectives ethnocentriques créent des récits de propagande sur le sentiment d'exception américain. Je suis sans cesse fasciné par la subjectivité de l'histoire, sa vulnérabilité face aux idéaux partisans et au nationalisme, ce qui rapproche plutôt les récits historiques des contes que des faits. C'est ce qui m'a poussé à créer ma propre bibliothèque d'histoire américaine, contrefaite et réimaginée, dans le but de soumettre ma propre voix à cette campagne de désinformation en constante expansion, ancrée dans la rhétorique occidentale.
Federico Solmi est né en Italie, en 1973. Il vit et travaille actuellement à New York (USA). Son œuvre utilise des couleurs vives et une esthétique satirique, afin de dépeindre une vision dystopique de la société actuelle. Ses expositions présentent souvent des installations articulées, composées d'une variété de médias, notamment la vidéo, la peinture, le dessin et la sculpture. Federico Solmi utilise son art comme un moyen de stimuler un dialogue direct avec son public, en soulignant les contradictions et la faillibilité qui caractérisent notre époque. À travers son œuvre, il examine les pulsions et les désirs inconscients de l'être humain, afin de critiquer l'obsession de la société occidentale pour la réussite individuelle, et de montrer les relations contemporaines entre nationalisme, colonialisme, religion et consumérisme. En reconfigurant les récits historiques à travers les époques, il crée des œuvres de commentaire social et politique qui perturbent les mythes définissant la société américaine. En scannant ses peintures à l’aide d’un moteur de jeu, ses vidéos confrontent le public à sa propre réécriture absurde du passé et du présent, mêlant humour noir, sens du grotesque et nouvelles technologies. Il crée une réalité virtuelle carnavalesque où nos dirigeants deviennent des marionnettes, animées par un scénario informatique et des performances de capture de mouvement plutôt que par des ficelles. Il crée une réalité virtuelle carnavalesque, dans laquelle nos dirigeants deviennent des marionnettes, animées non pas par des fils, mais par des scripts et captures de mouvement par ordinateur.
Francisca Somigliana
Diamante
Fiction expérimentale | 4k | couleur | 7:29 | Argentine | 2020
"Diamante" est construit comme un jeu de réflexions sur la base d'un fait divers: un vol de bijoux commis en Russie en 2018, vraisemblablement par une organisation criminelle appelée Pink Panther.
Francisca Somigliana (née à Buenos Aires en 1992) a étudié le design d’image et de son. Elle a participé au Film Program (2017) et au Artist Program(2020/21) de la Universidad Torcuato Di Tella, Buenos Aires (Argentine). Elle a été sélectionnée en 2019 pour participer à la Biennial of Young Art, Buenos Aires (Argentine). Elle a participé à plusieurs expositions et projections, notamment à "Space between", au Centro Cultural Recoleta, Buenos Aires (Argentine); à "Today I have permission to lie", à la UTDT – Universidad Torcutato Di Tella, Buenos Aires (Argentine); à Program 2016, au Dahaus Studio; à Satellite XIII (CHELA); et à "Cinematographic images and their path to freedom", à la UTDT – Universidad Torcutato Di Tella, Buenos Aires (Argentine).
Giulio Squillacciotti
What Has Left Since We Left
Fiction expérimentale | 4k | couleur | 21:15 | Italie, Pays-Bas | 2020
Le 7 février 1992, le traité sur l'Union européenne a été signé dans la ville néerlandaise de Maastricht. Des décennies plus tard, les représentants des trois derniers pays restants dans l’Europe se réunissent à nouveau dans la salle même où le traité fut signé, mais cette fois pour délibérer sur la dissolution définitive de leur Union. Dans ce qui ressemble à une séance de thérapie en boucle, les trois personnages - aidés par une interprète britannique qui s'improvise psychanalyste - tentent de gérer leur sentiment de perte. La conversation permet d’entrelacer métaphoriquement leurs liens politiques et personnels, les obligeant à faire face à leur crise d'identité et à reconnaître ce qui reste de leur Union, ce qu’elle n'est plus, et ce qu’elle pourrait encore devenir.
Giulio Squillacciotti (né à Rome, Italie, 1982) est artiste et réalisateur. Il vit et travaille entre Milan (Italie) et Maastricht (Pays-Bas). Il a étudié l'Histoire de l'art médiéval à Barcelone (Espagne) et à Rome (Italie), où il a obtenu une licence en sciences humaines à l'université Sapienza. Il a également obtenu un Master en arts visuels à l'université IUAV de Venise. Son travail s’oriente principalement sur la narration, les apogées culturelles et la façon dont les traditions se remodèlent dans de nouveaux contextes. Ses recherches mêlent fiction et faits historiques. À l’aide du film, du documentaire, du son et de la scénographie, il produit des enquêtes basées sur la recherche qui revisitent l'Histoire, créant de nouveaux récits à partir de perspectives subjectives, de la religion et de la culture populaire. Son travail a été exposé et projeté à l'international, notamment à la Biennale d'architecture de Venise – Pavillon néerlandais (Italie); aux Rencontres internationales Paris/Berlin (France/Allemagne); au Palais de Tokyo, Paris (France); à La Fémis – École nationale supérieure des métiers de l’image et du son, Paris (France); à Gaîté Lyrique, Paris (France); au Centre d'Art Contemporain de Brest (France); à la Haus der Kulturen der Welt, Berlin (Allemagne); au Neues Museum Weimar (Allemagne); au Screen Space, Melbourne (Australie); à la Manifesta 8, Murcia (Espagne); au Magasin CNAC – Centre d’Art Contemporain et de Culture, Grenoble (France); à la AKV, Den Bosch (Pays-Bas); à Istanbul 2010 European Capital of Culture (Turquie); au Beirut Art Centre (Liban), au New York Photo Festival (USA); à Video_Dumbo, New York (USA); à la Columbia University, New York (USA); au Art Institute of Boston (USA); au Now Instant Image Hall, Los Angeles (USA); au OCAT Shanghai (Chine); au PAC – Padiglione d’Arte Contemporanea, Milan (Italie); à la Triennale de Milan (Italie); au MACRO – Musée d’art contemporain de Rome (Italie); au musée MAXXI, Rome (Italie); à la 16e Quadriennale de Rome (Italie); au MAMbo – Museo d’Arte Moderna di Bologna, Bologne (Italie); à la Fondation Sandretto Re Rebaudengo, Turin (Italie) et dans la compétition officielle des 33e, 35e et 36e éditions du Torino Film Festival, Turin (Italie).
Deborah Stratman
Vever (for Barbara)
Doc. expérimental | 16mm | couleur | 12:0 | USA, Guatemala | 2019
Un lien transgénérationnel entre trois réalisatrices à la recherche d’alternatives aux structures de pouvoir dont elles font intrinsèquement partie. Le film est né de projets filmiques abandonnés par Maya Deren et Barbara Hammer. Tourné au point le plus éloigné d'un voyage en moto que Barbara Hammer a fait au Guatemala en 1975, il est entrecoupé des réflexions de Maya Deren sur l'échec, la rencontre et l'initiation dans l'Haïti des années 50. Un vévé est un dessin symbolique utilisé dans le vaudou haïtien pour invoquer un Loa, un dieu.
Deborah Stratman est artiste et réalisatrice. Elle crée des films et des œuvres d'art qui interrogent le pouvoir, le contrôle et les croyances, en considérant la façon dont les lieux, les idées et la société sont entrelacés. Ses projets récents ont porté sur l'écoute, la liberté, la surveillance, les dolines, les comètes, les rapaces, les orthoptères, la lévitation, l'exode, la sororité et la foi. Elle vit à Chicago (USA), où elle enseigne à la University of Illinois.
Pilvi Takala
If Your Heart Wants It (Remix)
Vidéo | hdv | couleur | 15:21 | Finlande, USA | 2002
Chaque année, à Helsinki, se déroule SLUSH, un super événement de trois jours qui vise à revigorer la communauté des startups technologiques en réunissant entrepreneurs et investisseurs en capital-risque dans une ambiance de fête. "If your heart wants it (remix)" se base sur les recherches que Pilvi Takala a menées lors de l'édition 2018 de SLUSH. Avec une équipe interdisciplinaire et une équipe de tournage, elle a créé une startup afin de pouvoir y entrer.
Pilvi Takala est née en 1981. Elle vit et travaille entre Berlin (Allemagne) et Helsinki (Finlande). Ses œuvres vidéo sont basées sur des interventions performatives, dans lesquelles elle étudie des communautés spécifiques afin d’examiner les structures sociales et d’interroger les règles et réalités normatives de notre comportement dans différents contextes. Ses œuvres montrent qu'il est souvent uniquement possible de comprendre les règles implicites d'une situation sociale en la perturbant. Son travail a été présenté au MoMA PS1, New York (USA); au New Museum, New York (USA); au Kiasma, Helsinki (Finlande); au Palais de Tokyo, Paris (France); à la Kunsthalle Basel, Bâle (Suisse); à Manifesta 11, Zurich (Suisse); au Witte de With, Rotterdam (Pays-Bas); et à la 9e Biennale d'Istanbul (Turquie). Pilvi Takala a remporté le Prix de Rome néerlandais (Pays-Bas) en 2011, ainsi que le Emdash Award, Londres (Royaume-Uni), et le Finnish State Prize for Visual Arts (Finlande) en 2013.
Thomas Taube
Occident
Film expérimental | 4k | couleur | 30:48 | Allemagne | 2020
Le monde tel que nous le connaissons a commencé en Californie, au cours du dernier quart du siècle. Le développement de la photographie à haute vitesse devient l’objet d'une histoire plus vaste sur la transformation du temps et de l'espace. C'est la base de ce qui deviendra plus tard Hollywood et la Silicon Valley, deux entités qui ont le plus puissamment défini la vie contemporaine, selon Rebecca Solnit. Cependant, le monde tel que nous le connaissons a également été façonné par le colonialisme européen, à la fin du XVe siècle. Il définit notre perspective contemporaine sur notre soi-disant norme, et sur les relations entre les peuples. Il est également la raison pour laquelle nous sommes capables de vivre comme nous le faisons. Il est à la base de la division entre les privilégiés et les autres. "Occident" était le nom d'un cheval, dont les photographies en mouvement sont devenues célèbres. "Occident" est aussi le terme que les pays de l’Ouest utilisent pour se différencier du reste du monde. C'est la colonne vertébrale de ce qui semble être la norme, et qui conduit à la raison pour laquelle ce n'est pas nous qui nous noyons dans la mer, qui fabriquons nos textiles, qui creusons pour extraire nos ressources, ou qui travaillons dans des zones contaminées pour extraire des matières toxiques qui semblent épuisées pour longtemps, mais qui nous entourent en réalité, toujours, au travers des personnes qui sont en contact avec elles. Nous vivons dans une réalité faite de matériaux présents et absents, qui nous entourent et définissent la relation entre les différentes éléments d'un système.
Thomas Taube est artiste vidéo. Il vit et travaille à Iéna (Allemagne). Il a étudié auprès de Clemens von Wedemeyer et Candice Breitz. Dans ses œuvres, il détache le médium film de ses structures narratives strictement linéaires. Avec des installations multicanales, des séquences associatives, réflexives et surréalistes, Thomas Taube va à l’encontre des codes cinématographiques conventionnels. Abolissant l'immédiateté du médium par le biais d'éléments épiques et de montages discontinus, ses œuvres visent à faire la distinction entre voir, observer, expérimenter et réfléchir. Ses œuvres ont été présentées au niveau national et international dans des institutions telles que le Museum der bildenden Künste, Leipzig (Allemagne), ou le Center for Contemporary Photography, Melbourne (Australie), ainsi que dans des galeries et des festivals, par exemple dans le cadre de la compétition allemande des Internationale Kurzfilmtage Oberhausen (Allemagne), et aux Rencontres Internationales Paris/Berlin (France / Allemagne). Il a remporté le prix de la Leipziger Jahresausstellung 2015, Leipzig (Allemagne); le Marion Ermer Prize 2016, Leipzig (Allemagne); et a reçu diverses bourses, comme la bourse de résidence de la KDFS – Kulturstiftung des Freistaates Sachsen au ISCP – International Studio & Curatorial Program, New York (USA). Ses œuvres font partie de diverses collections, notamment de la Staatliche Kunstsammlung Dresden, Dresde (Allemagne). En 2015, il a publié "Das Surren der Bildmaschine" chez Spector Books. Thomas Taube est actuellement représenté par Reiter Galleries, Berlin / Leipzig (Allemagne).
Telcosystems
Testfilm #1
Film expérimental | mov | couleur | 14:21 | Pays-Bas, Croatie | 2020
Testfilm est une série de projets dans lesquels Telcosystems aborde l'impact des nouveaux développements technologiques dans le domaine du cinéma numérique et leurs implications pour l'avenir du film d'artiste. Dans "Testfilm #1", Telcosystems explore les possibilités créatives du Digital Cinema Package (DCP) - la nouvelle infrastructure mondiale pour la projection de films dans les cinémas. En 2015, cette norme numérique a complètement remplacé la projection de films argentiques dans le monde entier. Est-il possible de bouleverser le comportement par défaut du système DCP et d'en révéler le potentiel artistique? (Cette pratique fait partie intégrante de l'histoire du cinéma). Ou bien le système est-il conçu pour exclure toute possibilité d'intervention humaine? Si tel est le cas, qu'advient-il de l'histoire et de l'avenir du cinéma expérimental, et des renégats qui refusent de se plier aux règles du jeu?
Telcosystems réunit Gideon Kiers, David Kiers et Lucas van der Velden. Lucas van der Velden (né en 1976, à Eindhoven, Pays-Bas) et Gideon Kiers (né en 1975, à Amsterdam, Pays-Bas) ont étudié à la Interfaculty Image and Sound, un département du Conservatoire Royal et de l’Académie Royale des Arts de La Haye (Pays-Bas). David Kiers (né en 1977, à Amsterdam, Pays-Bas) a étudié la sonologie au Conservatoire Royal de La Haye (Pays-Bas). Au fil des deux dernières décennies, ils ont étudié l'univers numérique d'un point de vue artistique. Dans leur pratique audiovisuelle, ils cherchent à libérer les machines des règles et des limites imposées par les logiciels et le matériel standardisés. Telcosystems crée des expériences spatiales immersives qui explorent l'interaction entre la technologie, l'expression humaine et le comportement des machines. Leurs films, installations et performances ont été présentés notamment à l'IFFR – Festival international du film de Rotterdam (Pays-Bas); au Holland Festival, Amsterdam (Pays-Bas); à la Transmediale, Berlin (Allemagne); à Sonar, Barcelone (Espagne); au EMAF – European Media Art Festival, Osnabrück (Allemagne); au International Short Film Festival Oberhausen (Allemagne); Au Edimburgh International Film Festival, Édimbourg (Royaume-Uni); au Ann Arbor Film Festival (USA); à Videoex, Zurich (Suisse); au EYE Filmmuseum, Amsterdam (Pays-Bas); à De Appel, Amsterdam (Pays-Bas); aux Wood Street Galleries, Pittsburgh (USA); au STRP Festival, Eindhoven (Pays-Bas); au SXSW – South by Southwest, Austin (USA); au Stedelijk Museum Amsterdam (Pays-Bas).
Daniel Theiler
Top Down Memory
Film expérimental | 4k | couleur | 12:20 | Allemagne | 2020
Cette réalisation traite de la manipulation de l'histoire, dans le contexte de la reconstruction du Château de Berlin (musée Humboldtforum). À partir des incertitudes entourant la proclamation présumée d'une république socialiste par Karl Liebknecht depuis l'un des balcons du château en 1918, le film examine d'autres événements politiques qui ont eu lieu sur des balcons. La reconstitution d'événements politiques et culturels emblématiques, sur le balcon d'origine, soulève les questions de l'authenticité et de la manipulation. Qui écrit notre histoire? Comment faisons-nous face à notre passé? Comment fonctionne la mémoire collective? Le balcon est le motif central du film, représentant les hiérarchies et les politiques de pouvoir.
Daniel Theiler est artiste visuel, réalisateur et architecte. Il est d’origine germano-turque. Il a obtenu le diplôme de Meisterschüler en art et médias auprès de Nina Fischer, à l'UdK – Universität der Künste, Berlin (Allemagne), a étudié l'art à la Bauhaus-Universität Weimar (Allemagne), sous la direction de Danica Daki?, et a fait un MFA au School of the Art Institute of Chicago (USA). Il a également étudié l'architecture à la Technische Universität Berlin (Allemagne), à la ETH, l’École polytechnique fédérale de Zurich (Suisse), et à la University of Strathclyde Glasgow (Royaume-Uni). Daniel Theiler travaille avec une variété de médiums, de la vidéo, à la photographie, en passant par la sculpture et les interventions publiques. Dans ses œuvres, il examine les écarts entre l'utopie et la réalité, en défiant les conventions et en interrogeant les habitudes. Daniel Theiler vit et travaille à Berlin (Allemagne).
Zanic Tin
Antiotpad
Fiction | dcp | | 18:6 | Croatie | 2020
La voiture de quelqu'un est en feu. Quelqu'un s'est fait défoncer la tête. Quelqu'un s'est fait voler son portable. L'adolescent perturbateur rompra-t-il le cercle vicieux de violence, qu'il a peut-être déclenché lui-même?
Tin Žani? a obtenu un Master en réalisation de fiction à la NFTS - National Film and Television School, Beaconsfield (Royaume-Uni), en tant que boursier du Croatian Audiovisual Centre, Zagreb (Croatie). Avant d’aller à la NFTS, il a complété une Licence en production cinématographique et théâtrale à Zagreb (Croatie). Ses deux premiers films courts, "Komba" (2011) et "Manja?a" (2014), ont reçu des prix et des mentions spéciales, et ont été présentés dans des festivals de cinéma, ainsi que des festivals et marchés du film de premier plan, notamment au Festival international du film de Rotterdam (Pays-Bas); au Festival international du court métrage de Clermont-Ferrand (France); au Tampere Film Festival, Tampere (Finlande); au Sarajevo Film Festival (Bosnie-Herzégovine); au Internationales Kurtzfilm Festival Hamburg, Hambourg (Allemagne); et au Zagreb Film Festival (Croatie).
Quy Minh Truong
Nha Cay
Doc. expérimental | 16mm | couleur et n&b | 84:4 | Viet nam, Chine | 2019
"Dans le saisissant deuxième long métrage de Minh Quý Truong, un homme vivant sur Mars en 2045 examine des images rapportées de ses rencontres avec une communauté autochtone dans la jungle vietnamienne. Au fil de ses expériences, ses pensées dérivent: de questions d'identité, d'esthétique et de politique de l'image, aux pratiques funéraires rituelles, en passant par les forces visibles et invisibles qui façonnent les cultures. Combinant des éléments de science-fiction et d'ethnographie, "The Tree House" est une exploration puissante de la manière dont le temps et l'environnement influencent notre compréhension de la notion de lieu et de foyer." (57e New York Film Festival)
Truong Minh Quý est né en 1990 à Buôn Ma Thuot, une petite ville des Hauts Plateaux du Centre (Vietnam). Il vit et travaille ici et là, dans la vibration des souvenirs et du moment présent. Ses récits et ses images, qui se situent entre le documentaire et la fiction, entre le personnel et l'impersonnel, s'inspirent du paysage de son pays natal, de ses souvenirs d'enfance et du contexte historique vietnamien. Dans ses films, il a expérimenté le fait d’associer pendant le tournage des concepts-images abstraits à des improvisations réalistes. Il a été élève à l'Asian Film Academy 2012, dans le cadre du Busan International Film Festival, Busan (Corée du Sud), et a participé à la section Talents de la Berlinale 2016, Berlin (Allemagne). Ses films ont été sélectionnés pour des festivals et expositions à l’international, notamment le Festival international du film de Locarno (Suisse); le New York Film Festival (USA); le Festival International du Court Métrage à Clermont-Ferrand (France); les Internationale Kurzfilmtage Oberhausen (Allemagne); le Festival international du film de Rotterdam (Pays-Bas); le Busan International Film Festival (Corée du Sud); Les Rencontres Internationales Paris/Berlin (France/Allemagne). En 2017, il a remporté le principal Prix Artistique de la 20e édition de VideoBrasil, São Paulo (Brésil). Son deuxième long métrage, "The Tree House", a été présenté en première au 72e Festival international du film de Locarno (Suisse) [Compétition Filmmakers of The Present, Prix Boccalino de la critique suisse], où il a été élu l’une des "trois des meilleures premières du festival" par la plateforme Mubi, et qualifié d'"ode singulière et envoûtante à la mémoire et au cinéma" par le site The Film Stage. Le film a ensuite été projeté notamment au 57e New York Film Festival (USA) [Projections]; à la Viennale, Vienne (Autriche); au Festival des 3 Continents, Nantes (France) [Compétition internationale]; au Festival international du film de Rotterdam (Pays-Bas) [Bright Future Main Program]; à CPH:Dox, Copenhague (Danemark)[Artist & Auteur]; et au Göteborg International Film Festival (Suède). Actuellement, Truong Quý Minh poursuit ses recherches sur l'analogique et les nouveaux médias au Fresnoy - Studio national des arts contemporains, Tourcoing (France).
Florian Tscharf
Terms of Play
Installation vidéo | 4k | couleur | 6:51 | Allemagne | 2020
Dans "Terms of Play", 60 phrases d’entraînement ont été extraites du logiciel de clonage vocal "Lyrebird IA" et recombinées en scénario pour former un dialogue. Celui-ci a ensuite été interprété par deux acteurs. Chaque ligne a été interprétée avec une émotion différente: parfois factuelle, parfois dramatique ou chantante... Cette œuvre vidéo à 2 canaux s’intéresse au processus des technologies d'apprentissage automatique, qui jouent un rôle croissant dans la production de films. En s'appropriant et en réinterprétant les phrases d’entraînement (que le logiciel a lui-même extraites de textes, romans et essais accessibles au public), cette vidéo inverse ces processus et les interroge de manière critique.
Florian Tscharf (né en 1987, en Allemagne) est artiste vidéo et médiatique. Il a étudié le Media Design à Ravensburg (Allemagne), la réalisation à la Filmakademie Baden Württemberg, Ludwigsburg (Allemagne), et les arts de l'écran à la Bezalel Academy of Arts and Design, Jérusalem (Israël). Il vit et travaille à Berlin (Allemagne).